vie et oeuvre de Kant

Kant

Philosophie moderne

Kant est un philosophe allemand du 18ème siècle (1724-1804). Penseur des Lumières allemandes (l’Aufklärung), il est connu principalement pour son ouvrage la Critique de la Raison pure, mais aussi pour ses réflexions en morale, en esthétique, et en politique. Quatrième d’une famille de onze enfants, il naît et meurt à Könisberg, ne quittant jamais sa région natale. Il vivait selon un emploi du temps immuable. Enseignant à l’université de Königsberg, c’est l’un des premiers philosophes à occuper une chaire universitaire.

Les oeuvres de Kant résumées sur ce site


la Critique de la Raison pure

La Critique de la Raison pure

Premier volet du projet critique kantien, cet ouvrage montre pourquoi la métaphysique ne peut constituer une vraie connaissance

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Idée d'une histoire universelle

Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique

L'histoire a-t-elle un sens ? Ou les évènements se déroulent-ils au hasard ? Kant montre qu'il existe un dessein global de la Nature que les hommes suivent aveuglément

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Notions examinées


L'aperception transcendantale : > voir

Concept, intuition et catégorie : > voir

Chose en soi, phénomène et noumène : > voir



Actualités concernant cet auteur


12/12/16 :    PARIS - Conférence de Jean-François Kervégan, "Y a-t-il une philosophie kantienne de l’histoire ?", à la Sorbonne. En savoir +



Bibliographie


Voici les livres incontournables si vous souhaitez mieux comprendre la pensée de cet auteur :



Collectif, Kant : la raison pratique. Concepts et héritages, Vrin, Paris, 2015
Deleuze G., La Philosophie critique de Kant, PUF, Paris, 2011
Caimi M., La déduction transcendantale dans la 2nde édition de la Critique de la raison pure, Publications de la Sorbonne, Paris, 2007
Foessel M., Kant et l’équivoque du monde, éditions du CNRS, Paris, 2015
Duflo C., Kant, la raison du droit, éditions Michalon, Paris, 1999
Pradelle D., Par-delà la révolution copernicienne, PUF, Paris, 2012
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Biographie détaillée : vie de Kant


Jeunesse


Kant naît en 1724 à Königsberg, en Allemagne, dans un milieu modeste. Il est le quatrième enfant d’une famille nombreuse : il a dix frères et sœurs. Son père, sellier, travaille le cuir.

Il fait ses études au Collegium Fridericianum, puis entre à l’université de Königsberg, à seize ans. Il souhaite faire des études de théologie, mais suit aussi des cours de mathématique et de philosophie, qui l’initient à la pensée de Leibniz.

Il découvre la pensée de Newton, et s’intéresse à la physique et à l’astronomie.

A vingt-six ans, il doit interrompre ses études, suite à la mort de son père, pour gagner sa vie. Il donne des cours, en tant que précepteur, à des familles aisées. Cette phase de sa vie durera neuf ans, et il rédige sa première Dissertation : les Pensées sur la véritable évaluation des forces vives.

Sa pensée est alors tournée vers les sciences naturelles et la mathématique. De cette époque date, par exemple, une Histoire et théorie générale du ciel, ou une réflexion sur les tremblements de terre.


Le professeur : la période pré-critique


En 1755, il devient enseignant à l’université de Königsberg ; il n’est pas rémunéré par l’Etat, mais par ses élèves. C’est donc un professeur particulier privé qui enseigne dans une structure publique (un Privatdozent).

Cela vient de ce qu’il n’a pas remporté un concours public, mais a été nommé suite à la parution de sa deuxième dissertation Nouvelle explication des premiers principes de la connaissance métaphysique.



statue de Kant à Königsberg
La statue de Kant à Königsberg

Kant est le premier exemple historique d’un grand philosophe qui assure un enseignement universitaire. Il enseigne diverses matières, de la philosophie morale aux mathématiques, en passant par l’art des feux d’artifices ou la science des fortifications.


Il vit selon un emploi du temps immuable, réglé comme un métronome : il se met à travailler à 5 heures du matin, dîne à 12h45, et lors de sa promenade quotidienne, il emprunte toujours le même parcours, atteint telle ou telle rue au même moment chaque jour, ce qui fait que certains habitants de la ville règlent leur montre à sa vue. Enfin, il se couche tous les soirs à dix heures.

Il n’est jamais sorti de sa région natale, mais à sa manière, il est ouvert au monde, puisqu’il suit chaque jour l’actualité politique, en particulier les troubles liés à la Révolution française, et reçoit de nombreux amis à dîner, ainsi que des inconnus.


Il ne modifia son rythme quotidien que deux fois, l’une pour se procurer un exemplaire du Contrat social de Rousseau, et l’autre quand il reçut la nouvelle des premiers succès de la Révolution Française.


C’est en 1762 qu’il entend parler pour la première fois des œuvres de Rousseau. Ayant lu l’Emile et la Nouvelle Héloïse, il fut séduit immédiatement par sa pensée, et le buste du philosophe français fut jusqu’à la fin le seul ornement de son bureau.

Sa pensée prend alors un tournant important : il délaisse les questions physiques pour s’intéresser plutôt à la philosophie morale. S’il est fortement influencé par Rousseau, il l’est aussi par Hume.


Il refuse en 1764 une chaire d’enseignement d’art poétique.

En 1766, il obtient une charge supplémentaire, celle de sous-bibliothécaire à la bibliothèque de la Cour, un travail qu’il conservera pendant six ans.

En 1770, il est titularisé professeur suite à la parution de sa troisième Dissertation : De la Forme des principes du monde sensible et du monde intelligible.


Il commence alors à rédiger la Critique de la Raison pure, son ouvrage le plus célèbre.


Le philosophe : la période critique


Onze ans plus tard, en 1781, la Critique est publiée.

Ce chef d’œuvre, qui révolutionne la théorie de la connaissance, et met fin à la suprématie de la métaphysique, ne rencontre au début qu’un faible intérêt. Cela amène Kant à le remanier et en proposer une seconde version en 1787.

A partir de ce moment, sa pensée opère un troisième et dernier tournant, fondamental : c’est la période critique.


Sur le plan professionnel, il est nommé membre de l’Académie Royale de science et des lettres de Berlin. Il devient également recteur de l’Université de Königsberg.

Sur le plan philosophique, il se plonge déjà dans un nouveau projet : la rédaction de la Critique de la raison pratique, puis de la Critique de la faculté de juger.

Ces deux ouvrages paraissent respectivement en 1788, puis en 1790. Ils influenceront profondément la philosophie morale et l’esthétique.


Cette période est très prolifique, puisqu’il écrit également d’autres ouvrages majeurs comme le Projet de Paix perpétuelle (1795), ou les Fondements de la métaphysique des mœurs (en 1797).

Il réduit son enseignement, en raison de la censure exercée par le gouvernement prussien, puis y met définitivement fin, pour raisons de santé.


Kant, petit et chétif, est obsédé par sa santé. Il ira jusqu’à inventer un système de fixation pour ses bas de soie, afin qu’ils ne gênent pas la circulation du sang dans les jambes.

Il caresse l’idée de vivre le plus longtemps possible. Il tient un registre des gens qu’il connaît et qui décèdent avant lui. Il pense que son rythme de vie bien réglé est le secret de sa longévité ; et de fait, il est rare à son époque de vivre, comme lui, jusqu’à quatre-vingt ans.

Du point de vue de la santé, le régime alimentaire a également son importance ; pour autant Kant est fin gourmet, aime festoyer, et ne suit pas de régime particulier (hormis le fait qu’il refuse de boire de la bière). Il pense même un moment rédiger une Critique de l’art culinaire, avant d’abandonner ce projet.


Il meurt en 1804 à Königsberg et est inhumé dans la cathédrale de la ville. Ses derniers mots furent : « es ist gut » (c’est bien ainsi »).



Principaux ouvrages


La Dissertation de 1770, Vrin, Paris, 2007
Critique de la raison pure, GF Flammarion, Paris, 2006
Prolégomènes à toute métaphysique future qui voudra se présenter comme science, Vrin, Paris, 2000
Fondements de la métaphysique des mœurs, le Livre de poche, Paris, 1993
Critique de la raison pratique, PUF, Paris, 2012
Critique de la faculté de juger, GF Flammarion, Paris, 2015
La Religion dans les limites de la simple raison, Vrin, Paris, 1994
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