vie et oeuvre de Nietzsche

Nietzsche

Philosophie contemporaine

Nietzsche est un philosophe allemand du 19ème siècle (1844-1900). Professeur de philologie à l’université de Bâle, il publie plusieurs ouvrages tels que le Crépuscule des Idoles, le Gai Savoir, Ainsi parlait Zarathoustra… Il s’attaque au nihilisme sous-jacent qu’il décèle dans la religion ou la morale. Il se lie d’amitié avec Wagner mais se brouille rapidement avec celui-ci. Dans les dix dernières années de sa vie, il est plongé dans un état quasi-végétatif suite à un accès de démence.

Les oeuvres de Nietzsche résumées sur ce site


le Crépuscule des idoles

Le Crépuscule des Idoles

Dans cet ouvrage, Nietzsche montre qu'à l'origine de la morale et de la religion, on trouve un nihilisme sous-jacent, auquel il faut résister

voir le résumé



Actualités concernant cet auteur


30/11/16 :    PARIS - Groupe de lecture autour de Nietzsche, afin d'étudier la réception de cet auteur par d'autres philosophes, au Columbia Global Centers. En savoir +



Bibliographie


Voici les livres incontournables si vous souhaitez mieux comprendre la pensée de cet auteur :



Löwith K., Nietzsche, philosophie de l’éternel retour du même, Calmann-Lévy, Paris, 1994
Lukacs G., la Destruction de la raison, éditions Delga, Paris, 2006
Wotling P., la Philosophie de l’esprit libre, introduction à Nietzsche, Flammarion, Paris, 2008
Michalski K., La flamme de l’éternité, éditions ZDL, Bordeaux, 2013
Müller-Lauter W., Nietzsche, Physiologie de la volonté de puissance, éditions Allia, Paris, 1998
Maugué P., Bréviaire nietzschéen, éditions du Rocher, Paris, 2002
... + d'auteurs



Biographie détaillée : vie de Nietzsche


Jeunesse


Friedrich Wilhelm Nietzsche naît en 1844 à Röcken, un village au cœur de l’Allemagne.

Son père, pasteur, enseigne la théologie, comme son grand-père ; il est chargé de l’éducation d’un membre de la famille royale.

Il meurt des mauvaises suites d’une chute sur la tête, et un an plus tard, le frère de Nietzsche décède à son tour, alors que Friedrich n’a que 6 ans.


La famille quitte alors le village natal, pour venir s’installer dans une petite ville, Naumburg. Nietzsche souhaite continuer la tradition familiale en devenant pasteur. Il apprend le piano.

A dix ans, il entre au collège de Naumburg, mais il est si brillant qu’on l’envoie, en 1858, continuer sa scolarité à Pforta, un internat réservé aux élèves les plus doués du pays. Dans cet établissement à la discipline monacale étudia, entre autres, Fichte.

Il tient, dès cet âge, un cahier relatant les détails de son enfance. Lecteur infatigable, il est assoiffé de connaissances. Il ne sait trop quel domaine d’études privilégier.

A dix-sept ans, il découvre les œuvres de Schiller et Hölderlin et aime improviser, le soir au piano. Il a le projet, vite abandonné, d’abandonner la théologie et de devenir musicien. Sa foi vacille, et il commence à souffrir de maux de tête.


Son diplôme obtenu, il s’inscrit en 1864 à l’université de Bonn, pour y suivre des études de philologie.

Il participe à la vie étudiante, malgré son caractère réservé, mais reste finalement assez solitaire. Peu intéressé par ses études, ce brillant élève travaille néanmoins intensément.

Il n’y reste qu’un an, et suit son professeur Ritschl à l’université de Leipzig. Celui-ci est son mentor, mais le considère comme un génie en devenir.

Là, il découvre Schopenhauer, une lecture qui le marquera profondément. Il fait également la connaissance de Wagner, une autre rencontre déterminante.


Le professeur de Bâle


Photo de Friedrich Nietzsche
Photo représentant F. Nietzsche

Ses études terminées, il est nommé professeur de philologie à l’université de Bâle, en Suisse, en 1869. Il a alors vingt-quatre ans.

Dans le cadre de son métier, il développe pendant dix ans, sa pensée au contact des nombreux ouvrages de l’Antiquité grecque, mais s’intéresse également à l’actualité philosophique de son temps.


Il noue des liens plus étroits avec Richard Wagner, dont il serait un parent éloigné. En 1872, il écrit un premier ouvrage, l’Origine de la tragédie qui recueille le soutien enthousiaste de ce dernier, mais le discrédite auprès de certains de ses confrères philologues.

Il s’engage volontairement dans l’armée pour servir en tant qu’infirmier lors de la première guerre franco-allemande.


Cette période est assombrie par plusieurs échecs ou problèmes.


Il rédige les Considérations inactuelles ; cet ouvrage ne rencontre pas de succès et passe inaperçu.

Il envoie à un chef d’orchestre une de ses compositions, rejetée par celui-ci.

Son ancien professeur Ritschl lui fait part de sa déception de ne pas le voir devenir un professeur de philologie reconnu.

Surtout en 1875, il tombe gravement malade : maux de tête qui le laissent presque aveugle, malaises, paralysie, nausées… ses proches sont très inquiets.


Suite à ces problèmes de santé, un certain cynisme s’empare aussi de lui. Il commence à critiquer la morale et ses hypocrisies. Il en discute longuement avec son ami Paul Rée, qui a lui-même écrit un livre sur le sujet : Origine des Sentiments moraux.

Il rédige un petit opuscule intitulé Richard Wagner à Bayreuth dans lequel il commence à s’éloigner du compositeur. La brouille sera bientôt définitive, et celui-ci ne répondra pas quand Nietzsche lui envoie le manuscrit d’Humain, trop humain.


Son état de santé l’empêche d’exercer convenablement son métier de professeur. En 1879, il démissionne, mais touche une pension, ce qui lui permet de voyager afin de trouver un climat plus favorable à sa guérison.

Nietzsche se rend donc en Italie (Venise, Turin, Gênes), et en France (Nice) pour profiter des bienfaits du climat méditerranéen.


Le philosophe en voyage


A Gênes, il rédige Aurore, et entend l’opéra Carmen, de Bizet, qui le marque profondément.

En 1882, il rencontre Lou Salomé à Rome. D’une intelligence remarquable, celle-ci sera plus tard l’amie de Freud et Rilke.

Nietzsche se rend avec elle et son ami Paul Rée en Suisse, mais les relations avec ceux-ci se dégradent, jusqu’à la brouille. Epris de la jeune fille, il aurait chargé Paul Rée de transmettre sa demande, alors que ce dernier était lui-même amoureux. Sa soeur aurait également joué un rôle néfaste, déconseillant cette union.

Il sombre dans une dépression chronique.

La même année, il apprend la nouvelle de la mort de Wagner, et envoie une lettre à sa femme, malgré leur dispute.

Il achève l’écriture du Gai Savoir.


Il entame alors un chantier monumental : la rédaction d’Ainsi parlait Zarathoustra. Celle-ci dure de 1882 à 1885 : elle débute à Rapallo, près de Gènes, se poursuit à Sils Maria, en Suisse, et s’achève dans la région de Nice, à Eze et Menton.

Ce livre ne se vend qu’à une centaine d’exemplaires, mais il le considère comme le chef d'oeuvre de sa vie.


Les relations avec sa famille sont difficiles : déjà en froid avec sa mère, qui lui reproche d'« avoir tué le Christ », il rompt avec sa sœur, en raison de l’antisémitisme de celle-ci et de son mari.


De 1886 à 1888, comme s’il pressentait sa folie proche, le rythme d’écriture s’accélère. Nietzsche rédige pas moins de cinq chefs d’œuvres : Par delà le Bien et le Mal, la Généalogie de la Morale, le Crépuscule des Idoles, l’Antéchrist et Ecce Homo.

A ce moment précis, il a quarante-quatre ans, et commence à devenir célèbre.

Il se met à élaborer le plan d’un nouvel ouvrage, la Volonté de puissance, qui restera inachevé.


Le basculement dans la folie


Après un séjour à Sils Maria, où sa santé se dégrade à nouveau, il rentre à Turin et est pris d’un accès de folie : le 3 janvier 1889, il se jette au cou d’un cheval qu’on fouettait et éclate en sanglots, puis tombe sans connaissance.

De retour chez lui, il a des bouffées délirantes, se prend pour le successeur de Napoléon, pour Dionysos ou le Christ. Il écrit des lettres dénuées de sens à ses amis ou des inconnus.


Conduit dans un asile d’aliéné, il parle beaucoup, chante constamment, puis de moins en moins. Il semble avoir perdu le souvenir de sa vie passée, même si certains faits reviennent parfois à sa mémoire. Il demandera un jour à sa sœur « n’ai-je pas écrit de beaux livres ? ».

Puis il sombre dans un état végétatif et un silence quasi-complet jusqu’à sa mort.

On ne sait si sa maladie résulte d’une syphilis, d’une tumeur au cerveau, de troubles nerveux héréditaires ou de drogues dangereuses prises pour soulager ses maux de têtes.


Soigné par sa mère puis sa sœur, il meurt à Weimar au tournant du siècle, en 1900, inconscient de sa célébrité.



Principaux ouvrages


La Naissance de la tragédie, GF Flammarion, Paris, 2015
Considérations inactuelles, Folio, Paris, 1992
Humain, trop humain, le Livre de poche, Paris, 1995
Aurore, GF Flammarion, Paris, 2012
Le Gai Savoir, GF Flammarion, Paris, 2007
Ainsi parlait Zarathoustra, GF Flammarion, Paris, 2006
... + d'ouvrages