vie et oeuvre de Spinoza

Spinoza

Philosophie moderne

Spinoza est un philosophe néerlandais du 17ème siècle (1632-1677). Il prend ses distances vis-à-vis du judaïsme et est ainsi excommunié. Il gagne sa vie en taillant et polissant des verres pour les lunettes et les microscopes. Face à la censure, et aux risques encourus, il renonce à publier son œuvre principale, l’Ethique, de son vivant. Celle-ci ne sera publiée qu’à sa mort, avec deux autres ouvrages : le Traité de la Réforme de l’Entendement et le Traité politique.

Les oeuvres de Spinoza résumées sur ce site


l'Ethique de Spinoza

L'Ethique

Spinoza expose, à la manière des mathématiciens, sous forme de propositions qui se déduisent les unes des autres, sa conception du monde et de l'homme sage

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Actualités concernant cet auteur


19/05/16 :    PARIS - Conférence de Bruno Latour "Portrait de Spinoza en co-enquêteur du projet sur les modes d’existence ", à l'Université Paris 8. En savoir +

13/04/16 :    PARIS - Conférence de Céline Hervet "Le rôle de la parole dans l’intériorisation du pouvoir. Lectures croisées de Spinoza et Judith Butler", à la Sorbonne. En savoir +



Bibliographie


Voici les livres incontournables si vous souhaitez mieux comprendre la pensée de cet auteur :



Collectif, Spinoza au 21ème siècle, Presses de l'université Paris-Sorbonne, Paris, 2008
Klanjman A., Méthode et art de penser chez Spinoza, éditions Kimé, Paris, 2006
Deleuze G., Spinoza, philosophie pratique, éditions de Minuit, Paris, 2003
Bourdil P.Y., l’Ecriture et la pensée, Cerf, Paris, 1998
Delbos V., le Spinozisme, Vrin, Paris, 2005
Jaquet C., Sub specie aeternitatis, éditions Kimé, Paris, 1998
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Biographie détaillée : vie de Spinoza


Enfance


Baruch Spinoza naît à Amsterdam en 1632, dans une famille juive ayant fui les persécutions de l’Inquisition. Il s’agit donc d’une famille juive portugaise marrane, c’est-à-dire convertie de force au christianisme, mais restant attachée au judaïsme, qui s’est réfugiée aux Pays-Bas, une nation plus tolérante à cette époque.

Baruch, « béni » en hébreu, suit les cours de l’école juive élémentaire, où il fait des études à la fois théologiques et commerciales. Puis il approfondit sa connaissance de la Torah et de la pensée de Maïmonide.

En 1654, son père meurt, et Spinoza prend sa succession à la tête de la maison de commerce familiale.


La découverte de la philosophie


A ce moment-là un philosophe républicain et libertin, Franciscus van den Enden, vient de fonder une école à Amsterdam. Spinoza s’y inscrit, apprend le latin, et découvre les pensées de Hobbes, Bacon, Machiavel.

Il commence probablement à remettre en question les croyances de sa communauté, puisqu’il s’attire l’hostilité de certains membres de celle-ci.

Ainsi, il subit une tentative d’assassinat : un homme se jette sur lui avec un couteau, et il aurait conservé le manteau troué pour se souvenir à quelle folie peut mener la religion. Mais on ne sait si le fait est exact ou légendaire.

Ce qui est sûr, c’est qu’en en 1656, il est excommunié pour hérésie par les hautes instances de sa communauté. On ne sait quel propos exact est à l’origine de cette peine.


Cela ne semble pas affecter Spinoza outre mesure, et il ne cherche pas à réintégrer celle-ci, en faisant acte de contrition par exemple. Il préfère partir, pour Leyde, où il continue ses études de philosophie.

Il apprend à tailler le verre, et se spécialise dans l’élaboration de lentilles optiques pour lunettes et microscopes : cela devient son nouveau métier. C’est là un cas rare de philosophe qui se fait artisan.


la statue de Spinoza à Amsterdam, aux Pays-Bas
La statue de Spinoza aux Pays-Bas, à Amsterdam

Le début de l’écriture


Il s’installe à Rijnsburg, et présente à des amis le contenu de ce que sera le Court Traité (qui ne sera édité qu’au XIXème siècle).

En 1661, il commence à rédiger le Traité de la Réforme de l’Entendement. Celui-ci reste inachevé, parce que Spinoza s’attelle à deux autres projets.

Tout d’abord, il donne à ce moment là des cours particuliers de philosophie à un élève, et lui présente en particulier la doctrine cartésienne. C’est là l’occasion pour lui de publier son premier ouvrage, les Principes de philosophie de Descartes, en 1663.

Mais surtout, il se lance dans un projet autrement plus ambitieux : l’Ethique, son ouvrage le plus célèbre.

Le Traité sera donc délaissé, et son écriture à jamais interrompue, malgré des tentatives ultérieures.

Cet ouvrage, tout comme le Cours Traité, ne sera pas publié. Ils ne paraîtront que de manière posthume, après la mort du philosophe.


En 1663, Spinoza s’installe à Voorsburg, une petite ville en banlieue de la Haye. Il continue la rédaction de l’Ethique, et expose certains passages à des amis, en leur demandant de rester discret, pour ne pas s’attirer d’ennuis de la part des autorités.


La publication du Traité


En cette période troublée, deux partis politiques rivalisent : le parti républicain, mené par les frères de Witt, « moderniste », porteur de valeurs de paix, contre le parti calviniste, de Guillaume d’Orange, belliciste, rétrograde.

En voyant que le peuple plébiscitait le parti calviniste, Spinoza décide d’interrompre provisoirement la rédaction de l’Ethique, et se lance dans une nouvelle entreprise : l’écriture du Traité théologico-politique.

Il pose la question : pourquoi un peuple choisit la servitude, plutôt que la liberté ? Pourquoi une telle irrationalité ?

Son contenu sulfureux l’expose naturellement à la censure. Ce pourquoi il est publié sous un faux nom, et un faux lieu d’édition. Le fait qu’il soit écrit en latin limite les risques de procès.

Néanmoins, malgré les précautions prises, Spinoza est vite identifié comme étant le réel auteur du livre. Cet ouvrage déchaîne les foudres des autorités, ainsi que la réprobation quasi générale des intellectuels de l’époque, y compris les cartésiens et certains esprits libres comme Leibniz.

« Spinoziste » devient une injure. Il subit les malédictions, les menaces, les insultes des religieux, des savants.


Fin de vie


Avec l’assassinat des frères de Witt, l’avenir s’assombrit encore plus.

Guillaume d’Orange met fin à l’état d’esprit libéral des Pays-Bas (anciennement Provinces-Unies), et à la relative tolérance qui y régnait, ce qui rend encore plus difficile pour Spinoza la publication de ses écrits.


Il ne faut plus espérer publier l’Ethique. Une tentative à la Haye, vite avortée (suite à l’ouverture d’un procès), l’en dissuade.

Il renonce devant les risques, et préfère se lancer dans la rédaction de son dernier ouvrage, le Traité politique.

Néanmoins, même s’il paraît isolé, il commence à recevoir la visite de nombreux penseurs tels que Leibniz, séduits par l’audace de sa pensée. Ceux-ci veulent connaître le contenu de l’Ethique, dont ils ont entendu parler, quitte à nier après coup ces visites, pour échapper eux-mêmes à la censure.


Il meurt en 1677 à La Haye, mais ses manuscrits sont précieusement conservés par son ami Meyer, puis publiés, suscitant un tollé général.



Principaux ouvrages


Court traité de Dieu, de l'homme et de la béatitude, GF Flammarion, Paris, 1993
Traité de la réforme de l'entendement, GF Flammarion, Paris, 1993
Principes de la philosophie de Descartes, GF Flammarion, Paris, 1993
Pensées métaphysiques, GF Flammarion, Paris, 1993
Traité Théologico-Politique, GF Flammarion, Paris, 1997
Éthique, Points Essais, Paris, 2014
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