couverture du livre la Métaphysique d'Aristote


Résumé de : la Métaphysique

La Métaphysique est un ensemble de 14 livres réunis non par Aristote lui-même, mais par le bibliothécaire Andronicos de Rhodes, après la mort de celui-ci. Le terme « métaphysique » n’est d’ailleurs jamais utilisé par Aristote, qui parle de « philosophie première ». Ce livre aux origines si troubles eut pourtant une grande influence sur la pensée occidentale.

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Du même auteur : l'Ethique à Nicomaque  De l'Ame  la Physique  la Poétique

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la Métaphysique d'Aristote
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Métaphysique désigne communément ce qui est « au-delà du physique », c’est-à-dire ce qui n’est pas accessible à nos sens, ce qui se trouve au-delà du monde sensible.


Livre A

Aristote affirme dans ce premier livre de la Métaphysique que chaque homme a un désir naturel de connaître, et le plaisir pris aux perceptions des sens en est une preuve.

L’homme, à la différence des animaux, sait organiser son expérience, donc en profite infiniment plus. L’expérience n’est pas encore la science, mais science et art viennent de l’expérience. C’est en fait par l’abstraction de multiples expériences semblables, que l’esprit forme les notions générales et accède à la science.

Aristote défend l’expérience, et c’est peut-être en partie à partir de ce texte qu’on a eu tendance à opposer un Aristote empiriste à un Platon qui serait rationaliste : même on peut remarquer que les gens qui n’ont pour eux que l’expérience paraissent réussir mieux que ceux qui, sans les données de l’expérience, n’interrogent que la raison1.

La raison en est simple : l’expérience nous fait connaître les cas particuliers, la raison les notions générales, alors que dans l’action, on n’a affaire qu’au particulier. Le médecin ne soigne pas l’Homme, mais Socrate, tel ou tel homme.

Le raisonnement lui nous permet de connaître les causes des choses. C’est sur ce point précis qu’il trouve sa supériorité sur l’expérience, qui se contente de noter comme un fait l’existence des choses, sans chercher leur cause.

La philosophie, autrement dit la sagesse, a pour objet les causes et les principes des choses.


C’est dans ce livre de la Métaphysique qu’on trouve exprimée la célèbre idée selon laquelle à l’origine comme aujourd’hui, c’est l’étonnement et l’admiration qui conduisirent les hommes à la philosophie.

Le philosophe est donc celui qui, comme l’enfant aux premiers jours, s’étonne et s’émerveille des phénomènes qui l’entourent ; et que ce qui est soit, et qu’il soit tel.

Parmi les sciences, sont particulièrement philosophiques celles que l’on recherche pour elles-mêmes et non pour un quelconque avantage matériel.


Puisque connaître une chose, c’est en connaître la cause, il faut acquérir la science des causes premières.

C’est alors pour Aristote l’occasion de procéder à un rapide bilan des différents genres de causes identifiés dans la Physique :

-la cause essentielle : « ce qui fait qu’elle est ce qu’elle est »

-la cause matérielle : la matière de la chose

-la cause motrice : l’origine du mouvement de la chose

-la cause finale : le but final pour lequel la chose est faite autrement dit le bien de la chose puisque le bien est la fin dernière de tout ce qui se produit et se meut en ce monde.


Cela amène Aristote à revisiter l’histoire de la philosophie, en attribuant un même caractère commun aux philosophes qui l’ont précédé (essentiellement, les présocratiques : Anaximandre, Empédocle, etc.).

Ceux-ci auraient privilégié la cause matérielle. Cette valeur particulière accordée à ce type de cause viendrait de l’idée, non encore explicitée, de substance : sous les changements divers que connaîtrait la réalité (les accidents), se maintient une substance matérielle fixe : le feu (Héraclite), l’air (Anaximène), l’eau (Thalès). Les présocratiques étaient d’accord sur ce principe d’une substance matérielle, cause de toute chose, mais divergeaient simplement sur sa nature.

L’insuffisance de cette conception vient de son incapacité à expliquer le mouvement. D’où vient le mouvement des choses ? Un morceau de fer, dans son inertie, ne peut transmettre du mouvement à quoi que ce soit : la matière seule ne peut expliquer le mouvement.

Certains présocratiques, comme Parménide ou Zénon d’Elée, en vinrent, de manière absurde, à nier l’existence du mouvement, pour préserver leur fascination pour la cause matérielle.

Mais il faut admettre l’évidence du mouvement et il faut donc qu’il y ait une cause motrice.

Mais matière et mouvement ne peuvent expliquer le Bien, l’ordre et la régularité de l’univers. Il faut que ce soit une intelligence, et non simplement la matière ou le mouvement qui soit à l’origine de l’univers, entendu comme cosmos (tout ordonné) et non comme chaos.

C’est là l’apport d’un autre présocratique, Anaxagore, seul sage dans un banquet de gens ivres.


Aristote rentre dans le détail des doctrines des présocratiques pour tâcher d’en montrer les insuffisances.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0