couverture du livre la Métaphysique d'Aristote


Résumé de : la Métaphysique

La Métaphysique est un ensemble de 14 livres réunis non par Aristote lui-même, mais par le bibliothécaire Andronicos de Rhodes, après la mort de celui-ci. Le terme « métaphysique » n’est d’ailleurs jamais utilisé par Aristote, qui parle de « philosophie première ». Ce livre aux origines si troubles eut pourtant une grande influence sur la pensée occidentale.

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Du même auteur : l'Ethique à Nicomaque  De l'Ame  la Physique  la Poétique

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la Métaphysique d'Aristote
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Ainsi l’Amour est pour Parménide à la fois cause finale et cause motrice, c’est-à-dire le principe universel de toute chose. Mais comme dans l’univers il n’y a pas que de l’amour et de la beauté, mais de la haine et de la laideur, Empédocle propose lui le système de l’Amour et de la Discorde.


Anaxagore lui pose comme principe universel l’Intelligence (noûs). Mais Aristote lui reproche de n’utiliser cette notion que par défaut, lorsqu’il est embarrassé pour trouver la cause directe d’un phénomène.

Pour Démocrite, les principes sont l’Etre et le Non-Etre, ou le vide et le plein. Les choses se différencient selon leur forme (A et N), leur ordre (AN et NA) et leur position (N et Z)


Les Pythagoriciens considèrent pour leur part que les principes des mathématiques sont aussi les principes de tous les êtres1.

Par exemple, telle modification des nombres est la justice ; telle autre est l’âme et la raison, etc.

Parce que l’harmonie se ramène à des nombres proportionnels, ils en infèrent qu’il en va de même pour toute chose, et ils firent du monde, considéré dans son ensemble, une harmonie et un nombre.


Ce qu’Aristote reproche de manière générale aux présocratiques, c’est qu’ils ne se sont occupés que de deux causes sur quatre. La plupart s’en sont tenus à la cause matérielle. Les plus évolués sont allés jusqu’à la cause motrice.

Mais leur grand mérite est d’avoir initié la recherche du principe des choses.


Aristote en vient à l’examen de la doctrine platonicienne des Idées. Aristote cherche dans la Métaphysique l’origine d’une telle théorie. Pour lui, cela vient de sa formation intellectuelle, auprès des Pythagoriciens (ce en quoi il découvre l’intelligible), de Cratyle (disciple d’Héraclite) qui lui révèle que le sensible change sans cesse et de Socrate, auprès duquel il porte son attention sur les questions ayant trait à la morale, et sur la recherche de définitions.

L’intérêt de Platon pour les définitions vient de ce qu’elles permettent d’accéder à l’universel, et donc au monde intelligible. Les choses sensibles ne sont pas définissables, en tant qu’elles sont prises dans un flux perpétuel et sont toujours en train de changer.

Platon appelle Idées ces êtres intelligibles, définissables parce qu’universels.

Aristote développe ici sa célèbre critique de la théorie platonicienne.


Pour Platon, un être sensible trouve son identité par sa participation à telle ou telle Idée. C’est en participant à l’idée d’Homme que Socrate est un homme. Mais Aristote relève le caractère flou de cette notion : Participation : Platon laissait à qui le voudrait le soin d’expliquer ce qu’on doit entendre par là. Plus loin, il dira que ce sont des mots parfaitement vides et de simples métaphores, bonnes pour la poésie.

Pour Platon, les Idées sont le principe premier, car elles sont causes de tout le reste. Il ne fait donc usage que de la cause formelle (l’Idée) et de la cause matérielle. Or le problème est que les Idées platoniciennes ne peuvent servir de cause motrice. En tant qu’elles sont immobiles, elles n’expliquent que le repos. Donc la doctrine platonicienne est insuffisante pour expliquer le monde tel qu’on le voit, en mouvement.

Platon n’a donc pas trouvé la cause des êtres, mais il a créé d’autres êtres. Comme si quelqu’un, ayant à compter un assez petit nombre de choses et pensant ne pas pouvoir en venir à bout, allait multiplier ce nombre en s’imaginant par là les compter plus aisément.


Ainsi l’Idée apparaît dans la Métaphysique comme un redoublement inutile de la chose : les Idées sont aussi nombreuses que les choses.

Ensuite, on ne sait pas pour quelle chose il y a des Idées : pour tout ce qu’on peut savoir ? Y a-t-il des Idées des négations ? Des termes relatifs (avec, de…) ? Des accidents ? Il évoque, sans l’exposer, le problème du « troisième homme », ainsi qu’on l’appelle traditionnellement : y a-t-il une Idée de l’Idée ? Puis une Idée de l’Idée d’Idée, etc.

L’idée est-elle dans la chose, auquel cas il n’y a pas de monde intelligible distinct, ou hors de la chose ? Dans ce dernier cas, on ne peut donc comprendre les choses à partir des Idées, puisqu’elles ne sont pas en elles.

Dans les deux cas, la notion d’Idée est inutile.


Comment d’autre part comprendre que l’essence d’une chose puisse tenir hors de la chose (dans la réalité intelligible), puisque l’essence est ce qui est le plus intime à la chose ?

On trouvera d’autres arguments critiques à l’encontre de la théorie platonicienne au livre B.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0