couverture du livre le Crépuscule des Idoles de Nietzsche


Résumé de : le Crépuscule des Idoles

Dans le Crépuscule des Idoles, Nietzsche développe une critique de Platon et de l’équation morale bien=beau=vertu.

Il montre que derrière la morale se cache un nihilisme déguisé. La mort de Socrate en est une preuve, ou plutôt un symptôme : Socrate voulait mourir.

La religion cache aussi un nihilisme sous-jacent, ainsi que le rationalisme, qui nie le devenir.

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Nietzsche le Crépuscule des idoles
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Le caractère figé - car universel et éternel - des Idées de Platon est aussi une réaction d’idiosyncrasie.


On sait que Platon, par exemple dans le Banquet, essaie de montrer qu’au-delà des beautés particulières qui se situent dans tel ou tel lieu, à telle ou telle époque, et sont éphémères, existe également la Beauté en soi, universelle, d’où procèdent toutes les autres beautés.

Voici pour Nietzsche une fuite devant le caractère tragique de l’existence, puisque ce qui est précisément nié dans l’Idée platonicienne, c’est le temps :

Tout ce qui est idiosyncrasie chez les philosophes : par exemple, leur manque de sens historique, leur haine du devenir, leur égypticisme. Ils croient faire honneur à une chose en la dégageant de son côté historique – […] quand ils en font une momie. Tout ce que les philosophes ont manié depuis des milliers d’années, c’était des idées momies1.

Il s’agit donc de rapprocher la pensée de la vie, et d’identifier toutes les réactions de fuite, tous les arrières-mondes, cachés au cœur de la philosophie.


La chose en soi kantienne en est un autre exemple. Le monde des choses telles qu’elles seraient en réalité, distingué du monde des choses telles qu’elles nous apparaissent, irrémédiablement modifiées (celui des phénomènes), est encore un arrière monde.


Le monde qui apparaît à nos sens est le seul réel, et il faut réhabiliter les sens, injustement déconsidérés par le platonisme ou le kantisme, qui voient en eux une source d’erreur : les sens ne mentent pas en tant qu’ils montrent le devenir, la disparition, le changement. Le monde des apparences est le seul réel : le « monde-vérité » est seulement ajouté par le mensonge .

Nietzsche prend pour exemple l’odorat : quels fin instruments d’observation sont pour nous nos sens. Le nez, par exemple, dont aucun philosophe n’a jamais parlé avec vénération et reconnaissance, le nez est même provisoirement l’instrument le plus délicat que nous ayons à notre service : cet instrument est capable d’enregistrer des différences minimes dans le mouvement, différences que même le spectroscope n’enregistre pas.

Les philosophes inversent donc les valeurs réelles. Ils confondent les choses dernières avec les choses premières. Ils placent au commencement ce qui vient à la fin […], les conceptions les plus hautes, c’est-à-dire les conceptions les plus générales et les plus vides.


Le monde réel de la chose en soi kantienne ou du monde des Idées platonicien est donc fictif. C’est, plus qu’une erreur, un symptôme (celui de la maladie du nihilisme) : séparer le monde en un monde réel et un monde des apparences […] ce n’est là qu’une suggestion de la décadence, un symptôme de la vie déclinante.

Procéder à la transmutation des valeurs comme le souhaite Nietzsche, ce n’est pas choisir le monde des apparences contre le monde-vérité. C’est comprendre que ces termes, ainsi que leur opposition, n’ont aucune signification : le monde vérité nous l’avons aboli : quel monde nous est resté ? Le monde des apparences peut-être ? Mais non ! Avec le monde vérité, nous avons aussi aboli le monde des apparences !.


Nietzsche s’intéresse à présent au christianisme. Comme la doctrine platonicienne, le christianisme est fondamentalement un nihilisme. En effet, on retrouve également en lui l’équation morale bien=beau=vertu.

D’autre part, le chrétien se réfugie lui aussi dans un arrière-monde : le paradis. Au lieu de chercher le bonheur en ce monde, il se réfugie dans l’illusoire consolation d’une autre réalité à venir dans lequel il sera heureux.

Le christianisme, tout comme le nihilisme, prend donc pour point de départ que rien (ici-bas) n’a de valeur.


Cette haine du monde finit par se transformer en haine de soi, ainsi qu’on peut le voir dans certains passages de la Bible, comme le Sermon sur la Montagne, dans le Nouveau Testament : si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0