couverture du livre le Contrat social de Rousseau


Résumé du Contrat social

C’est dans cet ouvrage, publié en 1762, que l’on trouve la célèbre théorie de la volonté générale. La souveraineté du peuple y est affirmée, et Rousseau montre que c’est un pacte, le fameux contrat social, qui fonde la légitimité de l’union de plusieurs individus, sortant de l’état de nature, en une société.

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Rousseau le Contrat social
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Dans le Contrat social, Rousseau cherche à répondre à la question : d’où peut venir la légitimité d’un pouvoir politique ?


Il faut tout d’abord, écarter les idées fausses.

Certains utilisent, pour fonder la légitimité du souverain sur ses sujets, le modèle familial. De même que le père a pouvoir et autorité sur ses enfants, le souverain pourrait disposer librement de ses sujets. Mais Rousseau montre que le pouvoir du père cesse dès que l’enfant devient majeur. Ce modèle ne peut donc être utilisé.

Il faut aussi, contre Grotius, réaffirmer que le pouvoir du souverain a pour but le bonheur de ceux sur lesquels il s’exerce. Nier cela, en montrant des exemples de tyrannie, reviendrait à prendre le droit pour le fait.

Contre Filmer, il faut aussi invalider l’idée que les rois sont les descendants d’Adam et tirent la légitimité de leur pouvoir de leur hérédité.


Rousseau en vient à l’idée maîtresse : le droit du plus fort. Selon nombre de commentateurs politiques, l’autorité du souverain sur ses sujets viendrait de la supériorité de son pouvoir. Mais la force est une puissance physique ; je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets. De plus : céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté ; c’est tout au plus un acte de prudence. En quel sens pourra-ce être un devoir ?1.

Le droit est universel et intemporel. Or la force peut changer de camp. De fait, la force ne peut faire droit, car celui-ci changerait alors sans cesse.

L’adage de Saint Paul : « toute puissance vient de Dieu », n’est guère recevable non plus, car si toute chose vient de Dieu, les maladies aussi, pourtant nous appelons le médecin lorsque nous sommes malades. De même, le brigand aussi a une force : la tient-il de Dieu ?


Si la force, la famille, ou Dieu ne peuvent servir de fondement à la légitimité de la puissance publique, seule une convention, un accord librement consenti, peuvent constituer ce fondement.

La question se pose : de quelle nature peut être cette convention, cet accord ? Quelles sont ses modalités ?


Grotius imaginait lui aussi une telle convention. Il la comparait à l’accord d’un esclave qui se fait librement esclave auprès de son maître. Rousseau montre que la folie ne fait pas droit. Tout un peuple ne peut se donner à un seul homme. Il ne peut pas non plus se vendre, parce qu’il ne reçoit rien du roi, alors que l’esclave lui se vend au moins contre sa survie et sa nourriture.

En fait, on ne peut faire un contrat avec un esclave, parce qu’on ne peut établir des contrats qu’entre parties contractantes ayant des droits. L’impossibilité d’un tel contrat vient du fait que l’esclave n’a aucun droit.

Nous savons à présent que seul un contrat, une convention, peut fonder la légitimité de l’association d’hommes dans une seule et même société.

La force, la contrainte d’un despote ne peut créer une société : c’est si l’on veut une agrégation, mais non pas une association, unissant un maître et des esclaves, et non un peuple et son chef.

Au point qu’il n’y a dans le despotisme ni bien public, ni corps politique, seulement des particuliers.

Pour qu’une société politique apparaisse, il faut deux actes : un acte par lequel un peuple élit un roi, et un acte, antérieur et plus fondamental, par lequel un peuple devient un peuple. C’est celui-ci qu’il faut d’abord étudier car [il] est le vrai fondement de la société.


Pourquoi un peuple se constitue-t-il en tant que peuple ? Pourquoi chaque homme quitte l’état de nature pour contracter avec les autres hommes et entrer ainsi en société ?

Cela ne répond pas à un désir, mais à un besoin vital. En effet, à un moment donné, les obstacles qui nuisent à la conservation des hommes dans l’état de nature viennent à l’emporter par leur résistance sur les forces que chaque individu peut employer pour se maintenir dans cet état. Alors cet état primitif ne peut plus subsister, et le genre humain périrait s’il ne changeait sa manière d’être.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0