couverture du livre les Confessions de Saint Augustin

Résumé de : les Confessions

Les Confessions d’Augustin représentent la première œuvre autobiographique.

Saint Augustin y confesse ses fautes, et exalte la gloire de Dieu. Il raconte sa jeunesse débauchée, et sa conversion au christianisme.

Il s’interroge sur l’origine du mal, livre ses réflexions sur la nature du temps, ou encore s’émerveille devant la puissance de la mémoire.

télécharger le résumé

Index de l'article
Augustin confessions
Page 2
Page 3

Cette réponse peut faire penser aux arguments stoïciens pour fonder la perfection du grand Tout, compris comme un Cosmos harmonieux, tel qu’on peut les voir par exemple dans les Pensées pour moi-même de Marc-Aurèle.

L’apparente imperfection d’un événement vient de ce qu’on l’isole de la suite des événements dans lesquels il est inclus : l’imperfection est toujours une abstraction.


D’autre part le mal n’est pas une substance, mais la perversité d’une volonté qui se détourne de la souveraine substance – de vous, mon Dieu1. De ce fait, l’origine du mal n’est pas Dieu, mais l’homme, ce qui fonde l’imperfection humaine et non celle de Dieu.


Mais cette illumination est brève, et la faiblesse humaine fait qu’Augustin revient à ses habitudes charnelles : ma faiblesse recula, je fus rendu à mes habitudes ; de cet instant je n’emportai avec moi qu’une mémoire amoureuse, et qui pour ainsi dire, regrettait le parfum des nourritures que je n’étais pas encore capable de manger.


La conversion proprement dite ne s’achève qu’au livre VIII des Confessions. Victorinus, un ami de Saint Augustin, se déclare publiquement chrétien. Celui-ci brûle du désir de l’imiter mais ne parvient pas à s’y résoudre. Il a honte car il refusait de se convertir par manque de certitude, mais maintenant qu’il est certain, il ne se convertit pas. De plus certains se convertissent sans certitudes.

Augustin décrit de manière émouvante cette période qui précède la conversion : ainsi je me rongeais intérieurement, j’étais dévoré d’une violente, d’une horrible honte.

Il lui semble perdre toute volonté : de quels coups ma pensée ne flagella-t-elle pas mon âme, afin de l’obliger à me suivre dans mes efforts pour vous joindre. Elle résistait, refusait, sans alléguer la moindre excuse. Tous les arguments étaient épuisés et réfutés.

Ainsi, il y a comme un déchirement de son âme en deux parties : j’étais ce moi qui voulais, et ce moi qui ne voulais pas ; j’étais l’un et l’autre moi. Ni je ne voulais pleinement, ni je ne refusais pleinement ma volonté. C’est pourquoi je luttais avec moi-même et j’étais déchiré intimement.

Il sent les dernières résistances de la chair et se livre à la débauche. Mais il entend un jour une voix qui répète « Prend et lis ». Il prend alors la Bible et lit un passage au hasard. Celui-ci exhorte le lecteur à se prémunir contre la débauche. Emerveillé par une telle coïncidence, et convaincu que Dieu lui a lancé un signe, Augustin se convertit et va en informer sa mère, qui exulte.

Il abandonne l’enseignement de la rhétorique.


Les livres X et XI sont très riches et contiennent l’essentiel des réflexions célèbres d’Augustin sur le temps et la mémoire.

L’évêque d’Hippone commence par rappeler l’idée que l’on ne trouve pas Dieu dans le monde, mais à l’intérieur de soi-même :

Qu’est-ce donc que ce Dieu ? J’ai interrogé la terre et elle m’a dit : « je ne suis point Dieu ». Tout ce qui s’y rencontre m’a fait le même aveu. J’ai interrogé la mer et ses abîmes, les êtres vivants qui se meuvent et ils m’ont répondu : « nous ne sommes pas ton Dieu ; cherche au-dessus de nous » […] « Alors dites-moi quelque chose de lui ». Ils m’ont crié d’une voix éclatante : « C’est Lui qui nous a créés. Pour les interroger, je n’avais qu’à les contempler et leur réponse, c’était leur beauté.


Ce n’est donc pas par les sens que je connais Dieu.


Serait-ce par la mémoire ?

Augustin fait une très belle description de cette faculté. Il est le premier philosophe à accorder autant d’attention à celle-ci : J’arrive aux plaines, aux vastes palais de la mémoire, là où se trouvent les trésors des images innombrables véhiculées par les perceptions de toutes sortes

Il s’exclame : grande est cette puissance de la mémoire, prodigieusement grande, ô mon dieu ! C’est un sanctuaire d’une ampleur infinie. Qui en a touché le fond ?



Pour lire la suite, téléchargez le livre Philosophie 2.0 !



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0