photo de Louise Roblin

Louise Roblin

Paris

Nous découvrons ici le parcours de Louise Roblin, doctorante en philosophie qui s'intéresse particulièrement à l'écologie politique.

Etudes, lectures, projets... Voici son témoignage !


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Pouvez-vous vous présenter ? Que faites vous actuellement ?


J’ai grandi dans une ville des Hauts-de-Seine sans histoires, jusqu’au Bac, en 2010. Mes premières années à Paris furent exaltantes et studieuses : j’y menais de front des études à Sciences Po et une licence de physique à Paris VI (le merveilleux double cursus « Scube » !). J’ai continué cette double spécialisation en Master, en étudiant les politiques de l’environnement à Sciences Po, et les sciences de l’environnement à Paris VI.

J’ai quitté les bancs de l’école nourrie, mais encore affamée. Alors j’y suis retournée pour un an, le temps d’un M2 « recherche » à l’EHESS en Études Politiques – caressant secrètement le rêve du doctorat.

A 25 ans, m’y voilà donc. Je termine ma première année de thèse à la Sorbonne (Paris I), en contrat Cifre avec le Ceras (Centre de recherche et d’action sociales), où je travaille à mi-temps.


Quel souvenir gardez-vous de vos études ? De vos professeurs ?


J’en garde un souvenir exalté : la diversité des cours que je suivais était source de la joie de comprendre le monde – joie décuplée du fait de la partager avec des personnes tout aussi enthousiastes. C’était l’âge de toutes les découvertes, une période où chaque jour est comme cent ans.

Je garde un souvenir particulièrement cher. C’était en première année, à Sciences Po : Jean-Marie Donegani enseignait la science politique. La clarté de sa pensée, sa pédagogie et son humour ont été les déclencheurs d’une certitude : c’était pour la recherche en philosophie politique que j’étais faite. J’aurai fait quelques détours, mais j’ai fini par revenir à mes premières amours !

J’étais, je crois, une élève très scolaire, et il m’aura fallu passer par les difficultés du travail solitaire en M2 recherche pour trouver vraiment, profondément, l’amour de l’étude. Quelle joie d’être libre, de lire ce que l’on veut, et d’étudier par choix, et non plus par contrainte ! C’est ce qui m’a décidée à poursuivre en thèse : être payée pour lire et comprendre, c’est tout de même le plus beau métier du monde.


Quel est le livre de philosophie qui vous a particulièrement passionné ? L'auteur pour qui vous avez eu un véritable coup de foudre ?


Pour quelqu’un qui aime lire, c’est une question difficile. Je peux, je crois, en citer deux principaux. Bruno Latour d’abord, découvert à 18 ans, a façonné ma pensée comme personne d’autre. Sa théorie de l’acteur-réseau, et sa façon de définir et d’articuler des concepts tels que « science », « société », « nature », « culture », ou encore « modernité » continuent à influencer mes recherches.

Plus récemment, Simone Weil m’a ouvert la voie d’une réflexion passionnante sur le travail, l’attention, la liberté et le spirituel. J'admire son exigence de cohérence entre idées et vécu : sa recherche de vérité se fait depuis sa chair (l'expérience de vie ouvrière) autant que son esprit !


Quels sont vos projets, vos travaux de recherche ?


A moyen terme, il s’agirait d’écrire une thèse ! Et sans doute quelques articles au passage. C’est un travail stimulant, grâce auquel je peux contempler l’abysse de mon ignorance… C’est d’autant plus vrai que, n’ayant pas suivi d’études de philosophie, j’ai du retard à rattraper. Je m’y attèle avec l’engouement des néophytes.

Ma thèse porte sur la façon dont l’écologie politique (plus précisément la considération conjointe des problématiques sociales et environnementales) modifie le concept de travail. J’essaie en particulier de décrire en quoi la prise en compte des limites de la planète est en train de modifier la doctrine catholique sur le travail. Être en contrat Cifre avec le Ceras, centre de ressource du catholicisme social depuis plus de cent ans, me donne l'occasion d'être confrontée à la réalité pratique de ce que je recherche théoriquement par ailleurs. J'y coordonne un processus de recherche-action sur travail et transition écologique, avec des partenaires français et internationaux.


A plus long terme, j’envisage de créer ou de contribuer à un lieu de recherche et de vie sur l’écologie politique – dans lequel j’espère inclure la pratique de la permaculture, pour laquelle je me suis récemment passionnée ! Pour amorcer une transition vers un autre modèle de société, social et écologique, il s’agit de voir grand en commençant petit.



Merci Louise, pour ce témoignage !

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