couverture du livre le Manifeste du parti communiste de Marx


Résumé de : le Manifeste du Parti Communiste

Ecrit en 1848, le Manifeste du Parti communiste paraît d’abord anonymement. Marx, qui l’a co-rédigé avec son ami Engels, présente une critique fine du système capitaliste, ainsi que des autres types de socialisme. Il présente ensuite les buts du communisme, et les différents moyens qu’il va mettre en œuvre pour les atteindre : propriété collective, etc.

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Marx manifeste
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Au moment où Marx et Engels rédigent ce Manifeste, les différents partis communistes d’Europe commencent à représenter une puissance politique importante, qui inquiète les gouvernants et le Pape : un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme1.

Il faut donc, à travers cet ouvrage, exposer les origines et les buts de ce courant politique émergent.


Le point du départ du communisme est cette phrase célèbre : l’histoire de toute société jusqu’à nos jours est l’histoire de la lutte des classes.

C’est là un processus qui détermine secrètement les événements historiques ayant lieu dans une civilisation, et ce quelle que soit l’époque, ou le lieu. Par exemple à Rome, il s’agissait de la lutte entre les patriciens et les plébéiens, au Moyen-Âge, des serfs et des seigneurs, et aujourd’hui des bourgeois et des prolétaires.

Le bourgeois est défini comme celui qui possède les moyens de production (usines, machines, etc.) et les loue aux prolétaires. Les prolétaires sont ceux qui ne possèdent pas ces moyens de production mais les utilisent en les louant à ceux-ci (plus précisément, en leur reversant une grande partie de la valeur de la marchandise).

La lutte des classes n’a pas été abolie avec la révolution française de 1789, et la disparition des privilèges féodaux, ceux des nobles et du clergé sur le Tiers-Etat. En fait, la révolution n’a fait que porter au pouvoir la classe bourgeoise : elle n’a fait que substituer de nouvelles classes, de nouvelles conditions d’oppression, de nouvelles formes de lutte à celles d’autrefois .


Historiquement, les bourgeois descendent de serfs qui se sont établis dans les villes (les bourgs), et qui se sont lentement enrichis par l’artisanat ou le commerce.

L’essor de la bourgeoisie en tant que classe, venue supplanter celle de la noblesse, provient de l’ouverture de marchés nouveaux (par exemple par la découverte de nouvelles terres comme l’Amérique), le développement des moyens d’échange, et l’essor de l’industrie.

L’ouverture de nouveaux marchés entraîne en effet de nouveaux besoins, ce qui fait que le mode féodal ou corporatif de l’industrie ne suffit plus. On passe à d’autres modes d’exploitation comme les manufactures mais celles-ci ne suffisent plus à leur tour. Alors avec la machine à vapeur, la grande industrie moderne apparaît et remplit ces besoins, ce qui entraîne la création d’un marché mondial, qui accélère prodigieusement le développement du commerce, de la navigation et des voies de communication.

La bourgeoisie est donc le résultat d’une série de révolutions dans le mode de production et d’échange. Entre ses mains le pouvoir politique n’est plus qu’un comité chargé de gérer les affaires communes de la classe bourgeoise toute entière .


Il serait faux d’opposer révolutionnaires et bourgeoisie. En fait, la bourgeoisie a joué dans l’histoire un rôle éminemment révolutionnaire, en renversant le pouvoir féodal issu du Moyen Age. Elle a remplacé l’ensemble des valeurs féodales, qui avaient prévalu pendant des siècles, par d’autres : Elle a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque […] dans les eaux glacées du calcul égoïste. Même la liberté a pris un nouveau sens : aux innombrables libertés si chèrement acquises […], elle a substitué l’unique et impitoyable liberté de commerce.

Les nombreuses réalisations de la classe bourgeoise (développement des moyens d’échange et de transport, etc.) peuvent susciter l’admiration. Elle a la première montré ce dont est capable tout le génie de l’activité humaine.

Surtout, ce qui fait que la bourgeoisie est en elle-même révolutionnaire, c’est qu’elle a fait du changement et de l’innovation perpétuelle son mode de fonctionnement : elle ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, et donc les rapports de production. Alors que la noblesse féodale se définit au contraire par la stabilité et l’absence d’évolution (ce qui a fait qu’elle a pu perdurer pendant tout le Moyen Age).



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0