photo d'Alexandre Herriger

Alexandre Herriger

Genève

Nous découvrons ici le parcours d'Alexandre Herriger, formateur spécialisé dans la philosophie pour les enfants...

Etudes, lectures, projets... Voici son témoignage !

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Pouvez-vous vous présenter ? Que faites vous actuellement ?


Je suis formateur et intervenant spécialisé en philosophie pour les enfants. Durant mes études en philosophie au Canada, je me suis spécialisé dans la pratique de la philosophie avec les enfants et, depuis, je me consacre essentiellement au développement de cette approche en Suisse, en Belgique et en France.


En 1998, j’ai été le co-fondateur de l’association Pro Philo afin de promouvoir le dialogue philosophique en Suisse.

Au début des années 2000, j’ai travaillé à Montréal dans le domaine de la prévention de la violence dans les écoles. J’ai également été chargé, par le gouvernement canadien, d’intervenir auprès d’une communauté amérindienne dans le but de prévenir les comportements destructeurs et auto-destructeurs par la pratique du dialogue philosophique.

Depuis 2007, je travaille en Suisse et mon approche se tourne autant vers les parents que vers les enseignants, les éducateurs spécialisés, les philosophes, les personnes âgées, les jeunes en difficultés…en résumé toute personne souhaitant engager une réflexion philosophique.

Aussi, je forme les enseignants d’écoles publiques et privées : j’interviens à la Haute Ecole Pédagogique de Lausanne ainsi qu’au Département de l’Instruction Publique et à l’Institut de Formation Pédagogique à Genève.


Actuellement je travaille dans plusieurs établissements scolaires pour mettre en place une pratique régulière du dialogue philosophique dans les classes. Ces établissements souhaitent créer un espace de réflexion sur les questions fondamentales telles que « pourquoi vit-on ? Où va-t-on quand on meurt ? Faut-il respecter tout le monde ? Pourquoi le monde est-il comme il est ? » Au programme, il y a de l’éthique, de la logique, de l’esthétique, de la métaphysique et de l’épistémologie, ainsi que le développement de savoir-être et d’habiletés de pensée liées au raisonnement et à la recherche.

Enfin, depuis plusieurs années, je collabore avec le Groupement Romand d’Etudes des Addictions afin de développer du matériel pédagogique et une formation pertinente pour les travailleurs sociaux et les préventologues en vue de prévenir les addictions dans les milieux scolaires.


Quel souvenir gardez-vous de vos études ? De vos professeurs ?


Mes études me laissent un souvenir mitigé en raison d’un manque évident de pratique dans les cours universitaires. Mais la théorie a aussi ses avantages et la lecture des grands auteurs ses vertus. J’ai aussi eu le privilège d’avoir des professeurs extraordinaires, qui m’ont appris à lire (et oui….), voire même à penser ou à penser par moi-même. En cela, ils ont réussi leur mission. Je garde également un souvenir impérissable d’un professeur d’épistémologie qui avait l’art de reconstruire tout ce qu’il déconstruisait, mais avec des nouveaux fondements et d’autres paradigmes.


Quel est le livre de philosophie qui vous a particulièrement passionné ? L'auteur pour qui vous avez eu un véritable coup de foudre ?


Les Essais de Montaigne, sans hésitation. A lire en vieux français… Un libre penseur comme je les aime.


Quels sont vos projets, vos travaux de recherche ?


Plusieurs projets sont actuellement en cours de réalisation, par exemple la création d’un documentaire sur la pratique de la philosophie avec les enfants intégrant des ateliers, des témoignages et des explications sur les principaux enjeux, mais également la création de nouveaux cours sur les différents aspects de cette pratique éducative ainsi que le développement de nouvelles structures permettant le développement de la philosophie à l’école.

Aussi, la validation d’exercice touchant aux habiletés de pensées avec des élèves de différents âges est à l’ordre du jour, car il devient urgent de renforcer des compétences réflexives et des connaissances métacognitives auprès des jeunes et ce de manière adaptées à leurs âges.

Par ailleurs, le projet de prévention des addictions vient d’être validé par le ministère de l’éducation cantonale, ce qui permet d’envisager de nouvelles perspectives sous l’angle du développement de ce projet.

Mais la formation des enseignant-e-s reste une priorité pour moi, car ils ont l’occasion d’offrir, à travers ces ateliers, un environnement à de nombreux enfants ou adolescents dans lequel ils peuvent les inviter de plus en plus à penser ensemble, étape nécessaire me semble-t-il pour un mieux vivre ensemble.

Enfin, la mise sur pied d’ateliers intergénérationnels est également au programme. Réunir des enfants de 5 ans et les inviter à réfléchir à l’amitié avec des personnes âgées de plus 85 ans, un cocktail qui promet.



Merci Alexandre, pour ce témoignage !

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