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Gaspard Dareths

Aix-en-Provence

Nous découvrons ici le parcours de Gaspard Dareths, rédacteur en chef d'Underlined, webzine culturel...

Etudes, lectures, projets... Voici son témoignage !


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Pouvez-vous vous présenter ?


Je m’appelle Gaspard, j’ai 20 ans et beaucoup de choses m’intéressent. Je suis le rédacteur en chef d’un webzine qui s’appelle Underlined. Le site n’a pas vraiment de ligne éditoriale définie mais j’aime bien parler de la culture dans laquelle je suis baignée et m’en servir comme point de départ à une réflexion plus transversale.

Par exemple, après m’être intéressé au sujet de l’individualisme au fil de mes lectures, j’ai voulu savoir comment l’expliquer. J’ai donc écrit un article autour de deux visions complémentaires. Celle que dresse Jean-Claude Michéa s’oppose à celle d’Anno, l’auteur de Neon Genesis Evangelion. Ce qui est intéressant c’est alors de voir comment les travaux de Schopenhauer et de Freud ont aussi pu aider Anno à écrire sa série.

De la même façon j’ai cherché à analyser l’histoire du rap comme l’aurait fait Hegel pour voir qu’il ne pouvait plus avancer. La rubrique philosophie n’est pas la plus fournie du site mais je suis plutôt satisfait de nos articles.

D’ailleurs, ce n’est pas que là que je parle philosophie, je peux aussi m’y intéresser lorsque je parle d’économie sur YouTube. Par exemple, la micro-économie n’est pas du tout aussi éloignée de la philosophie et de psychologie que sa rigidité mathématiques aimerait le faire croire.


Si je m’intéresse à la philosophie c’est en fait avant tout parce qu’aucun sujet n’est étranger à cette discipline. Je peux me passionner pour des thématiques d’économie, de sciences politiques, de psychologie, de sociologie ou encore de communication, je me retrouve immanquablement à m’intéresser à des philosophes. Je ne crois pas que l’on puisse expliquer les faits uniquement par d’autres faits. Il est toujours nécessaire de s’intéresser aux idées.


Que faites-vous actuellement ?


Je suis étudiant en 3ème année de licence au Magistère Journalisme et Communication des Organisations à Aix-en-Provence. La formation allie le droit, la communication, le journalisme et la culture générale (économie, histoire, …).

Après deux années de classe préparatoire droit-économie, j’avais envie d’élargir un peu mes domaines d’études et de m’engager dans quelque chose plus proche d’une forme de transmission de savoir.

Je suis aussi impliqué dans de nombreuses associations en rapport avec le journalisme et l’écriture (co-rédacteur en chef de la partie web de Noctambule, vice-président de Médiasphone qui aide les journaux jeunes à se faire connaître et bénévole pour l’association Jets d’Encre qui défend et forme à la presse d’initiative jeune).

L’écriture m’est cathartique et j’aime beaucoup l’idée de faire passer des idées de façon ludique. Sans savoir comment, j’aimerais en faire ma (mes ?) profession(s). D’où mon orientation vers un cursus préparant aux métiers de l’écriture.


Quel souvenir gardez-vous de vos études ? De vos professeurs ?


Elles ne sont pas encore terminées mais de façon générale, j’apprécie toujours la bienveillance de mes divers professeurs.

Pour ceux dont les matières me captivaient le plus (histoire, philosophie, économie, …), ils voyaient que leur nombre d’heures ne suffiraient pas à assouvir ma soif de connaissance et m’ont donné des pistes pour approfondir le cours. Ils m’ont aussi toujours poussé à être plus exigeant envers moi-même et à persévérer. Ça n’est pas toujours évident, surtout lorsqu’on manque d’engouement pour certaines autres matières du cursus (SVT en pré-bac, le droit privé après) ce qui peut vite décourager.


Quel est le livre de philosophie qui vous a particulièrement passionné ? L'auteur pour qui vous avez eu un véritable coup de foudre ?


J’ai eu un premier déclic en lisant des pensées de Pascal. Je suis tombé dessus au collège, j’ai trouvé ça assez compliqué et alambiqué. Puis j’en ai relues en seconde, en première et en terminale. Chaque année ses mots faisaient un peu plus écho en moi et je comprenais un peu mieux ce qu’il voulait dire. À la fin j’ai fini par y voir un auteur qui avait un recul extraordinaire sur l’existence.

Mais mon auteur coup de foudre, c’est vraiment Emil Cioran. Je l’ai découvert en lisant sa biographie et j’ai tout de suite su que j’aimerais ses textes. Étrangement peu connue, sa philosophie, elle aussi fragmentaire, est sans doute celle qui me correspond le mieux. Il y a chez lui une sorte de déception si profonde qu’il en né un optimisme : celui de savoir que tout étant perdu, il ne pourra rien avoir de pire.


Avez-vous déjà essayé d'écrire ? Pourriez-vous nous parler de vos créations ?


Le fil rouge de mon travail consiste à montrer qu'aucune idée n’est étanche par rapport aux autres.

Je cherche toujours à dresser des parallèles entre les sciences sociales si possible grâce à la fiction ou la culture. Mais j’aimerais aussi trouver de nouveaux formats pour rendre ces sujets (encore) plus accessibles.

À plus long terme, je souhaiterais aussi commencer à publier des nouvelles (voire des court-métrages) qui, sans appuyer clairement sur la référence à un auteur, permettraient de faire passer ses idées. Dans ce style, j’ai adoré La Zone du Dehors d’Alain Damasio qui emprunte beaucoup aux travaux de Michel Foucault. Le livre lui rend d’ailleurs hommage en le mentionnant directement.



Merci Gaspard, pour ce témoignage !

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