photo de Jean-Jacques Bailly

Jean-Jacques Bailly

Bruxelles

Nous découvrons ici le parcours de Jean-Jacques Bailly, professeur d'hébreu et de philosophie, enseignant en Belgique dans la région de Bruxelles...

Etudes, lectures, projets... Voici son témoignage !

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Pouvez-vous vous présenter ?


Après avoir fait mon doctorat en droit à l’Université Catholique de Louvain (Leuven), et un service civil au Zaïre, j’ai fait la licence (l’équivalent d’une maîtrise) en Philosophie et un mémoire sur Sartre, sous la direction d’Alphonse de Waelhens.

Soupçonnant qu’il fallait chercher ailleurs que dans la seule ontothéologie, je me suis intéressé aux langues non indo-européennes : chinois, kiswahili, hébreu. Pour opter finalement pour l’hébreu (les hébreux : biblique, rabbinique, moderne – car l’important est la vie de la langue vivante), le « massif hébraïque » (et sémitique) ayant été l’exclu de notre histoire occidentale tout en étant un des inspirateurs par l’intermédiaire déformant du christianisme historique.

Ajoutons à cela une solide formation scientifique en théologie et philologie orientale (U.C.L. à Louvain-La-Neuve) qui m’ont fourni d’autres moyens de penser la déconstruction et la dissolution de la société occidentale qui par ailleurs s‘impose malgré tout au monde entier.

Mon doctorat en philosophie à l’Université Libre de Bruxelles (encouragé par le professeur J. Sojcher, en 2005) sur un jeune ‘rabbin poète philosophe’, disciple de Levinas, M.A. Ouaknin, a été à la fois l’occasion d’une mise à l’épreuve de mes intuitions philosophiques en gestation depuis plus de quarante ans et le départ d’une nouvelle recherche fondamentale systématique qui en dépasse largement le cadre initial.


Quel souvenir gardez-vous de vos études, de vos professeurs ?


Pour témoigner, je dirais qu’en 5e année primaire (j’avais 10 ans) le ‘Petit Frère des Ecoles chrétiennes’ de Jemappes nous avait appris toutes les conjugaisons (y compris les verbes irréguliers avec leurs formes de subjonctifs et de conditionnels irréels) et toute l’histoire biblique ; la 6e latine, chez les Jésuites, nous avions dû apprendre entre 1200 et 1500 mots latins (à peine à l’âge de 12 ans j’avais cet acquis formidable) !

Les titulaires (prêtres) des dernières années d’humanité (Syntaxe, Poésie et Rhétorique) au Collège étaient passionnants, l’un pour la syntaxe, l’autre pour la poésie de Villon, le troisième pour le théâtre (Racine, Corneille, Hugo) et une initiation au 7e art… Le Professeur d’histoire nous apprenait « la philosophie de l’histoire »… Donc des bases durables.

De l’Université, je retiens surtout, en exégèse, les cours de Gryson et de Bogaert ; en philosophie, les cours d’initiation, ceux de De Waelhens, Ricoeur, Schotte, Vergote, Van Riet, Taminiaux, Ladrière, ainsi que quelques conférences (Levinas, Derrida, surtout l’inénarrable et inoubliable Lacan, filmé exceptionnellement à la Grande Rotonde du Collège Marie Thérèse de Leuven, le 13 octobre 1972).


Que faites- vous actuellement ?


Le fil conducteur de ma réflexion est l’éros de la temporalité et la nature de la nouveauté de l’évènement. Le questionnement en est relativement inattendu, tant dans les milieux dits traditionnels que progressistes. Peut-on philosopher en dehors de l’ontothéologie, en post-déconstruction ? Comment traiter de nouvelles les ressources (langues et langages autres) permettant de traiter tout autrement les questions de la philosophie ?


Quels sont vos projets, vos travaux de recherche ?


Eros et Infini, Tome I : Le monde, le sujet, le sens ; Tome II : Le sens, le signe, l’éros du bien et du mal, paru chez L’Harmattan, Paris 2013, constitue, si je puis dire, la prima pars de mon projet philosophique ; cet ouvrage a reçu le prix quinquennal de Philosophie de l’Académie Royale de Belgique. La secunda pars devrait s’intituler : L’évènement de la création du monde. La tertia pars sera une Exégèse de la temporalité.


Quel est le livre de philosophie qui vous a particulièrement passionné ? L'auteur pour qui vous avez eu un véritable coup de foudre ?


Tout m’intéresse. Tout dépend du regard. Ces derniers temps j’ai lu et relis avec passion et précision Jean-Luc Nancy, un disciple de Derrida poursuivant la ‘déconstruction’, notamment du christianisme. Sans vraiment le connaître, j’avais abouti à des réflexions en consonance avec sa démarche. D’où la confrontation qui s’impose à mes yeux.


Avez-vous déjà essayé d'écrire ? Pourriez-vous nous parler de vos créations ?


Ma première création a été ‘poétique’ : Lettres à Ischah, (‘Lettres à femme’) écrit en Afrique et paru en 1977. Réédité aux éditions M.E.O., Bruxelles, en 2016 avec L’Annonce faite à la femme (avec la publication d’une lettre inédite d’E. Levinas qu’il m’avait adressée le 31 janvier 1984 en réponse à l’envoi de Lettres à Ischah). Il s’agit de deux Poèmes ‘d’amour’, totalement atypiques, me semble-t-il.

D’autres informations et divers écrits apparaissent sur le site de l’U.D.A (Université des Aînés de Louvain-La-Neuve où je donne des cours de Philosophie) ainsi que sur le site Infoinematov et sur celui de l’Association des Ecrivains de Belgique (A.E.B.)



Merci Jean-Jacques, pour ce témoignage !

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