photo de Laurène Castor

Laurène Castor

Nomade

Nous découvrons ici le parcours de Laurène Castor, voyageuse au long cours que la philosophie accompagne tout au long de ses périples...

Etudes, lectures, projets... Voici son témoignage !


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Pouvez-vous vous présenter ? Que faites-vous actuellement ?


Je m’appelle Laurène, j’ai 30 ans et en Septembre 2017 j’ai quitté ma vie à Paris pour voyager. J’ai passé près de 9 mois en Nouvelle-Zélande, 1 mois en Polynésie Française, et je m’apprête à partir en l’Australie pour environ 1 an. À ce jour, je n’ai pas encore de date prévue pour un retour en France.

À Paris j’étais ingénieure pédagogique et professeure de design en ligne sur la plateforme d’apprentissage OpenClassrooms. Depuis que je voyage, je travaille ponctuellement, et relativement peu : le strict minimum pour pouvoir vivre décemment.

J’ai fait ce choix pour expérimenter d’autres formes de vie, notamment nomade (j’ai vécu plusieurs mois dans un petit van aménagé) mais aussi minimale, et plus lente : j’essaie de me préoccuper le moins possible de l’argent et et de vivre le moment présent, même si ce n’est pas toujours facile. Progressivement, j’ai pu abandonner une grande partie du confort moderne auquel j’étais habituée en France. Cette vie me fait grandir et vieillir plus sage, me permet d’embrasser la philosophie comme jamais auparavant.


Quel souvenir gardez-vous de vos études ? De vos professeurs ?


Enfant et adolescente, j’étais une élève plutôt moyenne qui s’ennuyait en classe et ne faisait jamais ses devoirs. Une cancre discrète qui n’aimait pas l’école. Et c’est à partir de la Terminale que je me suis réveillée. La découverte de la philosophie a été une révélation et m’a donné le plaisir d’apprendre. La professeure de philosophie y a été pour beaucoup. Parce qu’elle a cru en moi et a vu un potentiel, j’ai pris confiance. Peu à peu, je suis devenue très bonne en classe, même dans les autres matières, parce que j’ai commencé à faire des liens entre les différents champs de connaissance (histoire, langues, littérature…).

Après le bac, j’ai fait une prépa littéraire (Hypokhâgne – Khâgne), et me suis spécialisée en philosophie, qui était à ce stade une véritable passion. J’ai échoué au concours d’entrée à l’ENS et ne me voyais pas partir à l’université. Probablement parce que je trouvais à l’époque les débouchés très restreints. J’avais peur de ne pas trouver de travail. Alors j’ai fait une école de commerce. Des études que j’ai détestées mais qui m’ont permis de trouver des temps de respiration : des électifs de culture générale proposés par l’école, une année de césure en Angleterre (pendant laquelle j’ai étudié la philosophie en licence 3 à l’université de Reading et enseigné le Français Langue Étrangère aux étudiants), un master en développement durable effectué au Canada à l’Université de Sherbrooke en partenariat avec mon école de commerce.

Pendant mes études, j’ai eu la chance, parmi un flot de gamelles et de réorientations, de tomber sur des enseignants incroyables qui ont fait événement dans ma vie : certains ont été des clés, des balises dans mon parcours. J’y repense souvent avec émotion.

C’est seulement à la fin de mes études que j’ai compris ce que je voulais faire plus tard : je voulais contribuer à améliorer le système éducatif ou à y trouver des alternatives.


Quel est le livre de philosophie qui vous a particulièrement passionné ? L'auteur pour qui vous avez eu un véritable coup de foudre ?


Pendant mes études, j’étais particulièrement séduite par les philosophes grecs, notamment les stoïciens. Si un livre m’a beaucoup marquée c’est parce qu’il faisait résonance avec quelque chose au fond de moi, c’est le cas du livre Pensées pour moi-même de Marc-Aurèle. Ma philosophie de vie est guidée par cette idée de rester en cohérence avec soi-même tout en mettant en place une forme de résilience face aux difficultés qui peuvent advenir. Une phrase dans le livre m’avait singulièrement interpellée en ce sens : « rester constant et consistant en toute circonstance ».


Cela dit, cette forme de sagesse, même si elle m’a été très précieuse à certains moments de ma vie, peut me paraître froide sous d’autres égards, et parfois un peu trop dure, pas assez flexible. C’est pourquoi j’ai particulièrement apprécié les philosophes de la joie : Spinoza, Nietzsche. Ces deux philosophes embrassent pour moi une forme de philosophie rebelle. Par sa puissance, elle enjoint une liberté créatrice qui m’est très chère également. C’est elle qui me donne la force de faire les choix de vie que je fais.


Avez-vous déjà essayé d'écrire ? Pourriez-vous nous parler de vos créations ?


Oui, j’aime beaucoup écrire. J’écris presque au quotidien, mais pas assez dans le domaine que je voudrais. En fait, j’écris à des fins différentes :
• Narrative (articles de blog de voyage notamment) ;
• Didactique/pédagogique (cours de design) pour OpenClassrooms ;
• Philosophique/créative (textes, livres) : certains courts textes sont publiés sur Amazon, il s’agit de réflexions, structurées comme des dissertations.


Mais c’est dans le domaine de la fiction que j’aimerais écrire le plus. Idéalement, la vie que je me rêve c’est celle d’écrivain, mais je ne sais pas si j’en ai le talent et il faudrait déjà que je termine un premier vrai livre. Pour l’instant, j’ai commencé à écrire un livre de façon fragmentée, des morceaux d’histoire, et je n’ai pas suivi de continuité linéaire, chronologique.


Quels sont vos projets, vos travaux de recherche ?


En lien direct avec le paragraphe précédent : cela fait plusieurs mois que j’ai commencé à (essayer d’) écrire un roman de fiction, mais j’ai du mal à trouver le temps de m’y consacrer. C’est une vraie discipline, il faut s’astreindre à écrire très régulièrement pour avancer correctement, et le manque de routine dans mes journées rend cela difficile. Ces derniers temps j’y pense beaucoup plus que d’habitude cela dit et je veux revenir à l’ouvrage.

Mes autres projets concernent les voyages bien évidemment : après l’Australie, certainement la Nouvelle-Calédonie, le Vanuatu, l’Indonésie…

Sur le plan professionnel, je vois pour l’instant au jour le jour et ne sais pas encore ce que j’exercerai comme activité lorsque je rentrerai en France. Mon quotidien est plein d’incertitudes et j’ignore ce que je ferai dans quelques mois, je n’ai pas de plan de carrière et n’ai pas forcément envie de conserver le même métier toute ma vie. Mais je regarde les choses se dérouler avec sérénité et je saisirai les opportunités quand elles se présenteront.



Merci Laurène, pour ce témoignage !

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