tableau représentant Voltaire

Voltaire

Philosophie moderne

Cet esprit libre attire rapidement l'attention par ses dons littéraires et son ironie mordante.

Figure emblématique des Lumières, cet intellectuel engagé, bien que condammné à plusieurs reprises à l'exil ou la prison, parvient à contourner la censure. A Paris, Londres, Berlin ou Ferney, il n'aura cessé de combattre la superstition, l'ignorance et le fanatisme.


Bibliographie


Voici les livres incontournables si vous souhaitez mieux comprendre la pensée de cet auteur :

Gallot M., Moi, j'écris pour agir : Vie de Voltaire, Le Livre de Poche, Paris, 2010
Pomeau R., Voltaire en son temps, Fayard, Paris, 1995
Martin-Haag E., Voltaire. du cartesianisme aux lumieres, Vrin, Paris, 2002
Gouhier H., Rousseau et Voltaire: Portraits dans deux miroirs, Vrin, Paris, 2002
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Biographie détaillée


I/ Jeunesse


François-Marie Arouet naît en 1694 à Paris. Son père est notaire, puis conseiller du Roi à la Chambre des comptes ; sa mère, fille de greffier, meurt lorsqu’il n’a que sept ans. Il remet en doute la filiation paternelle, se considérant comme issu d’une relation extra-conjugale, et n’a d’affection que pour sa sœur.  

Il étudie au collège Louis-le-Grand, où il noue amitié avec les enfants de personnages puissants, ce qui lui sera utile plus tard, pour pénétrer dans le grand monde. 

Elève brillant, il se distingue par ses dons en poésie ; ainsi, il rédige une Ode à Sainte-Geneviève, qui est imprimée et diffusée par les Pères. 


Son père le destine à une carrière d’avocat ; il préfèrerait devenir homme de lettre mais s’incline et s’inscrit à l’école de droit. Etudiant, il fréquente un cercle d’épicuriens réputés pour leur libertinage et leur scepticisme, où il apprend à composer des vers légers et amusants, prenant pour cible privilégiée la monarchie et la religion.  Son père ne sait que faire pour l‘éloigner de ce milieu, et lui faire entendre raison. 

Déjà, la haute société se dispute sa présence. Mais il s’attire les foudres du Régent, en composant des vers ridiculisant les amours illégitimes de sa fille, la Duchesse de Barry. Après un bref exil à Tulle, il récidive, et est alors envoyé en prison, à la Bastille, pendant onze mois, en 1717. 


Lorsqu’il en sort, il a pris de bonnes résolutions : plutôt que gaspiller son talent dans des activités aussi futiles et dangereuses, il souhaite se tourner vers quelque chose de plus noble : la tragédie et la poésie épique.

Il rédige alors successivement, sous le pseudonyme de Voltaire, Œdipe et la Henriade, qui connaissent un immense succès, mais qui ont à présent quelque peu sombré dans l’oubli. 


II/ Maturité


A ce moment, tout semble lui sourire : il jouit d’une grande renommée, et on ne parle que de lui dans les salons parisiens. Mais un incident vient interrompre cette marche vers le succès. Voltaire ridiculise en public un jeune aristocrate : « Je commence mon nom, et vous finissez le vôtre », lui dit-il. Ce dernier le fait bastonner en retour par ses laquais. La réalité sociale reprend ses droits, personne ne souhaite soutenir Voltaire dans son désir de vengeance contre un membre de la plus haute aristocratie : les Rohan. Ceux-ci obtiennent que Voltaire soit exilé. Il part alors, à 32 ans, en Angleterre.


Là, il découvre une terre de liberté, où l’Habeas Corpus protège les droits des citoyens contre l’arbitraire du pouvoir royal, comme les lettres de cachet, dont Voltaire a lui-même été victime. Cela lui fait une profonde impression, et il considère dorénavant la France comme une nation rétrograde, archaïque, tant du point de vue politique qu’économique.

Il ne lui faut que peu de temps pour nouer des relations avec des savants, penseurs, écrivains anglais. Il découvre avec éblouissement les travaux de Newton, et fera par la suite tout ce qui est en son pouvoir pour introduire la pensée de ce dernier en France. 

Pour la première fois, il s’essaie au genre philosophique, en rédigeant les célèbres Lettres philosophiques, dans lesquelles il aborde le thème de la religion, de la politique, des arts, des sciences… On peut considérer cette œuvre comme le premier manifeste des Lumières.


En 1728, il est autorisé à rentrer en France ; il a alors 34 ans. Il s’enrichit grâce à la spéculation, et des placements avisés.   

Il revient sur la scène littéraire avec sa nouvelle pièce, Zaïre, qui remporte un franc succès.

En 1733, il rencontre Emilie du Châtelet, une femme libre et passionnée de sciences, dont il devient l’amant. Cette relation durera seize ans, jusqu’à la mort de cette dernière, qui affectera profondément Voltaire. 

En 1734, la parution en France des Lettres philosophiques fait scandale. L’ouvrage est brûlé publiquement, et il doit fuir à nouveau, se réfugiant à Cirey, au château de Madame du Châtelet. Il va y rester 10 ans, rédigeant de nombreux ouvrages visant le fanatisme religieux, qu’il publie parfois anonymement, niant lorsqu’on lui en attribue la paternité.   


Statue de Voltaire
Statue de Voltaire

Le roi de Prusse Frédéric II, monarque éclairé fasciné par les arts et la philosophie, souhaite l’inviter à sa cour. Ils correspondent et Voltaire lui rendra plusieurs fois visite. Aidé par une conjoncture favorable, il rentre en grâce auprès du roi de France Louis XV, et est même élu à l’Académie française, en 1746, au moment où paraît Zadig, que de la même manière, il désavoue.  


A la mort de Madame du Châtelet, il répond enfin à l’invitation du « roi philosophe » et rejoint Berlin, en 1750. Il aide Frédéric II à écrire ses œuvres. Au bout de deux ans et demi, les relations se détériorent avec le roi de Prusse et il doit rentrer en France. 

Il n’y est pas non plus le bienvenu, et Voltaire doit se trouver un nouveau point de chute où il pourra vivre en sécurité.

Après un bref séjour en Suisse, où il rédige son chef d’œuvre, Candide, il choisit d’acheter et d’aménager le château de Ferney. Celui-ci se trouve en France, mais à quelques kilomètres de la République de Genève, réputée pour sa tolérance, où il pourrait aller se réfugier facilement si la nécessité s’en faisait sentir. 

Il va y rester vingt ans, et ce seront les années les plus productives de sa vie. Il y mène grand train, accueillant de nombreux visiteurs, beaux esprits, savants, artistes, philosophes. 

Il dénonce publiquement le fanatisme religieux dans des affaires judiciaires restées célèbres, telles que l’affaire Callas, Sirven, ou du Chevalier de la Barre, et incarne ainsi à jamais la figure emblématique de l’intellectuel engagé. 


III/ Vieillesse


Dans cette retraite, il écrit des articles pour l’Encyclopédie, mais surtout commence la rédaction d’un Dictionnaire philosophique portatif, qui selon lui est plus à même de changer les consciences qu’un gros ouvrage en vingt volumes que seul les plus fortunés pourront se procurer. Ce livre, condamné une nouvelle fois par le Parlement français, se répand clandestinement. 


Dans les dernières années de sa vie, souffrant d’un cancer de la prostate, il a un dernier souhait : revoir Paris. Cela fait en effet vingt-huit ans qu’il a quitté la capitale, et la nostalgie le gagne. La mort de Louis XV facilite son retour. Il prend donc courageusement la décision de venir assister à la représentation de l’une de ses pièces à la Comédie française, dans une ville qu’il croit hostile. 

A sa grande surprise, c’est un triomphe. Dans les rues, une foule immense assiste au passage de son carrosse, et il est accueilli tout d’abord à l’Académie par l’ensemble des membres de cette prestigieuse institution. A la Comédie française, la pièce est fréquemment interrompue par les cris et les applaudissements.


Il décide de rester à Paris mais quelques mois plus tard, il meurt du mal qui le rongeait, à l’âge de 83 ans, en 1778. Une quinzaine d’années plus tard, son corps est transféré au Panthéon.



Principaux ouvrages


Candide, Magnard, Paris, 2013
Zadig, Larousse, Paris, 2011
Dictionnaire philosophique, Folio, Paris, 1994
Lettres philosophiques, Garnier Flammarion, Paris, 1994
L'Ingénu, Larousse, Paris, 2011
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