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Wittgenstein

Philosophie contemporaine

Ludwig Wittgenstein est l'une des figures illustres de la philosophie analytique. Ses travaux sur la philosophie du langage ou les fondements des mathématiques suscitèrent l'admiration de Russell ou du Cercle de Vienne. Après la rédaction du Tractatus logico-philosophicus, il abandonne la philosophie un moment, avant une remise en question fondamentale qui débouche sur la rédaction des Investigations philosophiques.


Bibliographie


Voici les livres incontournables si vous souhaitez mieux comprendre la pensée de cet auteur :



Pastorini C., Ludwig Wittgenstein, une introduction, Pocket, Paris, 2011
Bouveresse J., Le mythe de l'intériorité : Expérience, signification et langage privé chez Wittgenstein, les éditions de Minuit, Paris, 1987
Soulez A. et Sebestik J., Wittgenstein et la philosophie aujourd'hui, l’Harmattan, Paris, 2003
Ogien A., Les formes sociales de la pensée, Armand Colin, Paris 2007
Laugier S., Wittgenstein, les sens de l'usage, Vrin, Paris, 2009
Chauviré C., Voir le visible : La Seconde Philosophie de Wittgenstein, PUF, Paris, 2003
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Biographie détaillée



Jeunesse


Ludwig Wittgenstein est né à Vienne en Autriche-Hongrie, en 1889, dans une famille nombreuse de riches industriels cultivés. La musique occupe une place prépondérante : de grands musiciens (Brahms, Mahler…) sont régulièrement invités.

Dans ce cadre, la créativité de chacun s’épanouit : un frère de Wittgenstein deviendra pianiste virtuose. Mais des drames viennent frapper le cercle familial, comme le suicide de trois frères de Ludwig. Très tôt, celui-ci est tenaillé par le doute et s’interroge sur la vérité ou sur sa propre existence. Très exigeant vis-à-vis de lui-même et des autres, il porte un regard sévère et critique sur le monde, un trait de caractère qu’il gardera toute sa vie.


Il étudie à l’école de Linz, puis part à Berlin, pour des études d’ingénieur mécanique. Dans le cadre de son cursus, il est amené à quitter l’Autriche pour l’Angleterre : à l’université de Manchester, il travaille dans un laboratoire d’ingénierie aéronautique, et conçoit un nouveau modèle d’hélice qu’il teste lui-même.


Vers la rédaction du Tractatus


Ses études l’amènent à s’intéresser au problème du fondement des mathématiques. En Allemagne, il étudie sous la direction de Frege, qui l’invite à aller suivre les cours de Russell, auteur des célèbres Principes mathématiques ; il suit ce conseil et en 1911, s’inscrit à l’université de Cambridge. Il y rencontre Russell, Moore, et travaille sur les fondements de la logique mathématique.

Désireux d’étudier dans un environnement véritablement stimulant, il quitte l’université et se retire dans une cabane en Norvège. Dans cet exil volontaire, il trouve le temps et la passion nécessaires pour mener à bien ses réflexions et rédige son premier ouvrage, la Logique.


Pendant la 1ère guerre mondiale, il rejoint le front russe et obtient plusieurs médailles pour son courage. Il tient un journal intime, qui donne un éclairage saisissant sur sa personnalité. Il se convertit au christianisme. C’est pendant cette période pourtant peu propice à la réflexion philosophique, sur le front, qu’il rédige le Tractatus logico-philosophicus. Fait prisonnier momentanément par les italiens, il réussit néanmoins à envoyer son manuscrit à Russell, qui œuvre pour sa publication, en 1922.

Considérant que cet ouvrage résolvait définitivement les problèmes philosophiques qui pouvaient être posés, Wittgenstein abandonne la philosophie et cherche une nouvelle orientation.


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L’errance


Il devient instituteur, mais son caractère, très exigeant vis-à-vis de ses élèves, finit par le trahir : il finit par démissionner.

Il travaille momentanément comme aide-jardinier d’un monastère ; cela l’amène à envisager d’embrasser la vie cléricale, mais cette tentative n’aboutit pas.


Il est contacté par Moritz Schlick, chef de file du Cercle de Vienne tout juste naissant. Ses différents membres sont très intéressés par le Tractatus, et une série de rencontres sont organisées. Néanmoins, Wittgenstein finit par considérer que ceux-ci ne comprennent pas sa pensée, en particulier à cause de leur manque d’intérêt pour les considérations éthiques ou religieuses du Tractatus, et cesse de les rencontrer.

Ces discussions vivifiantes ont néanmoins le mérite de l’amener à nouveau à s’intéresser à la philosophie. Un soupçon commence alors poindre en son esprit : existerait-il une erreur fondamentale dans le Tractatus ? Devrait-il revoir et corriger sa pensée ? Ce doute est intolérable, pour cet esprit exigeant, sinon perfectionniste, et l’incite donc à reprendre ses réflexions. Celles-ci prennent une direction complètement différente, l’amenant à reconsidérer sa conception du langage.


Le retour à la philosophie


Il prend alors la décision de revenir à Cambridge, où il est accueilli triomphalement, en 1929. Il s’inscrit comme simple étudiant, mais est rapidement intronisé docteur en philosophie : c’est le Tractatus lui-même qui constitue la matière de sa thèse de doctorat.

Il voyage en Russie, en Norvège et en Irlande, et travaille sur le manuscrit des Investigations philosophiques, un ouvrage considéré par certains penseurs comme plus important que le Tractatus lui-même. En 1939, c’est la consécration : il obtient la chaire de philosophie de Cambridge.

Néanmoins il démissionne quelques années plus tard considérant que l’université n’est pas l’endroit adéquat pour développer sa pensée. Il se retire à nouveau en Irlande ou dans d’autres endroits isolés pour écrire les dernières pages des Investigations.

Il meurt en 1951 à Cambridge.



Principaux ouvrages


Carnets 1914-1916, Gallimard, Paris, 1997
Tractatus logico-philosophicus, Gallimard, Paris, 2001
Grammaire philosophique, Gallimard, Paris, 2001
Investigations philosophiques, Gallimard, Paris, 2014
Le Cahier bleu, Gallimard, Paris, 2004
Le Cahier brun, Gallimard, Paris, 2004
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