photo d'Agnès Couteux

Agnès Couteux

Angers

Nous découvrons ici le parcours d'Agnès Couteux, enseignante en philosophie à Angers et chef de projet blended-learning...

Etudes, lectures, projets... Voici son témoignage !

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Pouvez-vous vous présenter ? Que faites vous actuellement ?


Professeure de culture générale et de philosophie dans diverses structures privées et publiques, j’enseigne la philosophie de l’action auprès d’étudiants assistants de service social à l’IRFSS Centre Val de Loire, institut de la Croix Rouge Française. Valeurs, éthique et politique sont des domaines de réflexion essentiels à cette profession mais plus simplement aux relations humaines et à mes diverses activités.

J’ai effectué mes études de philosophie à l’université de Nantes dans les années 90. La phénoménologie de la perception, le creuset des sensations et des émotions y guidaient et guident encore mon travail mais plutôt dans mes activités personnelles en lien avec l’écriture littéraire et le dessin. En tant que portraitiste, je suis en quête de la chair du monde et des autres. Où commence la sensation ? Où commence l’intellection ? Qu’est-ce qu’être au monde ? Et comment toucher par les mots ? Par le trait ? Par la couleur ? Comment rendre la chair de l’existence ?

Je suis également passionnée par la pédagogie et les modalités de transmission et d’apprentissage, tant en présentiel qu’en distanciel. Afin d’étancher cette soif, je complète mes activités professionnelles par un poste de chef de projet blended-learning pour une association AFOCAL Pays de la Loire.

L’autre, son hospitalité, mon accueil, nos rencontres et nos échanges sont les guides de mes diverses pratiques pour ne pas dire les valeurs en tant que ce qui est le plus important pour donner du sens ou un fil conducteur à cet ensemble d’apparence hétéroclite.


Quel souvenir gardez-vous de vos études ? De vos professeurs ?


Nous formions une petite classe d’une vingtaine d’éléments. D’horizons différents, de cultures différentes, cela a été l’occasion d’une ouverture aux autres et surtout aux concepts, aux auteurs et à la pensée… Des amitiés fidèles y sont nées. Des affinités de recherche également. 

L’enseignement y était classique mais ce qui m’a le plus marqué était l’ouverture à des disciplines comme la psychologie, la sociologie et diverses langues. Le travail conjoint avec le musée des Beaux-arts de Nantes m’a passionné lors du cours sur l’esthétique. En somme, un enseignement inscrit dans le monde contemporain.

Ce furent pour moi des années d’éveil et d’insasiété de ma curiosité.

Les professeurs pour qui j’éprouve de la gratitude travaillaient sur l’empirisme : Mr Jean-Michel Vienne ; et la phénoménologie de la perception : Mr Michel Malherbe. Ce dernier a été un soutien pour mon mémoire de maîtrise qui portait sur la vision entre sensation et intellection. Il le reste encore aujourd’hui par son travail sur la maladie d’Alzheimer, un des apports incontournables à mes cours auprès des étudiants assistants de service social.

Mais je pourrai dire que le propre de ces années furent la proximité et l’accompagnement de nos professeurs. Un tutorat bienveillant, continu et progressif, et bien sûr stimulant. Cette approche pédagogique est maintenant la mienne tant en présentiel qu’en distantiel.


Quel est le livre de philosophie qui vous a particulièrement passionné ? L'auteur pour qui vous avez eu un véritable coup de foudre ?


Sans grande surprise, étant donné ce que je viens de révéler : Maurice Merleau-Ponty et plus particulièrement : L’œil et l’esprit. Les analyses du travail de Cézanne également. J’ai trouvé là dans la poésie de ses mots une mise en forme de mes questions sur notre rapport au monde et à l’existence ; sur les liens entre sensations, émotions et intellections…

Mais il me faut aussi ajouter un plaisir et une affection particulière pour Emmanuel Lévinas et son travail sur le rapport à l’autre. L’écoute, la bienveillance, la sollicitude de ses mots me sont chers. Je l’ai découvert plus tardivement dans mon enseignement de la philosophie de l’action.

La chair comme mode d’être au monde et aux autres c’est ce que j’interroge aujourd’hui encore.


Avez-vous déjà essayé d'écrire ? Pourriez-vous nous parler de vos créations ?


Je ne publie pas. Mes écrits sont essentiellement professionnels ou à visée de reconnaissance des compétences acquises. Je suis plutôt une lectrice. Et pour la philosophie, de celles qui noircissent des cahiers de notes : page de gauche, le texte pour lui-même, sans trahison ; page de droite, le commentaire, la compréhension et la projection. Je m’approprie et j’associe mes lectures à mes recherches personnelles.

Je me suis essayée à l’écriture de nouvelles-instants ou de portraits courts comme des instantanés photographiques. J’ai tenu pendant quelques temps un blog, une sorte de banque de personnages croisés dans la rue, croqués et incarnés en quelques mots… Mais le temps me manque pour l’alimenter et pour participer à un atelier d’écriture nommé les « Poudreurs d’escampette » que j’affectionne tout particulièrement. 

Et bien souvent, je préfère à l’écriture des portraits dessinés aux pastels, avec les doigts recouverts de poudre, par touches capter le grain de la peau, l’étincelle du regard, la chair et peut-être un peu de l’âme…


Quels sont vos projets, vos travaux de recherche ?


Je souhaite intégrer un Master 2 à Poitiers en Ingénierie des médias pour l’Education. Cela viendrait parachever mon parcours d’enseignante et m’ouvrirait la possibilité d’explorer un nouveau champ de réflexion sur la pédagogie et les nouvelles modalités d’apprentissage qu’offre la digitalisation de la formation.

Après, un accent mis sur la sensation, un autre sur la rencontre avec l’autre, cela peut sembler désincarné paradoxalement ! Mais justement dans un monde de plus en plus « virtuel », la communication est capitale. Et le champ de la formation l’intégrant de plus en plus doit aussi y trouver du sens.

Pour moi, ce sens réside dans le tutorat, l’accompagnant comme la plus value de tout dispositif de formation. C’est donc l’humain au cœur de ce monde que je souhaite interroger tant du côté de celui qui conçoit, transmet et accompagne que de celui qui reçoit les ressources, développe ses compétences et apprend.

En somme, donner une certaine chair à cette relation numérique. 

Toujours la chair ! 



Merci Agnès, pour ce témoignage !

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