photo de Leslie Lecossois

Leslie Lecossois

Lille

Nous découvrons ici le parcours de Leslie Lecossois, doctorante en philosophie à l'Université de Reims, et enseignante en lettres.

Etudes, lectures, projets... Voici son témoignage !


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Pouvez-vous vous présenter ? Que faîtes-vous actuellement ?


Je m'appelle Leslie, j'ai vingt-huit ans. J'ai succombé aux charmes de la sagesse il y a dix ans, lorsque j'étais en terminale. Ce fut une révélation à retardement : nous avions eu des cours de philosophie dès la première avec mes camarades mais, bien qu'animée de questions existentielles, je n'étais pas prête à y répondre.

Et pourtant, quelques mois plus tard... j'ai su quel sens, quelle direction je donnerai à ma vie et ce, en compagnie de ma nouvelle alliée. J'ai donc intégré les classes préparatoires aux grandes écoles dans le but de contenter cet appétit philosophiquement vorace tout en m'enrichissant encore, au contact de la littérature et des langues étrangères. J'ai poursuivi, trois ans après, mes études en Master Recherche et ai rencontré la pensée Nietzschéenne : seconde révélation. Elle fut en effet à l'origine de mon sujet de mémoire et m'accompagne encore dans mes recherches, étant actuellement  en doctorat à l'Université de Reims, sous la direction de Michel Terestchenko. 

J'enseigne le français en parallèle de mes études, à des collégiens Lillois. Un métier humainement enrichissant, parfois difficile, que je suis fière d'exercer. 


Quel souvenir gardez-vous de vos études ? De vos professeurs ?


Je garde un très bon souvenir de mes études, même si celles-ci ne sont pas encore terminées. J'ai toujours aimé l'école : pour bavarder, faire rire mes camarades de classe dans un premier temps puis pour apprendre et me construire.

J'ai rencontré des professeurs qui, à différentes étapes de ma scolarité ont cru en moi et qui contribuent à ce que je suis aujourd'hui : c'est notamment le cas de mon premier professeur de philosophie, Monsieur Florian Brion, à qui je dois -entre autre- ma vocation. Je songe également à mes professeurs de prépa, passionnés et passionnants, à toutes ces heures passées à composer dans la salle d'étude de l'internat, avec les autres khâgneuses, tard dans la nuit. Des années difficiles qui vous forgent le caractère et l'intellect. J'y ai fait de très belles rencontres. Les cours à l'Université me parurent plus reposants par la suite, mais tout aussi intéressants !


Quel est le livre de philosophie qui vous a particulièrement passionné ? L'auteur pour qui vous avez eu un véritable coup de foudre ?


Difficile de répondre à ces questions, il y en a trop, beaucoup trop. Mais Hegel est à retirer d'office de la liste, je ne peux pas le lire sans avoir de maux de tête ! J'adore les philosophes de l'Antiquité, j'ai été conquise par Platon à la lecture de son Banquet, par Aristote et son Éthique qui n'est pas sans façonner la mienne, et par les conseils des Stoïciens qui me viennent encore en aide aujourd'hui. Nietzsche a cependant bouleversé ma conception de la morale, ses oeuvres sont une merveille tant d'un point de vue philosophique que d'un point de vue littéraire, quelle plume !


Avez-vous déjà essayé d'écrire ? Pourriez-vous nous parler de vos créations ?


Oui j'ai déjà essayé. J'écrivais beaucoup il y a quelques années mais j'ai été rattrapée par les impératifs universitaires... j'ai commencé la rédaction d'un roman philosophico-fantastique, à caractère autobiographique, Pandore. Je le terminerai !


Quels sont vos projets, vos travaux de recherche ?


Mes travaux de recherches portent sur la méchanceté et la bonté. J'analyse et étudie le coeur de l'Homme, ses parts d'ombres allant de l'ignorance à la bêtise, de la méchanceté ordinaire à la cruauté innommable et proprement humaine. Le point de départ ? Un éclat de conscience -plus qu'une prise, très jeune sur le potentiel que l'Homme a de mal faire, au détriment des autres et de lui-même. 

« Faut-il tuer l'Homme pour préserver l'humanité ? », qui n'a pas eu envie d'acquiescer à un moment donné, en se référant à ses propres expériences ou en regardant la télévision ? Il m'est arrivé et m'arrive parfois de répondre « oui ! » mais ma thèse demeure encore aujourd'hui la plus forte : ce n'est pas l'être humain qu'il faut supprimer mais cette « humanité »- comme l'entendait l'humanisme classique- cet idéal que nous avons de l'Homme qui nous amène à le nier, à le renier tel qu'il est réellement et donc à ne pas l'accepter. L'Homme n'est ni un monstre qui déplaît, ni un Dieu qui déçoit. C'est un être à la volonté et à l'intention ambiguës qui ne changera pas  mais qui pourrait enfin s'accepter pour composer avec l'obscurité dont il est fait, pour mettre au monde une belle lumière dont il est tout à fait capable... 


En ce qui concerne mes autres projets professionnels... J'envisage de passer les concours de l'enseignement, d'exercer peut-être en tant que philosophe-praticienne et -le but ultime soyons fous- d'ouvrir un jour ma propre école !



Merci Leslie, pour ce témoignage !

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