photo d'Albert Camus

Albert Camus

Philosophie contemporaine

Ecrivain, philosophe et dramaturge, prix Nobel de littérature... Camus, né dans un milieu très modeste, aura su transcender sa condition sociale.

Le thème de l'absurdité de l'existence est le point de départ de sa pensée, et seule la révolte peut constituer une réponse à l'absurde. Il n'a d'ailleurs cessé de s'engager dans des combats tels que l'anticolonialisme ou l'antitotalitarisme.


Bibliographie


Voici les livres incontournables si vous souhaitez mieux comprendre la pensée de cet auteur :

Todd O., Albert Camus, une vie, Gallimard, Paris, 1999
Grenier R., Albert Camus soleil et ombre, Gallimard, Paris, 1991
Collectif, Albert Camus, Herne, Paris, 2013
Mazza V., Albert Camus et L'Etat de siège, Editions classiques Garnier, Paris, 2017
Salas D., Albert Camus : La Juste révolte, Editions Michalon, Paris, 2002
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Vidéos recommandées


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Biographie détaillée


Jeunesse


Albert Camus est né en Algérie en 1913, près de la ville d’Annaba, l’ancienne Hippone où officiait, bien des siècles auparavant, saint Augustin. Son père travaille dans un domaine viticole de la région d’Alger ; il meurt un an après la naissance d’Albert, touché par un éclat d’obus dès le début de la 1ère guerre mondiale.

Sa mère, presque sourde, illettrée, fait des ménages pour survivre, et entretenir les deux enfants du couple.

Albert grandit donc dans la pauvreté, qui lui fait honte une fois qu’il parvient au lycée, et peut comparer son train de vie avec celui de ses camarades plus fortunés.

Mais il fait d’heureuses rencontres : en particulier celle de son instituteur, Louis Germain, qui l'initie aux joies de la lecture et l’aide à obtenir une bourse pour la suite de ses études ; il le remerciera par la suite, lorsqu’il recevra le prix Nobel, dans son discours.

Puis Jean Grenier, son professeur de philosophie au lycée d’Alger, auquel il dédicacera son premier livre, qui lui fait découvrir Nietzsche.


Il n’oubliera jamais d’où il vient et son œuvre est marquée d’un grand respect pour le monde ouvrier, les travailleurs et le peuple. Dès ses 22 ans, il adhère d’ailleurs au Parti communiste algérien, anticolonialiste, un premier engagement politique qui en annonce beaucoup d’autres, mais qui seront tous unis par ce fil directeur : la défense des opprimés, et l’humanisme.

Son exclusion du parti deux ans plus tard, suite à un revirement idéologique qu’il refuse (la défense de la souveraineté française sur l’Algérie), annonce peut-être également un trait de caractère significatif : son refus des idéologies, du calcul, du cynisme, et peut-être, au-delà, son antitotalitarisme.


Les premiers écrits


En 1935, il rédige son premier ouvrage, L’Envers et l’Endroit, qui décrit le quartier de son enfance, mais ne recueille que peu de lecteurs. 

Il crée avec des amis un théâtre, qu’il veut engagé et populaire, et devient rédacteur en chef d’un journal « Alger Républicain », rapidement frappé d’interdiction. Il rencontre André Malraux, dont il fait jouer les œuvres dans son théâtre.

En 1940, il se marie, ce qui l’amène à quitter l’Algérie pour Paris. Il travaille un temps pour le journal Paris-Soir, et fonde une nouvelle revue, Rivage. Il entretient une correspondance avec Malraux ; celui-ci, lecteur chez Gallimard, recommande la publication de l’Etranger que Camus lui a fait parvenir, ainsi que le Mythe de Sisyphe.

Ces deux ouvrages paraissent donc en 1942, dans la plus prestigieuse maison d’édition française, alors qu’il n’a que 29 ans. Ce sont les deux premières pièces du « cycle de l’absurde », que Camus complètera avec Caligula et Le Malentendu.


Photo représentant Albert Camus
Photographie de Camus

La reconnaissance


En 1944, il rencontre Sartre : c’est le début d’une amitié qui s’achèvera en 1952 sur une brouille restée célèbre, liée à une divergence profonde sur le combat à mener pour la liberté et le peuple.

Pour Camus, rien ne peut venir légitimer la terreur, pas même la révolution : la fin ne justifie pas les moyens. Aucun combat, même celui qui serait mené pour une cause juste, ne peut se fonder sur la violence. Sartre la considère comme nécessaire pour que les choses changent réellement. Ainsi Camus dénoncera l’intervention soviétique à Budapest, et non Sartre qui la considère comme le prix à payer dans la lutte contre l’impérialisme.


En 1947, il se lance dans la rédaction de la Peste, (1947) qui relève d’un nouveau cycle, celui de la « révolte », avec les Justes (1949) et l’Homme révolté (1951).

C’est un succès littéraire, que vient récompenser le prix Nobel de littérature en 1957, obtenu un an après la publication de la Chute.

Ce prix suscite des jalousies, et lui attire de nombreuses critiques de l’intelligentsia parisienne : c’est en effet, à 44 ans, le plus jeune lauréat de ce prix, après Kipling. Cela le blesse.

Sa position lors de la guerre pour l’indépendance de l’Algérie restera également incomprise. A l’indépendance, il préfère une association, ce dont aucun des deux partis ne veut. Refusant de condamner en bloc les colons français, les pieds-noirs, dont il faisait lui-même partie, il n’est pas considéré comme un compagnon de lutte par les algériens ; et il est pris pour un traître par les partisans de la souveraineté française.


Il meurt en 1960, alors qu’il n’a que quarante-sept ans, d’un tragique accident de la route, en rentrant de Lourmarin, village du Lubéron où il s’est établi, près de Villeblevin, dans l’Yonne.



Principaux ouvrages


L'Etranger, Gallimard, Paris, 1971
Le mythe de Sisyphe, Gallimard, Paris, 1985
La Peste, Belin-Gallimard, Paris, 2012
L'Homme révolté, Gallimard, Paris, 1985
La Chute, Gallimard, Paris, 1972
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