couverture du livre le Crépuscule des Idoles de Nietzsche


Résumé de : le Crépuscule des Idoles

Dans le Crépuscule des Idoles, Nietzsche développe une critique de Platon et de l’équation morale bien=beau=vertu.

Il montre que derrière la morale se cache un nihilisme déguisé. La mort de Socrate en est une preuve, ou plutôt un symptôme : Socrate voulait mourir.

La religion cache aussi un nihilisme sous-jacent, ainsi que le rationalisme, qui nie le devenir.

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Nietzsche le Crépuscule des idoles
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Nietzsche leur suggère une solution radicale : Voici un conseil pour messieurs les pessimistes. Nous n’avons pas entre les mains un moyen qui puisse nous empêcher de naître : mais nous pouvons réparer cette faute. Le fait de se supprimer est un acte estimable entre tous […] on a délivré la vie d’une objection 1.


La dégénérescence est néanmoins notre horizon : on n’y peut rien : il faut aller de l’avant, je veux dire s’avancer pas à pas plus avant dans la décadence (-c’est là ma définition du progrès moderne) 2.


Les grands hommes, les génies sont ceux qui, à la différence des nihilistes, regorgent de force, de santé, d’énergie : les grands hommes sont comme les grandes époques, des matières explosibles, d’énormes accumulations de force 3. Cette surabondance, qui rejoint celle de la nature est indissociable du gaspillage : le génie est nécessairement gaspilleur : qu’il se gaspille c’est là sa grandeur… L’instinct de conservation est en quelque sorte suspendu ; la pression suprême des forces rayonnantes leur défend toute espèce de précaution et de prudence. Il déborde, il se répand, il se gaspille 4.


Dans cette perspective, si Nietzsche brise la table des lois morales, il la remplace par de nouvelles valeurs. Par exemple : tout ce qui est bon est léger, tout ce qui est divin court sur des pieds délicats 5.

Nietzsche donne l’exemple de la musique de Bizet qu’il oppose à la musique de Wagner, dont la musique est critiquée dans cette dernière partie de l’ouvrage, le Cas Wagner.

Le critère essentiel de la valeur est celui de la fécondité : tout ce qui a de la valeur me rend fécond. Je n’ai pas d’autre gratitude, je n’ai pas d’autre preuve de la valeur d’une chose 6.


Le nihilisme n’est pas une doctrine que l’on réfute par des arguments. On ne cherche pas à montrer telle ou telle erreur de raisonnement. Il s’agit de le traiter comme un symptôme : on ne réfute pas le christianisme, on ne réfute pas une maladie des yeux 7. Ou encore les notions d’erreur et de vérité n’ont à ce qu’il me semble, aucun sens en optique 8.


On comprend pourquoi l’ouvrage est sous-titré « Comment philosopher à coup de marteau » :

Il s’agit du marteau du médecin qui tape délicatement le genou de son patient avec un maillet pour voir s’il y a un réflexe sain ou non de la part de celui-ci. Métaphoriquement : cela renvoie à l’idée d’examiner les doctrines philosophiques pour voir si elles sont le fruit d’un esprit sain ou malade.

Philosopher à coup de marteau, c’est tester les idoles ou les faux dieux (les valeurs morales) pour les démasquer en tant que tels. On pourrait aussi dire : il s’agit de sonder délicatement un mur en le tapant pour voir s’il sonne creux.


D’après tout ce qui précède, on comprend alors l’origine de la crise des valeurs qui caractérise la modernité : l’homme moderne représente au point de vue biologique, une contradiction des valeurs, il est assis entre deux chaises, il dit tout d’une haleine oui et non 9.




1 p.152
2 p.161
3 p.162
4 p.163
5 p.190
6 p.191
7 p.234
8 ibid.
9 p.235