photo de Vladimir Jankélévitch

Vladimir Jankélévitch

Philosophie contemporaine

Ce penseur très prolifique, auteur de plusieurs dizaines de livres, fut titulaire d'une chaire à la Sorbonne pendant plus de 30 ans.

Philosophe en marge des grands courants alors à la mode, il finit par être reconnu, par le public et par ses pairs, pour l'originalité de sa pensée et la beauté littéraire de ses écrits.


Bibliographie


Voici les livres incontournables si vous souhaitez mieux comprendre la pensée de cet auteur :


Hansel J., Vladimir Jankélévitch : une philosophie du charme, éditions Manucius, Paris, 2012
Jerphagnon L., Entrevoir et vouloir : Vladimir Jankélévitch , Encre marine, Paris, 2016
Lubrina J.-J., Vladimir Jankélévitch : Les dernières traces du maître, PUF, Paris, 2014
Suarès G., L'éblouissement Jankélévitch, Editions de l'Eclat, Paris, 2013
de Montmollin I., La philosophie de Vladimir Jankélévitch, PUF, Paris, 2000
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Interviews, conférences, émissions de radio... voici 10 vidéos qui vous aideront à mieux comprendre la pensée de Vladimir Jankélévitch.

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Biographie détaillée


Jeunesse


Vladimir Jankélévitch est né en 1903 à Bourges, dans une famille de juifs russes exilés en France pour fuir les persécutions antisémites. Son père, docteur, est traducteur de Schelling, Freud et Hegel.

Il est initié à la musique très tôt par sa sœur et sa tante, ce qui exercera une profonde influence sur sa pensée : plusieurs de ses ouvrages seront consacrés à cet art.

Il fréquente les meilleurs établissements de Paris : lycée Montaigne, puis Louis-le-Grand. A 19 ans, il entre à l’Ecole normale supérieure ; il y reçoit l’enseignement de Léon Brunschvicg, rencontre Bergson, et est reçu premier à l’agrégation de philosophie en 1926.

En 1931, il rédige son premier ouvrage présentant la philosophie de Bergson d’après un angle original, qui lui vaut des remarques élogieuses de ce dernier.


Maturité


Pendant 6 ans, il donne des cours à l’Institut français de Prague. En 1933, il rédige sa thèse consacrée à Schelling, et revient en France enseigner dans le secondaire et en classes préparatoires : à Caen, à Lyon, Besançon, Toulouse et Lille.

Il publie des livres portant sur la morale, tels que L’ironie ou la bonne conscience, ou la musique (Gabriel Fauré et les mélodies), et surtout un article sur l’Ipséité qui constituera le cœur d’un ouvrage majeur qu’il commence à rédiger, le Traité des vertus.

La guerre marque naturellement une rupture : en 1940, il est révoqué de son poste d’enseignant en raison de ses origines juives, vers lesquelles il tourne son attention. Jusqu’à présent, le judaïsme n’était pas pour lui un objet de réflexion. Il s’engage alors dans la Résistance, et continue à écrire, et à enseigner clandestinement à Toulouse, en zone libre. Dans ce contexte sombre, il apprend la mort de ses deux maîtres, Bergson et Brunschvicg.

A la Libération, il organise des concerts et des festivals pour Radio Toulouse, achève en 1946 son Traité des vertus, et donne des cours au Collège philosophique, en plein cœur du Quartier Latin. En 1947, il retrouve son poste d’enseignant à l’Université de Lille et se marie.


Photo de Vladimir Jankélévitch
Photo de V. Jankélévitch

Mais c’est en 1951 que se produit le tournant majeur : il devient titulaire de la chaire de philosophie morale à la Sorbonne.

Paradoxalement, c’est ici que commence sa traversée du désert. En effet, la mode n’est plus au bergsonisme, cher au cœur de Jankélévitch et qui a influencé sa propre pensée, mais à l’existentialisme, Heidegger, le marxisme, etc.

Son enseignement et ses écrits apparaissent donc comme décalés par rapport à l’esprit de l’époque, et la parution de ses nombreux ouvrages ne suscitent pas particulièrement d’intérêt. Mais ceux-ci sont devenus peu à peu des succès d’édition, et au soir de sa vie, on peut dire que Jankélévitch est devenu un philosophe médiatique, régulièrement consulté par les journalistes sur des questions de société.

Pendant 30 ans, jusqu’au soir de sa vie, il rédige donc des ouvrages. Parmi ceux-ci : Philosophie première (1954), Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien (1957), Le Pur et l'Impur (1960), La Musique et l'ineffable (1961), La Mort (1967), L'Irréversible et la nostalgie (1974), Le Paradoxe de la morale (1981), L'imprescriptible (1986), ainsi que plusieurs ouvrages sur des compositeurs, tels que Ravel, Debussy, Liszt, etc.


Fin de vie


En mai 1968, il s’engage au côté des étudiants, dont il comprend la révolte.

Il milite en 1979 pour le maintien de l’enseignement de la philosophie en terminale, alors menacé.

Il meurt en 1985 à Paris. L’importance de son œuvre, aujourd’hui traduite en plusieurs langues, est reconnue internationalement.

Un colloque organisé en 2005 à l’Ecole normale supérieure autour de sa pensée, dans les lieux mêmes où il a étudié, signe sa consécration universitaire.



Principaux ouvrages


Le Traité des vertus (en trois tomes), Flammarion, Paris, 2011
Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-Rien, Seuil, Paris, 1981
L'Imprescriptible, Seuil, Paris, 1996
La musique et l'ineffable, Points, Paris, 2015
Le paradoxe de la morale, Seuil, Paris, 1989
Philosophie première, PUF, Paris, 2011
La Mort, Flammarion, Paris, 2017
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