couverture du livre l'Ethique à Nicomaque d'Aristote


Résumé de : l'Ethique à Nicomaque

L’Ethique à Nicomaque est probablement dédiée au père ou au fils d’Aristote, qui portaient tous deux ce nom. Dans ce traité, celui-ci cherche quel est le souverain bien. Il s’agit du bonheur, mais comment l’atteindre ? Aristote examine les différents genres de vie et nous livre de belles réflexions sur l’amitié et la justice.

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Du même auteur : la Métaphysique  De l'Ame  la Physique  la Poétique

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Aristote éthique nicomaque
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Livre I


Aristote commence par donner sa célèbre définition du bien, comme ce à quoi on tend en toute circonstance1. Toute recherche et toute action, toute science et tout art tend vers son bien propre.

Le bien est donc une fin, et comme il y a différentes actions ou recherches, il y a différentes fins. Par exemple, la santé est la fin de la médecine et la victoire la fin de la stratégie.


Il existe une hiérarchie des sciences : les sciences particulières sont subordonnées à une science maîtresse (ou architectonique). Par exemple, les sciences des chevaux et des armes sont subordonnées à la science militaire.

De même, il y a une hiérarchie des fins : certaines visent d’autres fins, qui visent à leur tour d’autres fins, etc. Mais il doit y avoir une fin suprême car sinon on se perdrait dans l’infini et nos tendances se videraient de leur contenu et deviendraient sans effet.

Puisque le bien est une fin, la fin suprême est le bien suprême. Si nous parvenons à saisir ce qu’il est, nous saurons ce qu’il convient de faire.


Deux questions apparaissent alors : de quelle nature est ce bien ? Et de quelle science relève-t-il ?

Pour Aristote, il relève de la science politique, qui est la science souveraine, puisqu’elle organise toutes les autres, du fait qu’elle détermine quelles seront les sciences qui seront apprises dans la Cité. Le politique ne légifère-t-il pas sur la fin à poursuivre par l’Etat ? Or le bien de l’Etat est supérieur au bien individuel de chaque citoyen : le bien certes est désirable quand il intéresse un individu pris à part, mais son caractère est plus beau et plus divin quand il s’applique à un peuple et à des Etats entiers.

La science qui a pour objet d’étude le bien suprême est donc bien la politique. Et Aristote présente l’Ethique à Nicomaque comme un traité de politique.


Cette science n’est pourtant pas caractérisée par un degré de certitude absolu. En effet, il faut se rendre compte qu’on ne trouve pas dans les différentes disciplines le même degré de précision : Le beau et le juste comportent des divergences d’interprétation très vastes et si susceptibles d’erreurs qu’ils ne paraissent avoir d’être que par la loi et non par un effet de la nature.

Aristote prend l’exemple de la richesse, pour montrer l’ampleur de telles divergences : la richesse peut sauver la vie d’un homme, mais peut aussi provoquer la mort d’un autre. Ce type de situation rend très problématique la formulation de vérités absolues.

On se contentera donc de vérités générales, valides dans la plupart des cas : quand on ne parle que de faits et de conséquences généraux, les conclusions ne peuvent être que générales.

Savoir identifier le degré de précision attendu d’une science est le signe d’un homme raffiné. Il serait maladroit d’attendre d’un mathématicien des raisonnements probables et d’un rhéteur des démonstrations scientifiques


Après avoir décrit l’objet, et le degré de certitude de cette science, Aristote cherche à identifier son public : il s’agit des personnes matures, car il faut avoir eu une certaine expérience de la vie pour s’intéresser à cette science, qui porte sur la vie. D’autre part, il faudra mettre en pratique ses conclusions (le but de la politique est non pas a connaissance pure, mais la pratique, or le jeune homme est mené par ses passions, et ne peut proposer qu’une écoute théorique, qui ne peut se traduire en application pratique.


On en arrive donc à la question essentielle : quel est ce bien suprême, qui est objet de la politique ?

En fait, il est connu de tous, et estimé en tant que tel : il s’agit du bonheur. Mais si chacun s’accorde sur son nom, beaucoup sont en désaccord sur ce qu’il représente : qu’est-ce qui rend heureux ? Sur la nature même du bonheur, on ne s’entend plus.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0