vie et oeuvre de Hegel

Hegel

Philosophie contemporaine

Hegel est un philosophe allemand du 19ème siècle (1770-1831). Il naît à Stuttgart et est élève au séminaire de Tübingen où il se lie d’amitié avec Hölderlin et Schelling. Il devient précepteur à Berne, Francfort puis enseigne à l’université de Iéna. Il rédige la Phénoménologie de l’Esprit. Titulaire d’une chaire à l’université de Heidelberg puis de Berlin, sa renommée grandit, au fur et à mesure que paraissent d’autres ouvrages comme ses Principes de la Philosophie du droit.

Les oeuvres de Hegel résumées sur ce site


la Phénoménologie de Hegel

la Phénoménologie de l'esprit

Cet ouvrage présente les figures successives que prend l'esprit dans son auto-déploiement vers le savoir absolu : certitude sensible, perception, entendement... et le processus dialectique qui mène d'une figure à l'autre.

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l'Esthétique de Hegel

l'Esthétique

Hegel définit ici l'esthétique comme la science du Beau, et particulièrement du beau produit par l'Art, et distingue les trois sortes d'art, comme autant de moments de l'Esprit.

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Actualités concernant cet auteur


16/09/15 :    REVUES - Présentation de l'ouvrage Penser l’utilité avec Hegel et Heidegger, de Christophe Premat, paru aux éditions Demopolis. En savoir +


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couverture du livre

Hegel - la religion et le politique

François Palacio

Quelle est la réponse hégélienne au problème théologico-politique ?

Voici la problématique à laquelle s'attelle ce jeune professeur de philosophie, qui enseigne en terminale dans un lycée de Perpignan. Voir



Bibliographie


Voici les livres incontournables si vous souhaitez mieux comprendre la pensée de cet auteur :



Longueness B., Hegel et la critique de la métaphysique, Vrin, Paris, 2015
Marquet J.F., Leçons sur la Phénoménologie de l'Esprit de Hegel, Ellipses, Paris, 2009
Lebrun G., l’Envers de la dialectique, Seuil, Paris, 2004
Collectif, La phénoménologie de l'esprit à plusieurs voix, Ellipses, Paris, 2008
Malabou C., L'avenir de Hegel : Plasticité, temporalité, dialectique, Vrin, Paris, 2000
Fleischmann E., La Philosophie politique de Hegel, Gallimard, Paris, 1992
... + d'auteurs



Biographie détaillée : vie de Hegel


Jeunesse


Hegel naît à Stuttgart, dans le sud de l’Allemagne, en 1770. Son père est fonctionnaire à la cour des Comptes.

Il étudie au Gymnasium de sa ville ; élève brillant, il est capable de réciter des déclinaisons latines dès cinq ans. Il reçoit en cadeau un livre de Shakespeare de la part d’un de ses professeurs à huit ans, et apprend les règles du syllogisme à onze ans. Il apprécie les tragédies grecques, l’astronomie ou la physique.


A dix-huit ans, Hegel pense devenir théologien. Il se rend à Tübingen pour suivre l’enseignement du Séminaire (le Stift). Il approfondit ses connaissances en philosophie, physique, mathématique…

En 1790 il obtient une maîtrise de philosophie. Il est alors en mesure de s’inscrire à la faculté de théologie, mais ne s’intéresse finalement que médiocrement à l’enseignement qu’il reçoit, consacré pour l’essentiel à l’apprentissage des dogmes chrétiens. L’organisation disciplinaire de la vie au Stift se révèle également pesante.

De ce fait, il perd son assiduité au travail, et préfère discuter et plaisanter avec deux autres étudiants du Séminaire, encore inconnus, Hölderlin et Schelling. L’un deviendra poète, l’autre philosophe, et tous les deux marqueront leur époque, tout comme Hegel.

Enthousiasmés par la Révolution française dont ils entendent les lointains échos, ils plantent un arbre de la Liberté, comme cela se fait à Paris, en cette période de soulèvement.

Passionnés à la fois par l’Antiquité grecque et les idées révolutionnaires, les trois amis chantent la Marseillaise et vénèrent Rousseau.

C’est là, semble-t-il, sa première phase philosophique : il est inspiré par l’Aufklârung (les Lumières allemandes), croit aux vertus du moralisme kantien, et adhère aux idées de Fichte.


Le précepteur


Après avoir achevé ses études à Tübingen, Hegel abandonne son intention de devenir théologien, et embrasse le métier de précepteur.

En 1793, il part à Berne, en Suisse, où il s’occupe de l’éducation de deux enfants. Il y restera quatre ans.

Il profite de cette première expérience pour dévorer les nombreux livres de la bibliothèque de la famille qui l’emploie, les Steiger. Il suit l’évolution des idées de Kant, Fichte, Schiller.

Il consacre ses réflexions à la philosophie religieuse et rédige ses premiers ouvrages, comme une Vie de Jésus, dont il reste quelques fragments posthumes.

On pense que c’est là la seconde phase de son parcours spirituel : rejetant le moralisme kantien abstrait, et par-delà, l’Aufklärung, il considère que la religion dépasse cette abstraction et ces contradictions. Il rejoint donc Schelling et le romantisme dans leur opposition aux Lumières.

Il voyage dans les montagnes aux alentours, mais reste à peu près indifférent au spectacle de la nature ; il s’intéresse plus aux activités humaines, à la culture.


Il se plaint de son isolement en Suisse, et Hölderlin, sensible aux plaintes de son ami, lui trouve un emploi de précepteur en Allemagne, à Francfort.

En 1797, Hegel prend donc ses nouvelles fonctions. Hölderlin occupe la même charge dans une autre famille de Francfort, et les liens entre les deux amis se renforcent.

Il commence à rédige des articles portant sur le christianisme ou l’économie.

En 1799, son père meurt, et l’héritage touché par Hegel lui permet de quitter ses fonctions de précepteur, et d’être indépendant financièrement. Il se rend à Iéna, pour donner en tant que professeur particulier (Privatdozent) des cours à l’université. Il est rémunéré par ses élèves, et non par l’Université.


Le professeur de Iéna

la statue de Hegel en Allemagne à Berlin
La statue de Hegel à Berlin

Il défend dans un ouvrage la pensée de son ami Schelling contre celle de Fichte, ce qui le fait connaître. Schelling étant professeur à l’université de Iéna, il devient son assistant, et ils partagent le même logement.

C’est là ce qu’on pourrait appeler sa période Schellingienne : fidèle disciple, il se borne à défendre la Naturphilosophie de son maître contre les critiques.

Pour autant, il s’éloigne peu à peu des idées de celui-ci.


Le troisième moment de son itinéraire philosophique se dessine alors : entre le moralisme abstrait et le sentiment indéterminé de la foi, il faut chercher une conciliation. La vérité est dans la synthèse des opposés, une synthèse qui conserve les termes opposés tout en les dépassant : la dialectique.

Sa pensée ayant trouvé à présent sa propre consistance, il commence à rédiger la Phénoménologie de l’Esprit.


Il est nommé professeur honoraire, mais connaît des difficultés financières, ayant épuisé son héritage et devant assumer la charge d’un enfant naturel.


C’est l’époque des guerres napoléoniennes. L’Empereur, admiré par Hegel, s’empare de Iéna en 1807, ce qui interrompt l’enseignement universitaire.

Pour subsister, Hegel devient directeur du journal de Bamberg, une ville du sud de l’Allemagne où il habite brièvement. Dans le même temps, il publie la Phénoménologie de l’Esprit.

Il commence à écrire la Logique, et fatigué du journalisme, accepte un poste d’enseignant au lycée de Nuremberg.


Le recteur de Nuremberg


Pendant huit ans, il assure ses fonctions de recteur du Gymnasium de Nuremberg, où il est confronté à des problèmes de gestion. L’établissement accueillant des élèves de 8 à 20 ans, il enseigne aux classes supérieures certaines parties de sa doctrine, sous forme d’une introduction néanmoins difficile à comprendre pour ces jeunes esprits.


Pendant cette période, il publie les trois tomes de la Science de la Logique.

Il se marie, et de cette union naîtront deux fils.


En 1816, on lui confie une chaire à l’Université d’Heidelberg. L’année suivante, il publie l’Encyclopédie des sciences philosophiques.


La chaire de Berlin


Mais deux ans plus tard, on cherche un successeur à Fichte, qui vient de mourir, à l’Université de Berlin. On lui propose de reprendre sa chaire et il accepte cette promotion inespérée. Il occupera cette fonction jusqu’à sa mort, pendant treize ans.

L’accession à cette chaire prestigieuse sort sa pensée de la confidentialité dans laquelle elle était encore confinée. Un large public, de philosophes, juristes, théologiens assistent à ses cours et découvrent ses œuvres.

Au moment où la censure s’intensifie contre les visées démocratiques, Hegel fait publier ses Principes de la philosophie du droit, qui, à la différence de ses précédents ouvrages, remporte un vif succès.


L’objet des cours de Hegel est l’enseignement de son système philosophique, tel qu’il a pu être exposé dans l’Encyclopédie. Ils embrassent à la fois la philosophie du droit, de l’esthétique, de l’histoire, etc.

Les vacances scolaires lui donnent tout le loisir de voyager dans toute l’Europe : en Suisse, aux Pays-Bas, à Vienne, Prague, etc. Il rencontre Goethe à Iéna.

Le philosophe français Victor Cousin, fervent admirateur des oeuvres de Hegel, l’invite à Paris.


Nommé en 1829 recteur de l’Université de Berlin, Hegel atteint là le couronnement de sa carrière universitaire. Il est reconnu, sans discussion, comme le plus grand philosophe allemand de son vivant. Beaucoup d’étudiants, parfois en provenance d’autres pays, viennent assister à ses cours.


Hegel meurt en 1831 à Berlin d’une épidémie de choléra qui ravage l’Europe cette année là. Il est enterré aux côtés de Fichte, selon ses propres volontés.

Après sa mort sont publiés certains écrits de Hegel, tels que l'Esthétique.

Cet ouvrage regroupe en réalité des cours sur l'esthétique qu'il a donné à l'Université de Heidelberg puis de Berlin, et non un ouvrage qui aurait été rédigé par Hegel lui-même.



Principaux ouvrages


Phénoménologie de l'esprit, GF Flammarion, Paris, 2012
La Science de la logique, Vrin, Paris, 2015
Encyclopédie des sciences philosophiques, Vrin, Paris, 2000
Principes de la philosophie du droit, Gallimard, Paris, 1989
Leçons sur l'histoire de la philosophie, Folio, Paris, 2007
La Raison dans l’histoire, Hatier, Paris, 2012
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