photo de Michel Foucault

Michel Foucault

Philosophie contemporaine

Ce travailleur infatigable, d'une érudition impressionnante, titulaire d'une chaire au Collège de France dans les années 70, aimait se présenter comme un historien, plutôt que comme un philosophe.

Associé au mouvement structuraliste, il interroge dans son oeuvre les rapports entre savoir et pouvoir, et exerce une influence considérable dans les sciences humaines.



Commentateurs


couverture du livre

De Canguilhem à Foucault, la force des normes

Pierre Macherey

La notion de norme se trouve au coeur des pensées de Canguilhem et Foucault. Pierre Macherey explore ici les similitudes et les divergences de ces deux penseurs autour de cette notion... En savoir +



Bibliographie


Voici les livres incontournables si vous souhaitez mieux comprendre la pensée de cet auteur :

Deleuze G., Foucault, Les Editions de Minuit, Paris, 2004
Bert JF, Introduction à Michel Foucault , Editions La Découverte, Paris, 2016
Chevallier P., Michel Foucault. Le pouvoir et la bataille, PUF, Paris, 2014
Collectif, Michel Foucault: éthique et vérité , Vrin, Paris, 2013
Potte-Bonneville M., Michel Foucault, l'inquiétude de l'histoire, PUF, Paris, 2004
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Vidéos recommandées


Interviews, conférences, émissions de radio... voici 10 vidéos qui vous aideront à mieux comprendre la pensée de Michel Foucault.

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Biographie détaillée


Jeunesse


Michel Foucault naît en 1926 à Poitiers, dans une famille aisée. Il entretient de mauvais rapports avec son père, chirurgien, qui espère voir son fils poursuivre la même carrière.

Il fait ses études à Poitiers, puis à Paris au collège Stanislas, un établissement privé catholique où il excelle en philosophie, même s’il n’obtient que la moyenne dans cette matière au bac.


En 1946, il est reçu à l’Ecole normale supérieure, après une préparation intensive au lycée Henri IV au cours de laquelle il apparaît à ses condisciples comme un garçon énigmatique, solitaire et parfois agressif. Souffrant de dépression liée à son homosexualité non assumée, il a du mal à supporter la vie en communauté, et cette tendance se confirme à l’ENS : on le retrouve dans une salle la poitrine lacérée de coups de rasoirs, et il poursuit un jour, armé d’un poignard, l’un des autres élèves.

Une brève hospitalisation à Saint-Anne lui donne un premier aperçu de l’institution psychiatrique et du secteur médical. Il développe alors une véritable fascination pour la psychologie, au point qu’il envisage un instant d’abandonner la philosophie pour la médecine. Néanmoins, il reprend ses études, dévore les grands auteurs, en particulier Marx, Freud, Heidegger, Nietzsche…


En même temps qu’il prépare l’agrégation, il obtient une double licence à la Sorbonne, en philosophie mais aussi en psychologie.

Il suit les cours de Merleau-Ponty et se lie d’amitié avec Althusser, qui le convainc de prendre sa carte au PCF, un engagement qui prendra fin dès 1953, lorsque paraîtront les premiers témoignages sur la réalité de l’URSS de l’époque (goulags, etc.).


Maturité


Après un premier échec, il est reçu second à l’agrégation, en 1951. Il enseigne alors la psychologie à l’ENS, et travaille comme psychologue stagiaire à l’hôpital Saint-Anne, ce qui là encore va améliorer sa connaissance du monde médical. Il développe un intérêt pour une problématique autour de laquelle va se construire sa pensée : comment des institutions en apparence neutres peuvent exercer en réalité un pouvoir d’oppression.


Photo de Michel Foucault
Photo de M. Foucault

De 1954 à 1960, il voyage en Suède et en Pologne, travaillant en tant que conseiller culturel. Il finit par rentrer en France, acceptant un poste d’enseignant à l’université de Clermont-Ferrand. Il soutient en 1961 sa thèse Folie et déraison : histoire de la folie à l'âge classique, qui suscite l’intérêt.

Il poursuit cette exploration du monde médical et publie en 1963 Naissance de la clinique : une archéologie du regard médical. Il suit son compagnon en Tunisie, où ce dernier est affecté, et enseigne à l’université de Tunis.


Mais c’est en 1966, avec la parution de Les Mots et les choses qu’il acquiert une grande popularité. Il est rattaché à un courant de pensée qui connaît un vif engouement à cette époque : le structuralisme. Mais il prend rapidement ses distances avec cette étiquette, trop réductrice à son goût.

En 1969, il publie L’Archéologie du savoir, un ouvrage dans lequel il revient sur ses travaux précédents, pour essayer d’en expliquer la démarche.

Il est élu au Collège de France, ce qui correspond, sur le plan académique, à une véritable consécration.

Son engagement se renforce, à l’extrême-gauche : il noue des liens avec le mouvement de la Gauche prolétarienne. Il fonde le Groupe d’information sur les prisons, qui milite pour une amélioration des conditions de vie des détenus.

Tout cela lui fournit de la matière pour son livre Surveiller et punir, qui paraît quelques années après, en 1975.


Vieillesse


Pendant les années 70, Foucault dispense des cours au Collège de France, au cours desquels il étudie en particulier la notion de « biopolitique », cette forme spécifique de pouvoir qui porte non plus sur des territoires mais sur la vie des individus elle-même.

Sur le plan politique, il s’éloigne de la gauche, en raison de son anti-totalitarisme ; néanmoins, il apporte un soutien enthousiaste à la révolution islamique d’Iran, ce qui lui vaudra de nombreuses critiques.

Il va donner de nombreuses conférences à l’Université de Berkeley, en Californie.

Son projet principal, dans les dernières années de sa vie, reste l’écriture de l’Histoire de la sexualité, dans laquelle il finit par s’intéresser à une notion jusque là négligée, celle de sujet.

Il meurt d’une maladie liée au sida en 1984, à Paris.



Principaux ouvrages


Histoire de la folie à l'âge classique, Gallimard, Paris, 1976
Les Mots et les choses, Gallimard, Paris, 1990
L'archéologie du savoir, Gallimard, Paris, 2008
Surveiller et punir, Gallimard, Paris, 1993
Histoire de la sexualité, Gallimard, Paris, 1994
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