couverture du livre les Règles pour la direction de l'esprit de Descartes


Résumé de : Règles pour la direction de l'Esprit

Les Règles pour la direction de l’esprit (Regulae) sont un ouvrage de jeunesse de Descartes, qu’il a retravaillé tout au long de sa vie, et qui n’est paru qu’à titre posthume.

Texte inachevé, il contient en germe des éléments fondateurs de la pensée de Descartes : la recherche d’une méthode pour trouver des vérités certaines, le modèle arithmético-géométrique, etc.

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Du même auteur : Méditations métaphysiques  Les passions de l'âme

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Descartes règles
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Pourquoi l’arithmétique et la géométrie sont-elles bien plus certaines que toutes les autres disciplines1 ?


C’est ici que Descartes se montre rationaliste, par opposition à l’empirisme que l’on trouvera un peu plus tard chez Locke.

Pour lui, cela vient du fait qu’ elles seules traitent d’un objet si pur et si simple qu'elles n’admettent alors absolument rien que l’expérience ait rendu incertain, et qu’elles consistent toutes entières à tirer des conséquences par voie de déduction rationnelle.

Alors que pour l’empirisme, l’expérience est source de vérité puisqu’elle représente l’origine de nos connaissances, pour le rationalisme, elle est source d’erreurs (en témoigne l’exemple du bâton qui plongé dans l’eau paraît brisé), et c’est la Raison, seule, qui nous permet d’atteindre la vérité.


Le primat que Descartes donne à ces deux sciences est tout de même limité : il ne faut pas en conclure qu’on ne doive étudier que l’arithmétique et la géométrie, mais qu’il ne faut s’occuper que d’objets à propos desquels on puisse obtenir une certitude égale aux démonstrations de l’arithmétique et de la géométrie.

Ce modèle n’ « invalide » donc pas les autres disciplines, mais constitue un véritable paradigme, à suivre pour qu’une discipline devienne une véritable science.


Dans la règle III, Descartes définit l’intuition et la déduction comme les deux facultés susceptibles de fournir une vérité certaine, en rejetant l’autorité : il faut rechercher [uniquement] ce dont nous pouvons avoir une intuition claire et évidente, ou ce que nous pouvons déduire avec certitude ; car ce n’est pas autrement qu’on acquiert la science.

La lecture des ouvrages des Anciens peut être certes utile, mais il faut se souvenir qu’ils peuvent contenir des erreurs, et ne pas les prendre pour vérité établie. Descartes critique ici l’enseignement scolastique, qu’il avait reçu en tant qu’étudiant, qui professe comme vérités d’évangile les idées d’Aristote. On sait en effet que lors des joutes oratoires auxquelles on se livre dans ces écoles, l’argument d’autorité « Aristoteles dixit » (c’est vrai puisqu’Aristote l’a dit) était parfois employé.

Ce type d’enseignement relève plutôt de l’histoire que des sciences proprement dites.

L’origine de toutes nos erreurs est de mélanger le certain et le probable : nous sommes avertis qu’il ne faut jamais mêler une seule conjecture à nos jugements portant sur la vérité des choses. C’est de là également que naissent les controverses et les disputes.


Si l’on ne peut trouver dans les livres et dans l’enseignement des vérités certaines, comment procéder ? En pensant par nous-mêmes. Nous avons en effet deux facultés, ou plutôt deux actes de notre entendement, par lesquels nous pouvons parvenir à la connaissance des choses sans aucune crainte d’erreur: l’intuition et la déduction.


L’intuition n’est naturellement pas à prendre au sens auquel on l’entend habituellement, celui que l’on trouve par exemple dans l’expression « intuition féminine », c’est-à-dire un pressentiment quasi magique d’un événement à venir.

Descartes la définit comme une représentation si facile et si distincte qu’il n’en subsiste aucun doute sur ce que l’on y comprend, qui naît de la seule lumière de la raison.

Rien d’irrationnel donc dans l’intuition cartésienne. Descartes en donne plusieurs exemples : chacun peut voir par intuition qu’il existe, qu’il pense, que le triangle est délimité par trois lignes seulement, une sphère par une seule surface, etc.

Alors que l’intuition en notre sens moderne est une sorte de don qui n’appartient qu’à certains privilégiés, l’intuition cartésienne est possédée par tout le monde.


Elle est malheureusement souvent dédaignée, parce que les vérités qu’elle révèle sont simples. Mais on a bien tort, puisqu’elle se retrouve également au cœur du second « acte de l’entendement » qui permet de découvrir des vérités complexes : la déduction.

Les différentes étapes d’une déduction doivent en effet être validées l’une après l’autre par l’esprit qui opère celle-ci. C’est par intuition qu’il saisit la vérité de chacune de ces étapes, ainsi que celle du passage de l’une à l’autre.




1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0