couverture du livre les Règles pour la direction de l'esprit de Descartes


Résumé de : Règles pour la direction de l'Esprit

Les Règles pour la direction de l’esprit (Regulae) sont un ouvrage de jeunesse de Descartes, qu’il a retravaillé tout au long de sa vie, et qui n’est paru qu’à titre posthume.

Texte inachevé, il contient en germe des éléments fondateurs de la pensée de Descartes : la recherche d’une méthode pour trouver des vérités certaines, le modèle arithmético-géométrique, etc.

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Du même auteur : Méditations métaphysiques  Les passions de l'âme

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Descartes règles
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Descartes énonce dans cet ouvrage les différentes règles d’une méthode universelle permettant d’orienter la pensée lorsque celle-ci cherche à atteindre la vérité.


Règle 1 : il faut chercher à énoncer des jugements solides et vrais sur tout ce qui se présente à [l’esprit] 1.


Cette première règle est l’occasion pour Descartes de développer une idée importante : il ne faut pas adopter en science le principe de spécialisation, à savoir étudier une seule science.

Le principe de spécialisation est nécessaire dans l’art : on ne devient un maître (par exemple, un virtuose au violon), que si l’on ne se consacre qu’à l’objet de son art : ce ne sont pas les mains d’un même homme qui peuvent s’accoutumer à cultiver les champs et à jouer de la cithare.

Pour atteindre la vérité au contraire, il ne faut pas se spécialiser en une seule science. Descartes développe ici une critique de l’éparpillement des sciences –en cours à son époque, comme à la nôtre d’ailleurs- qu’il faudrait en fait réinscrire au sein d’une science une.


L’unité des sciences vient de leur point commun essentiel : toutes les sciences ne sont rien d’autre que l’humaine sagesse, qui demeure toujours une et identique à elle-même, quelque différente que soient les objets auxquels elle s’applique, et qui ne reçoit pas d’eux plus de diversité que n’en reçoit la lumière du soleil de la variété des choses qu’elle éclaire.

L’unité est donc cette sagesse universelle, que Descartes appelle aussi le bon sens.

L’homme a cru bon de se limiter pour découvrir des vérités en se spécialisant dans telle ou telle discipline, alors qu’au contraire, chaque vérité découverte nous aide à en découvrir d’autres, dans d’autres domaines.


Le but de l’étude doit être cette fin générale (la sagesse universelle), plutôt que telle ou telle fin particulière. L’utilité ou le bonheur sont des exemples de fins particulières que visent certaines sciences, à tort. Il ne faut pas étudier les sciences dans le but d’améliorer l’existence humaine.

Cela nous ferait, si nous ne cherchions que cela, omettre bien des choses nécessaires pour parvenir à d’autres connaissances, parce qu’elles apparaissent de prime abord dépourvues d’intérêt ou d’utilité. Ainsi par exemple, nous n’étudierions pas ce qui peut se passer dans telle ou telle galaxie si éloignée que nous ne pourrons jamais nous y rendre, parce que c’est là quelque chose d’inutile à l’homme.

Alors que faut-il faire ? Il faut au contraire se persuader que toutes les sciences ont entre elles un enchaînement si étroit qu’il est bien plus facile de les apprendre toutes ensemble que d’en séparer une seule de toutes les autres.

Il faut également songer à développer la lumière naturelle de [notre]raison . Cela nous permettra de progresser bien plus vite que ceux qui s’appliquent à des sciences particulières.



Règle 2 : Il ne faut s’occuper que des objets dont notre esprit paraît pouvoir atteindre une connaissance certaine et indubitable.


Il faut éviter le douteux, le probable, l’incertain. Cette exigence, que l’on retrouve encore dans les Méditations Métaphysiques, est fondamentale chez Descartes. Si l’on introduit le douteux dans nos raisonnements en acceptant des arguments simplement probables, alors l’espérance d’étendre notre savoir n’est pas si grand que le risque de l’amoindrir.

Il faut au contraire chercher le certain, l’évident, le nécessaire, et en s’élevant ainsi de propositions certaines en propositions certaines, découvrir des vérités indubitables.

Mais les connaissances certaines ne sont-elles pas très rares ? En fait, elles sont bien plus nombreuses qu’on ne le pense et suffisent à démontrer rigoureusement d’innombrables propositions, sur lesquelles ils n’ont pu énoncer jusqu’à présent rien de mieux que des probabilités.


Pourtant, il semble qu’aucune idée ne fasse l’objet d’un consensus de la part de la communauté scientifique, et qu’aucune idée ne puisse être présentée comme une vérité universelle indubitable.

En fait, il existe un domaine dans lequel un tel assentiment universel existe (du moins à l’époque de Descartes) : il s’agit de l’arithmétique et de la géométrie. Celles-ci vont constituer une sorte de modèle : l’esprit doit s’efforcer de parvenir à l’humaine sagesse, en adoptant les mêmes procédés et la même exigence de certitude qu’on trouve en mathématique.




1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0