portrait de Hume

Hume

Philosophie moderne

David Hume est l'un des figures illustres de l'empirisme moderne.
Son ouvrage principal, le Traité de la nature humaine exerça une profonde influence sur Kant et la philosophie analytique. Sa critique de la notion de causalité et de l'identité du Moi en fait également un des plus éminents représentants du scepticisme moderne.
Sa vaste pensée embrasse des domaines aussi divers que l'épistémologie, l'esthétique, la morale et la politique.


Bibliographie


Voici les livres incontournables si vous souhaitez mieux comprendre la pensée de cet auteur :



Malherbe M., La philosophie empiriste de David Hume, Vrin, Paris, 2002
Saläun F., Hume : L'Identité personnelle, PUF, Paris, 2003
Malherbe M., Qu'est-ce que la causalité ?, Vrin, Paris, 2002
Bouveresse-Quilliot R., L'empirisme anglais, PUF, Paris, 1998
Michaud Y., Hume et la Fin de la philosophie, PUF, Paris, 1999
Gautier C., Hume et les savoirs de l'histoire, Vrin, Paris, 2006
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Biographie détaillée



Jeunesse : vers la rédaction du Traité


David Hume naît en 1711 à Edimbourg en Ecosse, dans une famille de petite noblesse. Il étudie au collège de la ville pour faire des études de droit, suivant en cela l’exemple de son père avocat, décédé quelques années après sa naissance.

Il lit les poètes latins, les philosophes grecs, en particulier les stoïciens et les sceptiques, et des auteurs modernes comme Descartes ou Locke. Il découvre également la pensée de Newton au contact de ses professeurs, disciples du grand scientifique britannique.


A 23 ans, il traverse une crise spirituelle : il décide, en proie à une vive exaltation, de rejeter la carrière auquel sa famille le destine, pour se consacrer entièrement à la philosophie et de manière plus générale, au savoir.

Il part pour la France où il réside pendant trois ans, à Reims puis dans la Sarthe. Pendant cette période d’intense activité intellectuelle, il rédige son ouvrage fondamental, le Traité de la nature humaine. Ce chef d’œuvre de l’empirisme anglais, qui exercera une profonde influence sur la philosophie anglo-saxonne, paraît dans l’indifférence générale.

Hume, très affecté par cet échec, décide de ne plus s’exprimer que dans des essais plus courts, plus agréables à lire que cette vaste somme qu’est le Traité, qu’il finira d’ailleurs par renier.


En 1739, Hume rentre en Ecosse. Il commence à nouer des relations avec d’autres savants écossais tels que F. Hutcheson ou A. Smith. Dans un souci de clarté pédagogique, il publie un Abrégé du Traité de la nature humaine, la 3ème partie de l’ouvrage et un appendice.


Maturité : voyage et autres essais


La statue de Hume en Ecosse à Edimbourg
La statue de Hume à Édimbourg en Écosse.

A 30 ans, il rencontre le succès avec la publication de ses Essais moraux et politiques, traitant de sujets aussi divers que la liberté de la presse, les partis de Grande-Bretagne, ou le contrat originel (rejeté comme une fiction).

Mais ce succès naissant lui attire des ennemis : il fait l’objet d’attaques de certains penseurs, l’accusant de scepticisme et d’athéisme, et sa candidature au poste de professeur à l’université d’Edimbourg est refusée, malgré ses dénégations.


En 1746, il quitte l’Ecosse pour l’Autriche et l’Italie : secrétaire du général Saint-Clair, il trouve le temps libre pour rédiger un nouvel ouvrage, l’Enquête sur l’entendement humain, dans lequel il reprend, recompose et développe certaines idées du Traité, mais ne suscite que peu de réactions. Pourtant, quelques dizaines d’années plus tard, Kant dira de ce livre qu’ « il l’a tiré de son sommeil dogmatique ».


A quarante ans, il rejoint Edimbourg et publie ses Discours politiques. Ceux-ci rencontrent un certain succès, (à l’inverse de ses Recherches sur les principes de la morale, parus un an plus tard) et il commence à avoir une certaine réputation dans les milieux savants de Grande-Bretagne.


Il se lance alors dans un nouveau projet qui durera près de dix ans, la rédaction d’une monumentale Histoire d’Angleterre, en 4 volumes, couvrant une chronologie s’étendant des Stuart aux Tudor. Ce travail colossal suscite les critiques des historiens de métier, et c’est une nouvelle déception pour Hume.


Les dernières années : une activité débordante


Il songe à se retirer de la vie publique, mais est nommé à l’Ambassade de France à Paris. C’est le début d’une période exaltante pendant laquelle il rencontre plusieurs penseurs français des Lumières. En particulier Rousseau, avec lequel il finit par se brouiller, en raison du tempérament ombrageux de ce dernier.

Il rentre en Angleterre où il travaille en tant que sous-secrétaire d’Etat, pendant trois ans.

En 1769, il regagne Edimbourg, où il jouit d’une retraite bien méritée jusqu’à sa mort, en 1776. Pendant ses dernières années, il finit de travailler sur certains ouvrages qui ne paraîtront que de manière posthume, comme ses célèbres Dialogues sur la religion naturelle.



Principaux ouvrages


Traité de la nature humaine, GF Flammarion, Paris, 1999
Enquête sur l'entendement humain, le Livre de poche, Paris, 2014
Enquête sur les principes de la morale, GF Flammarion, Paris, 2010
Essais moraux, politiques et littéraires et autres essais, PUF, Paris, 2001
Dialogues sur la religion naturelle, Vrin, Paris, 2005
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