couverture du livre le Manifeste du parti communiste de Marx


Résumé de : le Manifeste du Parti Communiste

Ecrit en 1848, le Manifeste du Parti communiste paraît d’abord anonymement. Marx, qui l’a co-rédigé avec son ami Engels, présente une critique fine du système capitaliste, ainsi que des autres types de socialisme. Il présente ensuite les buts du communisme, et les différents moyens qu’il va mettre en œuvre pour les atteindre : propriété collective, etc.

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Marx manifeste
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Si les prolétaires se révoltent, leur lutte est pour l’instant mal coordonnée, et dirigée vers les moyens de production comme on l’a vu (les ouvriers brisent les machines, mettent le feu aux fabriques…). Mais cela est sur le point de changer, constate Marx au moment où il écrit le Manifeste.


En effet, les prolétaires sont de plus en plus nombreux, donc représentent une force de plus en plus importante, ils deviennent de plus en plus conscients de leur force, l’amélioration des machines rend leur emploi de plus en plus précaire, ils s’organisent (associations, syndicats…) et construisent finalement eux-mêmes les moyens de leur communication (chemins de fer, routes…). Marx relève quelques victoires comme l’instauration du bill de 10h en Angleterre.

La bourgeoisie vit dans un état de guerre permanent, dirigé à la fois contre l’ancienne aristocratie, mais aussi contre les bourgeoisies des pays étrangers -Marx se réfère certainement aux guerres européennes. Or dans ces luttes, elle est obligée de faire appel au prolétariat et de l’armer, mais ce faisant elle fournit aussi des armes contre elle-même1.


Le prolétariat est la seule classe révolutionnaire dans le système capitaliste. Les commerçants, artisans, etc. ne s’opposent pas à la bourgeoisie, ou leur opposition ne se traduira jamais en acte. Tocqueville avait déjà remarqué dans De la Démocratie en Amérique que l’esprit de commerce s’oppose à celui de révolution, les risques étant fuis par tout investisseur ou propriétaire d’un commerce.

Le sous-prolétariat (Lumpenproletariat) : mendiants, criminels, etc. que Marx qualifie de pourriture passive des couches inférieures de la vieille société peut participer à une révolution, mais ses conditions de vie le disposeront plutôt à se vendre et à se livrer à des menées réactionnaires (par exemple intervenir comme briseur de grève à la solde du gouvernement).

Ce qui montre que la révolution est proche, c’est que le prolétaire s’est coupé de toutes les valeurs bourgeoises : les lois, la morale, la religion, sont à ses yeux autant de préjugés bourgeois derrière lesquels se cachent autant d’intérêts bourgeois.


Pour Marx, le passage de la société bourgeoise à une nouvelle société ne peut se faire par des réformes, mais par une révolution : le prolétariat ne peut se mettre debout, se redresser, sans faire sauter toute la superstructure des couches qui constituent la société officielle.

C’est ici que divergent les socialistes (au sens contemporain) des communistes : les premiers privilégient les réformes, les changements lents et progressifs ; les seconds la révolution, incluant donc une certaine forme de violence.


Il est à noter ce point fondamental que Marx ne condamne pas la société bourgeoise d’un point de vue moral, du fait par exemple qu’elle serait injuste. Il ne dit pas : il faudrait passer à une autre forme de société car ce serait mieux.

Il la condamne d’un point de vue logique, ou historique, ou encore du point de vue du fait et non du droit. De fait, cette société bourgeoise va disparaître, car elle est prise dans une contradiction (ou plusieurs contradictions) qui l’empêchent de subsister.

Nous venons de voir certaines de ces contradictions (par exemple, la fuite en avant pour résoudre les problèmes de surproduction).

Marx résume cette contradiction, incluse au cœur de la société capitaliste, qui fait qu’elle va elle-même déboucher sur autre chose de la manière suivante : alors que la féodalité assurait du moins l’existence des serfs, le mouvement bourgeois est contraire : il va vers l’appauvrissement rapide des prolétaires. La bourgeoisie est incapable de régner parce qu’elle est incapable d’assurer l’existence de son esclave dans le cadre de son esclavage. La bourgeoisie produit avant tout ses propres fossoyeurs. La chute et la victoire du prolétariat sont également inévitables.


Dans cette optique, le parti communiste n’a pour objectif que d’aider le prolétariat à s’organiser pour précipiter cette chute. Le moment est venu pour Marx et Engels de présenter le parti communiste ; c’est cette partie qui légitime le titre de l’ouvrage Manifeste du parti communiste.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0