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drapeau anglais couverture du livre de l'Ame d'Aristote

Résumé du traité De l'âme (page 4)

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Livre III

Aristote ne croit pas en un sixième sens, en plus de ceux qu’il vient d’énumérer (vue, ouïe, odorat, goût, toucher).

L’intelligence se distingue de la sensation, sinon il n’y aurait pas d’erreurs. La première n’appartient qu’à un petit nombre d’animaux, tandis que la seconde appartient à tous.

L’imagination est la faculté en vertu de laquelle nous disons qu’une image se produit en nous 1.

Elle ne peut exister sans la sensation. En revanche, ce sont deux facultés différentes puisque les sensations sont toujours vraies, tandis que les images sont, la plupart du temps, fausses. Elles apparaissent, en outre, même les yeux fermés.


Mais l’imagination nous abuse souvent :

En raison de la persistance des images et de la ressemblance qu’elles accusent avec les sensations, les animaux accomplissent beaucoup d’actions sous leur influence, les uns parce qu’ils ne possèdent pas l’intelligence — ce sont les bêtes — ; les autres, parce que leur intelligence est quelquefois obscurcie par la passion, les maladies ou le sommeil : c’est le cas des hommes.


Aristote examine à présent l’intellect. Il s’agit de ce par quoi l’âme pense et conçoit.

De même que la sensation pâtit du sensible, l’intellect pâtit sous l’action de l’intelligible. Ou encore : L’intellect se comporte par rapport aux intelligibles de la même façon que la faculté sensitive envers les sensibles.

Lorsque l’on comprend quelque chose, l’intellect devient ce qu’il comprend. On devient savant lorsque l’intellect est devenu chacun des intelligibles.

Par suite, pensant toutes choses, l’intellect doit être sans mélange. Ce réceptacle qu’est l’intellect doit être sans aucune forme pour recevoir parfaitement les formes sensibles.


De même que la sensation, l’intellect n’a pas d’autre nature propre que celle d’être en puissance, et il n’est en acte aucune réalité avant de penser.

Il n’est donc en aucune façon mêlé au corps ; sinon, il aurait une qualité déterminée (froid ou chaud, etc.), et serait en acte.

Ainsi, la faculté sensible n’existe pas indépendamment du corps, tandis que l’intellect en est séparé.


Aristote distingue l'intellect patient et l'intellect agent.

L’intellect patient est celui qui vient d’être décrit, et qui devient tous les intelligibles dans l’acte d’intellection.

L’intellect agent, lui, est la cause efficiente de ces intelligibles. Il est en acte, séparé du corps. Il est impassible et sans mélange, étant par essence un acte. L’intellect agent est supérieur à l’intellect patient, car toujours l’agent est d’une dignité supérieure au patient. Il pense toujours.


La faculté dianoétique a pour objet non plus le plaisir ou la souffrance, mais le bien et le mal. Aristote examine la possibilité d’un intellect pratique, qui, à la différence de l’intellect théorétique, ne pense pas des choses séparées.

Il rappelle le principe selon lequel l’âme est, en un sens, les êtres mêmes car la science est en un sens identique à son objet, comme la sensation, identique au sensible. On voit qu’Aristote continue à accorder un certain crédit à l’idée selon laquelle seul le semblable peut connaître le semblable.

Il fait une analogie avec la main :

L’âme est analogue à la main : de même, en effet, que la main est un instrument d’instruments, ainsi l’intellect est forme des formes et le sens, forme des sensibles.


C’est le désirable qui meut l’homme.

On trouve ici formulée la célèbre idée selon laquelle la nature ne fait rien en vain. En effet toutes les choses naturelles sont en vue d’une fin.


1 Les références exactes des citations sont disponibles dans le livre Philosophie 2.0