couverture du livre de l'Ame d'Aristote

Résumé : de l'Ame

De l’âme est un traité d’Aristote qui représente l’un des premiers ouvrages de psychologie et de théorie de la connaissance.

Qu’est-ce que l’âme ? Est-elle immortelle ? Quels sont ses rapports avec le corps ?

Aristote commence par exposer de manière critique les théories de ses prédécesseurs, des présocratiques à Platon, puis propose ses propres conceptions.



Du même auteur : la Métaphysique   l'Ethique à Nicomaque   la Physique   la Poétique

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Aristote de l'ame
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Livre III


Aristote ne croit pas en un 6ème sens, en plus de ceux qu’il vient d’énumérer (vue, ouïe, odorat, goût, toucher).

L’intelligence se distingue de la sensation sinon, il n’y aurait pas d’erreurs. La première n’appartient qu’à un petit nombre d’animaux, tandis que la seconde appartient à tous.

L’imagination est la faculté en vertu de laquelle nous disons qu’une image se produit en nous 1.

Elle ne peut exister sans la sensation. En revanche, ce sont deux facultés différentes puisque les sensations sont toujours vraies, tandis que les images sont, la plupart du temps, fausses 2. Elles apparaissent en outre même les yeux fermés.


Mais l’imagination nous abuse souvent : en raison de la persistance des images et de la ressemblance qu’elles accusent avec les sensations, les animaux accomplissent beaucoup d’actions sous leur influence, les uns parce qu’ils ne possèdent pas l’intelligence, -ce sont les bêtes-, les autres, parce que leur intelligence est quelque fois obscurcie par la passion, ou les maladies, ou le sommeil : c’est le cas des hommes 3.


Aristote examine à présent l’intellect. Il s’agit de ce par quoi l’âme pense et conçoit 4.

De même que la sensation pâtit du sensible, l’intellect pâtit sous l’action de l’intelligible 5. Ou encore : l’intellect se comporte par rapport aux intelligibles de la même façon que la faculté sensitive envers les sensibles 6.

Lorsque l’on comprend quelque chose, l’intellect devient ce qu’il comprend. On devient savant lorsque l’intellect est devenu chacun des intelligibles 7.

Par suite, pensant toutes choses, l’intellect doit être sans mélange 8. Ce réceptacle qu’est l’intellect doit être sans aucune forme pour recevoir parfaitement les formes sensibles.


De même que la sensation, l’intellect n’a pas d’autre nature propre que celle d’être en puissance et il n’est en acte aucune réalité avant de penser 9.

Il n’est donc en aucune façon mêlé au corps, sinon il aurait une qualité déterminée (froid ou chaud, etc), et serait en acte.

Ainsi la faculté sensible n’existe pas indépendamment du corps, tandis que l’intellect en est séparé 10.


Aristote distingue intellect patient et intellect agent.

L’intellect patient est celui qui vient d’être décrit, et qui devient tous les intelligibles dans l’acte d’intellection. L’intellect agent lui est la cause efficiente de ces intelligibles.

Il est lui en acte, séparé du corps. Il est impassible et sans mélange, étant par essence un acte. L’intellect agent est supérieur à l’intellect patient, car toujours l’agent est d’une dignité supérieure au patient 11. Il pense toujours.


La faculté dianoétique a pour objet non plus le plaisir ou la souffrance mais le bien et le mal. Aristote examine la possibilité d’un intellect pratique, qui à la différence de l’intellect théorétique, ne pense pas des choses séparées.

Il rappelle le principe selon lequel l’âme est en un sens les êtres mêmes car la science est en un sens identique à son objet, comme la sensation, identique au sensible 12. On voit qu’Aristote continue à accorder un certain crédit à l’idée selon laquelle seul le semblable peut connaître le semblable.

Il fait une analogie avec la main : l’âme est analogue à la main : de même en effet que la main est un instrument d’instruments, ainsi l’intellect est forme des formes et le sens, forme des sensibles 13.


C’est le désirable qui meut l’homme.

On trouve ici formulée la célèbre idée selon laquelle la nature ne fait rien en vain 14. En effet toutes les choses naturelles sont en vue d’une fin 15.




1 II,3, 428a, p.167
2 ibid., p.168
3 III,3, 429a, p.173
4 III, 4, 429a, p.175
5 ibid., p.174
6 ibid.
7 III, 4, 429b, p.176
8 III,4, 429a, p.174
9 ibid, p.174-175
10 ibid., 429b, p.176
11 III,5, 430a, p.182
12 III,8, 431b, p.196
13 ibid., 432a, p.197
14 III,12, 434a, p.211
15 ibid, p.212