couverture du livre la Physique d'Aristote

Résumé de : la Physique

La Physique est un ouvrage d’Aristote consacré à l’étude de la nature. Considéré par Heidegger comme « le livre fondamental de la philosophie occidentale », on y trouve la célèbre distinction des quatre types de cause, une réflexion sur la nature du hasard, du mouvement, de l’infini… C’est ici qu’est énoncé le fameux paradoxe du temps.

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Du même auteur : l'Ethique à Nicomaque  De l'Ame  la Métaphysique  la Poétique

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aristote physique
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Il montre, par une analyse du devenir, que ces principes sont les contraires (la forme, ou spécificité, et la privation), ainsi que la substance (le substrat) qui passe d’un de ces contraires à l’autre dans le devenir.


Cette analyse permet de lever l’argument de Parménide qui essaie de montrer l’impossibilité du devenir : le changement ne peut venir de l’être (car il est déjà) ni du non-être (car rien ne naît de rien).


Livre II


Aristote distingue deux types d’étants : les étants naturels, et les étants produits par l’homme (technê).

Si les premiers paraissent posséder en eux-mêmes un principe de mouvement et de stabilité, ce n’est pas le cas des seconds : un lit, un manteau, dans la mesure où ils sont produits par l’art, n’ont aucune tendance innée au changement1.


Il est inutile de chercher à démontrer, contre les sceptiques, l’existence de la nature car il est manifeste que nombreux sont les étants de cette sorte.

Il est d’autant plus absurde de chercher à le démontrer par un raisonnement car montrer les choses manifestes à partir de choses obscures est le fait d’un homme incapable de distinguer ce qui est connaissable par soi et ce qui n’est pas connaissable par soi.


En un premier sens, la nature d’une chose, ce qui est naturel en elle, c’est la matière. Mais c’est également la forme (ou spécificité) : la nature se dit de deux façons, au sens de spécificité et de matière.


Le mathématicien, remarque-t-il, se différencie du physicien, en ce que le premier sépare les accidents pourtant liés dans la chose, sans que cela entraîne de différences et sans qu’il résulte aucune erreur de cette séparation.

Les platoniciens (les partisans des Idées) font de même : ils séparent les étants naturels, qui sont moins séparables que les étants mathématiques. C’est là le problème de Platon : il abstrait là où on ne peut abstraire. Seule l’abstraction mathématique est correcte : l’impair, le pair, existeront sans mouvement, mais pas la chair, l’os et l’homme.


Il faut étudier la nature comme on étudierait la « camusité » du nez (un nez camus est un nez court et aplati) : les choses de cette sorte n’existent ni sans matière, ni selon la matière, et non comme on étudierait le « courbe ».

Puisqu’il y a deux natures (comme forme et comme matière), est-ce donc à la même science ou à deux différentes qu’il appartient de connaître chacune ?. La réponse est simple : puisqu’il appartient à la même science de connaître la spécificité et la matière jusqu’à un certain point (la santé, et la bile et le phlegme dans lesquels se trouve la santé), alors il doit appartenir à la physique de connaître les deux natures.

Il y a donc une seule science de la nature, la physique.


La physique recherche les causes des choses, en effet elle cherche à expliquer le monde, or nous n’estimons pas connaître chaque chose avant d’avoir saisi pour chacune le pourquoi (c’est-à-dire saisi la cause première).

Aristote rappelle les quatre types de causes : la cause comme matière, comme forme, comme principe de mouvement et comme fin.


Le hasard peut-il être une cause ? Il expose l’idée de ceux qui le nient et qui pensent que rien n’arrive par hasard. On trouverait en effet toujours une cause cachée expliquant ce qui semble se produire par hasard.

Pour Aristote, le hasard ne peut être cause de ce qui arrive fréquemment, ou nécessairement. Mais le hasard doit exister, pour expliquer les choses qui arrivent rarement.

Enfin, de même qu’il faut distinguer les étants par soi et par accident (c’est là le fameux couple aristotélicien substance/accident), il y a aussi la cause par soi, et la cause par accident. Le hasard en est une : le hasard est une cause par accident dans les choses qui adviennent en vue d’une fin.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0