couverture du livre les Méditations métaphysiques de Descartes


Résumé de : les Méditations Métaphysiques

Les Méditations métaphysiques sont parues en 1641, en latin. Il s’agit de trouver un fondement certain à la connaissance. Pour cela, Descartes reprend à son compte les différents arguments sceptiques, et soumet à un doute radical toutes les idées qu’il estimait vraies. Il va alors atteindre une certitude absolue, dans l’expérience du célèbre cogito.


Du même auteur : Règles pour la direction de l'esprit  les Passions de l'âme

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Descartes Méditations métaphysiques
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Dans la cinquième Méditation, Descartes propose une nouvelle preuve de l’existence de Dieu.


Ainsi qu’il l’a montré dans la deuxième Méditation, nous avons une idée claire et distincte de l’étendue, des figures, du mouvement, de la durée, de ce que Locke appellera qualité premières. Et toutes les choses que je connais clairement et distinctement sont vraies 1.

Or j’ai une idée claire et distincte de Dieu comme parfait, donc comme existant, puisque ce qui n’existe pas n’est pas parfait. Cette idée claire et distincte de Dieu comme existant prouve son existence.

En fait, il m’est impossible de concevoir Dieu comme n’existant pas : je trouve manifestement que l’existence ne peut non plus être séparée de l’essence de Dieu, […] que de l’idée d’une montagne l’idée d’une vallée 2. Ainsi, de cela seul que je ne puis concevoir Dieu que comme existant, il s’ensuit que l’existence est inséparable de lui, partant qu’il existe véritablement 3 .


Descartes a déduit le moi du cogito, puis Dieu du moi, il va à présent s’efforcer de déduire le monde de Dieu. Si Dieu existe, en tant qu’être parfait, il ne peut nous tromper. Ce qui fait que le monde extérieur est bien réel, et il est possible de le connaître :

La certitude et la vérité de toute science dépend de la seule connaissance du vrai Dieu, en sorte qu’avant que je le connusse, je ne pouvais savoir parfaitement aucune autre chose. A présent que je le connais, j’ai le moyen d’acquérir une science parfaite touchant une infinité de choses, non seulement de celles qui sont en lui, mais aussi de celles qui appartiennent à la nature corporelle4.


La question est à présent : quelles choses du monde peuvent être considérées comme réelles ? Toutes ? On a pourtant vu que les sens nous trompent.

C’est à cette question que Descartes répond dans la sixième Méditation.


Descartes commence par distinguer l’imagination et l’entendement, par son célèbre exemple du chiliogone.

Je peux imaginer un triangle, mais pas un chiliogone (une figure à 1000 côtés). Ou alors l’image que j’aurai à l’esprit ne se distinguera en rien de celle d’un myriogone (une figure à 10 000 côtés). En revanche, je peux concevoir l’idée du chiliogone, saisir le sens de cette idée comme figure à 1000 côtés.

L’imagination est un lien entre le corps et l’esprit, une certaine application de la faculté qui connaît au corps qui lui est intimement présent, et partant qui existe 5.

L’imagination est donc en elle-même une preuve de l’existence de mon corps. L’entendement confirme cette existence, puisque j’ai une idée claire et distincte de mon corps comme chose étendue et qui ne pense point 6.


En ce qui concerne les autres choses corporelles, elles doivent exister, sinon Dieu serait trompeur. Mais elles ne ressemblent pas à ce que les sens nous en révèlent. Ce qui est certain, ce sont ce que Locke appelle les qualités premières : l’étendue, la durée, etc. : au moins faut-il avouer que […] toutes les choses généralement parlant, qui sont comprises dans l’objet de la géométrie spéculative, s’y rencontrent véritablement 7. Les autres qualités (couleurs, lumière, etc.) sont douteuses.

Ce pourquoi on peut à présent rejeter le doute hyperbolique à l’origine de ces méditations comme vain et inutile, pour faire place à un doute plus précis et plus fin.


Descartes est amené à préciser les rapports de l’esprit et de ce corps dont il vient de prouver l’existence.

Il le compare à un pilote en son navire, métaphore restée célèbre.

Il conclut que le corps est comme une machine :

Je considère le corps de l’homme comme étant une machine tellement bâtie et composée d’os, de nerfs, de muscles, qu’encore bien qu’il n’y eût en lui aucun esprit, il ne laisserait pas de se mouvoir en toutes les mêmes façons qu’il fait à présent, […] seulement par la disposition de ses organes 8.


C’est dans les Passions de l’âme que Descartes développera cette doctrine fondamentale.




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