couverture du livre les Passions de l'Ame de Descartes


Résumé de : les Passions de l'âme

Les Passions de l’âme est le dernier livre paru du vivant de Descartes, en 1649. C’est dans cet ouvrage que Descartes cherche à identifier les mécanismes par lequel l’esprit agit sur le corps, tels que la glande pinéale, ou les esprits animaux. Cette approche physiologiste permet de jeter un éclairage nouveau sur la question philosophique des rapports du corps et de l’esprit.

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Du même auteur : Méditations métaphysiques Règles pour la direction de l'esprit

Cet ouvrage se décompose en trois parties :

I/ des passions en général

II/ les six passions primitives

III/ des passions particulières


L’étude des passions n’est pas difficile, car chacun peut les ressentir en lui. Pourtant, soutient Descartes, les Anciens en ont dit peu de choses.

Action et passion désignent une seule et même chose, mais qui est appelée différemment selon qu’elle est considérée du point de vue de l’agent ou du patient : ce qui est une passion de l’âme est communément une action du corps.


Il faut poser une question préalable : comment savoir ce qui relève du corps et ce qui relève de l’âme ?

Descartes soutient que ce qu’on peut concevoir appartenir à un corps inanimé relève du corps, tandis que le reste relève de l’âme. Ainsi la pensée appartient à l’âme car nous ne concevons point que le corps pense en aucune façon1. A l’inverse la chaleur et les mouvements relèvent du corps car on peut les trouver dans des objets comme une chandelle.

Contre Aristote, Descartes affirme que l’âme n’est pas le principe du mouvement du corps. Le corps a son mouvement propre, qui cesse à la mort.


Descartes décrit des exemples de mouvement du corps, pour montrer la façon dont la machine de notre corps est composée.

Ainsi la nourriture descend dans l’estomac : le suc se mêle au sang et en augmente la quantité.

Dans le cœur, le sang passe de la veine cave en son côté droit au poumon, puis dans le côté gauche du cœur, pour finir dans la grande artère qui mène à tout le corps.

Les mouvements des membres dépendent des muscles, ainsi que des nerfs, qui sont des petits tuyaux venant du cerveau et contiennent un vent très subtil, qu’on nomme « esprits animaux ».

Descartes soutient qu’ il y a une chaleur continuelle en notre cœur, qui est une espèce de feu que le sang des veines entretient, et ce feu est le principe corporel de tous les mouvements de nos membres.


Seules rentrent dans le cerveau les parties les plus subtiles du sang, les esprits animaux, qui ne sont que des corps, très petits et qui se meuvent très vite. Ils activent les muscles par contact (les esprits qui viennent du cerveau poussent ceux qui étaient dans le muscle).

Trois choses déterminent le cours des esprits animaux, donc les réactions du corps : notre volonté, les objets des sens et la machine de notre corps.

Les objets des sens meuvent l’extrémité du nerf, ce qui fait mouvoir l’autre bout dans le cerveau (comme une corde) et avec, les esprits animaux.

Les objets des sens sont sources de mouvements en autant de diverses façons qu’ils nous font voir de diversité dans les choses. La cloche et le flambeau sont perçus différemment car ils excitent deux mouvements différents dans nos nerfs.

La machine de notre corps est responsable de tous les mouvements que nous faisons sans que notre volonté y contribue (ex : respiration, digestion…).

Ce type de mouvements est produit par le cours que les esprits animaux suivent naturellement dans notre corps, de même façon que le mouvement d’une montre est produit par la seule force de son ressort et la figure de ses roues.


On vient donc de déterminer ce qui appartient au corps seul, mais qu’est-ce qui relève de l’âme ? Nos pensées. On distingue deux genres de pensées, celles qui sont des actions de l’âme (volonté et imagination) et celles qui sont des passions de l’âme (perception, connaissance, imagination).

L’imagination peut relever de l’un et de l’autre genre car nous créons nous-mêmes les fictions et autres rêves, mais parfois ce n’est pas le cas, comme dans l’exemple des mirages.

Tout ceci permet à Descartes de définir son objet d’étude : les passions de l’âme sont des perceptions, ou des sentiments, ou des émotions de l’âme qui sont causées par quelque mouvement des esprits.

L’âme n’est pas située dans telle ou telle partie du corps mais jointe à tout le corps. Ce pourquoi on ne saurait concevoir la moitié ou le tiers d’une âme ni quelle étendue elle occupe. Néanmoins il existe une partie du corps où l’âme exerce ses fonctions plus particulièrement qu’en toutes les autres : la glande pinéale, une petite glande située au centre du cerveau, suspendue de telle sorte que les moindres changements qui arrivent au cours des esprits peuvent beaucoup pour changer les mouvements de cette glande.


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1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0