couverture du livre les Pensées pour moi-même de Marc Aurèle


Résumé de : les Pensées pour moi même

Les Pensées pour moi-même ont été rédigées en grec par l’empereur romain Marc-Aurèle, entre 170 et 180 ap. J.C., souvent pendant ses campagnes militaires. Elles étaient à l’origine destinées à être détruites à la mort de son auteur. Mais elles ont dépassé le statut de simple journal intime, pour devenir un ouvrage majeur de la philosophie stoïcienne.

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Marc Aurèle les Pensées
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Si au contraire, nous considérons que les hommes ont des défauts, alors nous ne serons ni surpris ni attristé lorsque nous verrons des exemples de ces défauts ou de cette imperfection.

Ce pourquoi Marc-Aurèle nous conseille : dès l’aurore, dis-toi par avance : je rencontrerai un indiscret, un ingrat, un insolent, un fourbe, un envieux, un insociable 1.


D’autre part, dans le cas d’une telle rencontre, nous devons rester serein, en comprenant trois choses :

-le méchant fait le mal par ignorance, non par plaisir

-il ne peut affecter que mon corps, pas mon âme

-par nature, l’homme est un animal sociable donc nous devons vivre ensemble. Ce serait contre nature que de fuir les hommes


C’est là le sens de ce beau passage des Pensées pour Moi-même :

Dès l’aurore, dis toi par avance : je rencontrerai un indiscret, un ingrat, un insolent, un fourbe, un envieux, un insociable. Tous ces défauts sont arrivés à ces hommes par leur ignorance des biens et des maux.

Pour moi, ayant jugé […] que la nature du coupable lui-même est d’être mon parent, non par la communauté du sang ou d’une même semence, mais par celle de l’intelligence […], je ne puis éprouver du dommage de la part d’aucun d’eux, car aucun d’eux ne peut me couvrir de laideur.

Je ne puis pas non plus m’irriter contre un parent, ni le prendre en haine, car nous sommes nés pour coopérer, comme les pieds, les mains, les paupières, les deux rangées de dent, celle d’en haut et celle d’en bas. Se comporter en adversaires les uns des autres est donc contre nature, et c’est agir en adversaire que de témoigner de l’animosité et de l’aversion.

Il faut donc accueillir avec sérénité les défauts d’autrui, et le mal éventuel qu’il peut nous causer.


Mais certains êtres ne sont-ils pas si exécrables, par le mal qu’ils font aux autres, qu’ils sont l’objet légitime de notre haine ? Non. On ne peut vouloir à l’homme qui nous nuit, même volontairement, car soit il le fait, comme on l’a vu, par ignorance, soit parce que c’est dans sa nature d’agir ainsi, et il ne peut faire autrement : Poursuivre l’impossible est d’un fou. Or il est impossible que les méchants ne commettent point quelque méchanceté remarque l'auteur des Pensées pour moi-même.

La haine viendrait troubler l’impassibilité, la sérénité, auquel tend le sage : celui qui n’admet pas que le méchant commette des fautes est semblable à celui qui n’admettrait pas que le figuier porte du suc aux figues, que les nouveaux-nés vagissent, que le cheval hennisse ; et toutes autres nécessités de cet ordre. Que peut-on supporter, en effet, en se trouvant en une telle disposition d’esprit ? Si tu es exaspéré, guéris-toi de cette façon d’être.

Finalement pour Marc-Aurèle, c’est une sorte de mélange d’amour et de patience qu’il faut avoir vis-à-vis des hommes : Ce qui vient des hommes est digne d’amour, en vertu de notre parenté commune ; digne aussi parfois d’une sorte de pitié, en raison de leur ignorance des biens et des maux.


Pour atteindre la sérénité, il faut se détacher du flux des affaires quotidiennes dans lequel nous sommes pris, ces mille activités qui nous angoissent et qui n’ont finalement pas beaucoup de sens :

Cesse de te laisser emporter par le tourbillon. Insensés, en effet, sont ceux qui, à force d’agir, sont fatigués par la vie, et n’ont pas un but où diriger tout leur élan.

Se détacher de cette vie consacrée non pas à l’action, mais à l’agitation, n’est pas se détacher du monde. Au contraire, il s’agit de se plonger, une fois libéré de ses soucis quotidiens, dans la contemplation du monde, que nous ne faisions que traverser, sans le regarder.

Il faut contempler le monde, et l’aimer, car il s’agit du grand Tout harmonieux duquel nous ne sommes qu’une partie. C’est un cosmos, et non un chaos, au sens où il est caractérisé par une grande harmonie, ordre et beauté. Le sage est celui qui a, par la contemplation, pris conscience de cette harmonie. Quel sentiment cette découverte peut-il lui procurer, sinon un bonheur serein ?



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0