couverture du livre les Pensées pour moi-même de Marc Aurèle


Résumé de : les Pensées pour moi même

Les Pensées pour moi-même ont été rédigées en grec par l’empereur romain Marc-Aurèle, entre 170 et 180 ap. J.C., souvent pendant ses campagnes militaires. Elles étaient à l’origine destinées à être détruites à la mort de son auteur. Mais elles ont dépassé le statut de simple journal intime, pour devenir un ouvrage majeur de la philosophie stoïcienne.

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Marc Aurèle les Pensées
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Conformément à la tradition stoïcienne, l'auteur des Pensées pour Moi même montre que le Monde est un cosmos et non un chaos.


C’est tout d’abord la beauté du monde qui en est une preuve, la régularité des saisons, de la course des étoiles, mais aussi l’ordre que l’on retrouve en nous (la complexité merveilleuse de notre propre organisme qui fait que chaque membre ou organe trouve sa place), et qui est un reflet dans le microcosme de l’ordre qui règne dans le macrocosme : Se peut-il qu’en toi subsiste un certain ordre et que, dans le Tout, il n’y ait que désordre ; et cela, quand tout est aussi bien combiné, amalgamé, accordé ?1.

Le cours des événements, est donc non seulement déterminé par une nécessité de fer, mais aussi juste : Souviens toi que tout ce qui arrive arrive justement. Je ne dis pas seulement : arrive selon la suite, mais encore selon la justice.

En fait, la seule chose qui est nuisible, et qui est à rejeter par le sage, ce n’est pas telle ou telle partie ou caractéristique du monde, ou tel ou tel événement. C’est un comportement précis de l’homme, celui qui consiste justement à se rebeller, se lamenter ou refuser un événement.


Il s’agit, en apprenant à maîtriser ses émotions négatives, celles qui dressent l’homme contre la nature, par le regret, le ressentiment, la tristesse, de devenir maître intérieur.

Voici comment Marc-Aurèle décrit un tel homme : le maître intérieur, quand il se conforme à la nature, envisage les événements de telle sorte qu’il puisse toujours, selon la possibilité qu’il en a, modifier sans peine son attitude envers eux.

Cette attitude lui confère une grande force, sinon une invincibilité : S’il rencontre un obstacle, il s’en fait une matière, comme le feu lorsqu’il se rend maître des choses qu’on y jette, alors qu’une petite lampe en serait étouffée. Mais un feu ardent a vite fait de s’approprier ce qu’on y ajoute ; il le consume et de par ce qu’on y jette, il s’élève plus haut.

Ce qui vient renforcer l’invincibilité du « maître intérieur », c’est le fait que rien ne peut l’atteindre. En effet, les choses (ou les événements) ne peuvent l’atteindre ; elles peuvent nuire à son corps, certes, (comme un coup de couteau), mais seules les opinions et les jugements que forgent l’homme à propos de ces choses affectent son esprit : les choses n’atteignent point l’âme, mais restent confinées au dehors, et les troubles ne naissent que de la seule opinion qu’elle s’en fait.

Or le sage est celui qui élimine tout jugement négatif, qui provoquerait en lui tristesse ou amertume. Le sage ne laisse aucun jugement affecter son bonheur.


De ce fait, ni les événements, ni les jugements à propos de ces événements ne peuvent venir troubler sa sérénité.

Si le sage stoïcien reçoit un coup de couteau, il pourra dire que la douleur est une excellente épreuve, et donc considérer cet événement sans tristesse. S’il frôle la mort suite à cette attaque, il pourra dire que la mort n’est pas un mal, puisqu’elle fait partie du cycle naturel de la vie. Aussi il n’aura ni peur ni regret.

Maîtriser ses jugements donne donc une liberté, une puissance et une sérénité totale. Ce que Marc-Aurèle résume ainsi dans les Pensées pour moi même : Supprime « on m’a fait tort », le tort est supprimé.

Ainsi que Marc Aurèle le montre, dans un grand nombre de cas, le mieux est de suspendre tout jugement, supprimer toute opinion : chasse dehors l’opinion et tu seras sauvé. Qui donc t’empêche de la chasser ? ou Supprime donc ton opinion, et, comme un vaisseau qui a doublé le cap, tu trouveras mer apaisée, calme parfait, golfe sans vagues.


La mort est la représentation la plus angoissante de toutes, celle qui est le plus à même de troubler la sérénité de l’homme en suscitant en lui des jugements négatifs. Aussi Marc-Aurèle consacre plusieurs passages à celle-ci, pour essayer de montrer que la mort ne doit pas non plus nous inquiéter.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0