couverture du livre les Pensées pour moi-même de Marc Aurèle


Résumé de : les Pensées pour moi même

Les Pensées pour moi-même ont été rédigées en grec par l’empereur romain Marc-Aurèle, entre 170 et 180 ap. J.C., souvent pendant ses campagnes militaires. Elles étaient à l’origine destinées à être détruites à la mort de son auteur. Mais elles ont dépassé le statut de simple journal intime, pour devenir un ouvrage majeur de la philosophie stoïcienne.

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Marc Aurèle les Pensées
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Pour cela, l'auteur des Pensées pour moi même développe plusieurs arguments.

Tout d’abord, celle-ci entre dans le cours naturel des choses : Tu t’es embarqué, tu as navigué, tu as accosté : débarque !1.


Il s’agit ensuite, pour se libérer de la peur de la mort, de ne pas fuir cette idée, mais au contraire d’y penser et de s’y accoutumer. Tout un travail est à faire pour méditer et comprendre notre condition de simple mortel.

Il est dans notre nature de mourir, aussi il est vain de résister. Chacun, y compris les plus grands, connaît ce sort : Hippocrate, après avoir guéri bien des maladies, tomba malade lui-même et mourut. Alexandre, Pompée, Caïus César, après avoir tant de fois détruit de fond en comble des villes entières et taillé en pièces une bataille rangée de nombreuses myriades de cavaliers et fantassins, finirent eux aussi par sortir de la vie.

Voici encore un passage de ce type dans les Pensées pour moi même : Considère sans cesse combien de médecins sont morts après avoir tant de fois froncé les sourcils sur les malades […] ; combien de philosophes, après s’être obstinés à discourir indéfiniment sur la mort et l’immortalité ; combien de chefs, après avoir fait périr tant de gens ; combien de villes, pour ainsi dire sont mortes toutes entières : Hélice, Pompei, Herculanum, et d’autres innombrables !.

Marc-Aurèle montre ainsi la faiblesse de l’homme, y compris des plus grands. Il faut saisir cette faiblesse pour s’y accoutumer : le temps de la vie de l’homme, un instant ; sa substance fluente ; ses sensations, indistinctes ; l’assemblage de tout son corps, une facile décomposition ; son âme, un tourbillon ; son destin, difficilement conjecturable ; sa renommée, une vague opinion. Pour le dire en un mot, tout ce qui est de son corps est eau courante ; tout ce qui est de son âme, songe et fumée. Sa vie est une guerre, un séjour sur une terre étrangère ; sa renommée posthume, un oubli.


Il faut rire de ceux qui essaient d’échapper à la mort, en cherchant la gloire, et la part d’immortalité que celle-ci nous procure. Il faut tout d’abord saisir l’exiguïté du lieu où la renommée est circonscrite. La terre entière, en effet, n’est qu’un point, et quelle infime parcelle en est habitée !.

Au lieu de chercher à échapper à la mort par un vain désir de gloire, il faut se préparer à l’oubli : bientôt tu auras tout oublié ; bientôt tous t’auront oublié.

Dès notre mort, nous ne laissons aucun souvenir dans le cœur des hommes. Ainsi les mots, usuels autrefois, ne sont plus aujourd’hui que termes de lexique. De même, les noms des hommes, très célèbres autrefois, ne sont plus guère aujourd’hui que termes de lexique : Camille, Céson, Volésus […] Tout cela s’efface sans tarder dans la légende, et bientôt aussi un oubli total l’a enseveli. Et je dis cela au sujet d’hommes qui ont, en quelque sorte, brillé d’un éclat merveilleux, car les autres, dès qu’ils ont expiré, sont inconnus, ignorés .

Le désir de gloire est une fuite devant l’idée de la mort. Il faut au contraire affronter cette idée et admettre que rien, pas même la célébrité, ne peut nous en protéger.

Vouloir échapper à la mort, c’est pour Marc Aurèle lutter contre la nature, comme la partie qui cherche à se libérer du Tout, la tumeur vivre une vie indépendante du corps.


S’il faut penser à la mort, ce n’est pas pour s’en attrister, mais au contraire parce que l’idée de la mort, lorsqu’elle est convenablement affrontée et pensée, nous rend serein !

En effet, face à la mort, plus rien n’est grave. Au sens où les divers incidents de la vie (par exemple des difficultés sentimentales ou professionnelles), ne sont pas graves par rapport à la mort. Penser à la mort nous amène à relativiser la gravité de ce qui peut nous arriver.

D’autre part, parce que le sage parvient, suite à ce travail de relativisation, à remettre en question la gravité de la mort elle-même. Pourquoi ?

Tout d’abord, parce qu’elle est naturelle, et que rien n’est mal de ce qui se fait selon la nature, puisque cela participe à l’harmonie du grand Tout, entendu comme cosmos.



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1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0