couverture du livre l'Esprit des Lois de Montesquieu


Résumé de : l'Esprit des Lois

L’Esprit des lois est publié en 1748, à Genève et sans nom d’auteur, de manière à éviter la censure. Ce livre présente les réflexions politiques de Montesquieu. Il décrit les différentes formes de gouvernement (monarchie, aristocratie, république, despotisme…) et les lois qui conviennent à celles-ci. On y trouve sa célèbre théorie de la séparation des trois pouvoirs.

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Montesquieu l'Esprit des Lois
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On voit d’ailleurs que dans les monarchies prospèrent les courtisans, dénués de toute vertu : l’ambition dans l’oisiveté, la bassesse dans l’orgueil, le désir de s’enrichir sans travail, l’aversion pour la vérité, la flatterie, la trahison, la perfidie, […] la crainte de la vertu du prince, et plus que tout cela, le ridicule perpétuel jeté sur la vertu forment, je crois, le caractère du plus grand nombre des courtisans1.


Cela rejaillit tôt ou tard sur le peuple, qui adopte peu à peu cet état d’esprit.

Pour résumer, la vertu n’est point exclue de ce gouvernement, mais elle n’en est pas le ressort.


Mais qu’est alors le principe de la monarchie ? Il s’agit pour Montesquieu de l’honneur, c’est-à-dire le préjugé de chaque personne et de chaque condition. Si celui-ci est un préjugé, qui peut amener à regarder de haut telle personne qui ferait partie d’une autre classe sociale, il peut inspirer les plus belles actions. Celui-ci est lié indissolublement à l’esprit d’ambition qui est dangereux dans une république, ou un despotisme mais bénéfique dans une monarchie.


L’honneur n’est pas le principe du despotisme, puisque le despote ne peut souffrir de voir certains de ses sujets vouloir s’élever au-dessus des autres par esprit d’ambition. Dans ce régime, tous sont égaux, car tous sont esclaves. En fait, c’est là une notion inconnue dans ces régimes, et souvent, on n’a pas de mot pour l’exprimer.

Le principe de ce gouvernement est la crainte. C’est par celle-ci que le prince se maintient au pouvoir. Tandis qu’un gouvernement modéré peut relâcher quelque peu la surveillance de ses sujets, puisqu’il se maintient par ses lois.

Montesquieu prend l’exemple dans l'Esprit des Lois de l’un des rois de Perse, qui fit tuer les membres de son gouvernement car ils n’avaient pas fait verser de sang.

On trouve dans les états despotiques une obéissance extrême des sujets au despote : il n’y a point […] d’accommodement, de termes, d’équivalents, de pourparlers, de remontrances. L’homme est une créature qui obéit à une créature qui veut.

En revanche, on ne peut pas obéir au prince, s’il décrète quelque chose de contraire à la religion : on tuera son père, si le prince l’ordonne ; mais on ne boira pas de vin, s’il le veut et l’ordonne.


Voici donc identifié le principe de ces trois régimes. Montesquieu n’affirme pas que tous les sujets sont vertueux dans une république, craintifs dans un despotisme ou obéissant au code de l’honneur dans une monarchie, mais que s’ils ne le sont pas, le régime en place s’effondre rapidement.


Livre IV


Dans ce livre de l'Esprit des Lois, Montesquieu examine les lois de l’éducation qui découlent nécessairement de la nature du régime.


Dans les monarchies, l’éducation se fait non pas à l’école, mais dans le « monde », autrement dit, dans les salons où se presse le « beau monde ». On y apprend l’honneur.

L’honneur détermine la façon dont nous effectuons nos jugements de valeur : on n’y juge pas les actions des hommes comme bonnes, mais comme belles ; comme justes, mais comme grandes ; comme raisonnables, mais comme extraordinaires.

Dans les monarchies, on exige de l’homme bien éduqué de la franchise, non par amour de la vérité, mais parce qu’ainsi on paraît être hardi et libre. Le noble doit être poli, non par respect, mais parce qu’ainsi on se distingue : par la politesse, on prouve que l’on n’est pas de basse extraction. Cela flatte autant l’homme poli que son interlocuteur.

Les lois de l’honneur sont bizarres : il faut obéir au prince avec loyauté, sauf dans certaines conditions. On peut tuer un homme si le prince le demande, mais seulement en combat singulier : Crillon refuse d’assassiner le duc de Guise, mais offre à Henri III de se battre contre lui.


Enfin, dans un régime despotique, il n’y a pas d’éducation (ou un endoctrinement), car le savoir est dangereux : l’extrême obéissance suppose de l’ignorance dans celui qui obéit ; elle en suppose même dans celui qui commande : il n’a point à délibérer, à douter, ni à raisonner ; il n’a qu’à vouloir.


A l’inverse, c’est dans le gouvernement républicain que l’éducation des citoyens apparaît comme essentielle. Celle-ci vise à donner au citoyen l’amour du gouvernement et de la vertu.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0