couverture du livre la Démocratie en Amérique


Résumé de : la Démocratie en Amérique

Dans la Démocratie en Amérique, Tocqueville nous fait part des observations qu’il a pu faire lors de son voyage.

Publié en 1835, on trouve dans cet ouvrage des réflexions sur la nature et les dangers d’une démocratie, et une comparaison entre les systèmes politiques des pays européens et celui des Etats-Unis.

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Tocqueville écrit ce livre suite à son voyage en Amérique, afin d’exposer la nature et les particularités du mode de gouvernement de ce pays.

Ce qui l’a frappé au plus haut point, c’est l’égalité des conditions. Ce fait influence tout le reste : les lois, les mœurs, etc.


En constatant ce mouvement vers l’égalité dans toute l’Europe, depuis la Révolution française, il conçut l’idée de ce livre.

Cette marche vers l’égalité, autrement dit, la révolution démocratique, est un phénomène irrésistible, qui nous vient de très loin. En fait, il s’agit du fait le plus continu, le plus ancien et le plus permanent que l’on connaisse dans l’histoire 1.


Déjà, on voit ce progrès à l’œuvre dans divers faits historiques : le clergé qui ouvre ses rangs à tous, pauvres ou riches, les nobles qui se ruinent dans des guerres privées, alors que les roturiers s’enrichissent par le commerce, les rois qui font participer au gouvernement les classes inférieures de l’Etat, afin d’abaisser l’aristocratie, etc. Même des inventions comme les armes à feu égalisent le vilain et le noble sur le champ de bataille.

Tocqueville observe que chaque demi-siècle rapproche le noble du roturier. Au point qu’il faut se résoudre à attribuer un caractère providentiel à cette marche vers la démocratie. Autrement dit : il s’agit là d’une volonté divine, et par là du destin de l’humanité : le développement graduel de l’égalité des conditions est donc un fait providentiel, il en a les principaux caractères : il est universel, il est durable, il échappe chaque jour à la puissance humaine ; tous les événements, comme tous les hommes servent à son développement.

Ce caractère inéluctable, qui impressionne grandement Tocqueville, frappe de nullité les efforts de la réaction afin de renverser la démocratie et de restaurer la monarchie. En revanche, si on ne peut s’opposer à ce mouvement démocratique, peut-être est-il possible de le diriger. Pour cela, il faut une science politique nouvelle à un monde tout nouveau.


Tant que nous n’avons pas cette science politique adaptée à son temps, nous avons la démocratie, moins ce qui doit atténuer ses vices et faire ressortir ses avantages.

Tocqueville montre les contradictions des temps troublés auxquels il écrit, ceux qui suivent de près la Révolution française, ce siècle unique où rien ne semble plus défendu, ni permis, ni honnête, ni honteux, ni vrai, ni faux, comme l’opposition du clergé et des révolutionnaires, alors que le Christ défendait lui aussi la liberté, contre l’esclavage.

L’Amérique présente l’intérêt de s’être organisé en pays démocratique, sans avoir eu à subir de révolution : J’avoue que dans l’Amérique, j’ai vu plus que l’Amérique ; j’y ai cherché une image de la démocratie elle-même.

Tocqueville ne cherche pas à émettre un quelconque jugement de valeur sur ce phénomène historique qu’est la Révolution. Il ne s’agit pas de chercher si elle présente un caractère avantageux ou funeste. Il la prend comme un fait à analyser, afin qu’elle soit le plus profitable possible.

Lorsqu’on étudie un peuple, il faut tout d’abord pour Tocqueville analyser son « état social ». Celui-ci est défini comme le produit d’un fait (par exemple la situation géographique du pays, son climat, etc.) et de ses lois.

Cet état social est à son tour la cause première qui détermine les lois, mœurs, idées d’une nation.


L’état social des Américains est éminemment démocratique, du fait qu’il est formé d’émigrants d’Europe, présentant, dans leur condition de migrants, une grande égalité. C’est là un phénomène historique rare (une migration d’exclus ou d’aventuriers), qui engendre une situation politique et un état social inédits.

La loi américaine sur les successions joua elle aussi un rôle. En effet, plutôt que de confier à l’aîné l’héritage des terres (ce qui fait jaillir l’aristocratie du sol), elle mit en place l’égalité du partage entre les fils, ce qui fait éclater les grands domaines



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0