couverture du livre l'Esprit des Lois de Montesquieu


Résumé de : l'Esprit des Lois

L’Esprit des lois est publié en 1748, à Genève et sans nom d’auteur, de manière à éviter la censure. Ce livre présente les réflexions politiques de Montesquieu. Il décrit les différentes formes de gouvernement (monarchie, aristocratie, république, despotisme…) et les lois qui conviennent à celles-ci. On y trouve sa célèbre théorie de la séparation des trois pouvoirs.

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Index de l'article
Montesquieu l'Esprit des Lois
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Livre V


Dans une démocratie, on aime l’égalité ; alors que dans les monarchies, chacun tend à la supériorité.

En fait, il peut exister des inégalités dans une république, mais celles-ci doivent être tirées du principe même de l’égalité1.


La frugalité est indissociable de cet amour de l’égalité. Celle-ci procède de ce que Montesquieu appelle l’esprit de commerce : l’esprit de commerce entraîne avec soi celui de frugalité, d’économie, de modération, de travail, de sagesse, de tranquillité, d’ordre et de règle. Le mal arrive lorsque l’excès des richesses détruit cet esprit de commerce.

Pour maintenir l’esprit de commerce, il faut prendre des lois qui divisent les fortunes à mesure que le commerce les grossit, afin de rendre les pauvres assez riches pour qu’ils puissent travailler, et les riches assez pauvres pour qu’ils doivent travailler.

Montesquieu remarque qu’il est rare que là où les fortunes des hommes sont très inégales, il y ait beaucoup de vertu.


Les lois dans les démocraties (sur les héritages, etc.) vont favoriser cette égalité.

En revanche, les lois dans les monarchies instaurent la noblesse héréditaire, les privilèges, les substitutions, le retrait lignager, autrement dit l’inégalité.


Dans les despotismes, il n’y a pas besoin de beaucoup de lois. Surtout, il ne faut pas que les lois changent : quand vous instruisez une bête, vous vous donnez bien garde de lui faire changer de maître, de leçon et d’allure ; vous frappez son cerveau par deux ou trois mouvements, et pas davantage.

L'auteur de l'Esprit des Lois utilise une image particulièrement parlante pour définir le despotisme : Quand les sauvages de la Louisiane veulent avoir du fruit ils coupent l’arbre au pied, et cueillent le fruit. Voilà le gouvernement despotique.


Livre VI


Quel type de justice trouve-t-on dans ces différents régimes politiques ?

Dans le despotisme, nul besoin de tribunal. Puisque les terres appartiennent au prince, pas de lois sur la propriété. Puisque la succession va au prince, pas de lois sur la succession.


La monarchie est au contraire marquée par la complexité des procédures, la multiplicité des lois du fait de la pluralité des conditions.

Il semble qu’il y ait trop de formalités pour que la justice soit efficace. Elles ralentissent la justice. En fait, Montesquieu défend dans l'Esprit des Lois cette lenteur, et la complexité des procédures mises en œuvre dans un tribunal.

Elles sont le signe que l’on fait attention aux nuances, à la richesse des situations, elles témoignent du fait que l’accusé est bien défendu. A l’inverse, dans les despotismes, le verdict est rapidement rendu : la vie ou la mort.

Aussi, lorsqu’un homme se rend plus absolu [lorsqu’un homme cherche à devenir despote], songe-t-il d’abord à simplifier les lois.

Dans les monarchies, le juge à tendance à interpréter les lois et à rendre son verdict selon l’esprit de la loi. A l’inverse, dans les démocraties, le juge suit la loi à la lettre. La peine est inscrite dans la loi, il suffit de déterminer si le cas tombe ou non sous la loi pour en déduire mathématiquement la nature de la peine.

Comme une monarchie se définit par la présence de pouvoirs intermédiaires, le roi ne doit pas juger dans une démocratie ; ce serait un despotisme. En revanche, il peut avoir le droit de grâce.


Les peines sont très sévères dans les despotismes, car on a plus peur de la mort que d’amour pour la vie dans ces régimes. La douceur des peines caractérise les gouvernements modérés. De ce fait, plus on diminue les peines, plus l’état dans lequel on se trouve est libre.

Montesquieu propose de remplacer les peines cruelles par les peines humiliantes : suivons la nature, qui a donné aux hommes la honte comme leur fléau ; et que la plus grande partie de la peine soit l’infamie de la souffrir.

Les peines trop cruelles sont contre-productives, car elles endurcissent tous les cœurs et rendent cruel, ce qui aggrave la criminalité. On corrompt par la loi, ce qui est pire qu’être corrompu à cause de l’absence de lois, car le mal est dans le remède même.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0