couverture du livre l'Ethique de Spinoza

Résumé de : l'Ethique

L’Ethique de Spinoza n’est publiée qu’à sa mort, en 1677, pour éviter la censure. Ce livre est d’ailleurs interdit dès l’année suivante. Il y développe ses idées à la façon des mathématiciens (en faisant s’enchaîner des propositions rigoureusement déduites les unes des autres). Dieu, la liberté, les passions, sont examinés tour à tour, pour élaborer une nouvelle définition du sage.

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Spinoza Ethique
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On remarque que certains éléments se rapprochent du stoïcisme (le déterminisme, la perfection du monde, la nature comme Dieu), et que l’on aurait pu les voir écrits dans les Pensées de Marc-Aurèle.

Mais ce sont les seuls. La théorie de Spinoza se distingue radicalement du stoïcisme sur l’ensemble des autres points. Elle a une originalité et une consistance propre à elle.


Dans le célèbre appendice du livre I, Spinoza insiste sur l’importance qu’il y a à lutter contre les préjugés. Ces préjugés sont les superstitions véhiculées par la religion, en premier lieu le finalisme, c’est-à-dire l’idée que l’homme est à la fin de la Création (ou encore que Dieu a tout créé pour l’homme, en vue de son bonheur).

Cela repose sur un autre préjugé, à savoir que l’homme se considère comme libre, parce qu’il a conscience de vouloir ou de désirer des choses. Mais il n’est pas conscient du fait qu’il y a des causes qui le déterminent nécessairement à vouloir ou à désirer ces choses. Ce n’est pas réellement une volonté libre dont il dispose, il n’est donc pas libre : les hommes se croient libres, pour la raison qu’ils ont conscience de leurs volitions et de leur appétit, et que les causes qui les disposent à appéter et à vouloir, ils les ignorent, et n’y pensent pas même en rêve1.

L’idée selon laquelle les Dieux ont tout créé pour les hommes, pour que ces derniers les honorent, et que plus on les honore, plus on en tirera de grands bénéfices (dont celui de la vie éternelle), relève de la superstition. On comprend pourquoi Spinoza a été excommunié par ses coreligionnaires juifs d’Amsterdam, et ce même si l’Ethique n’est jamais parue de son vivant,


En réalité pour Spinoza, c’est le finalisme (à l’œuvre dans le judéo-christianisme) qui est impie : cette doctrine supprime la perfection de Dieu : car si Dieu agit à cause d’une fin, c’est nécessairement qu’il aspire à quelque chose qui lui manque.

Or puisque les hommes pensent que les choses sont faites pour eux, ils ont forgé les notions (ou fictions) suivantes : le bien, le mal, l’ordre, la confusion, le chaud, le froid, la beauté et la laideur et puisqu’ils pensent être libres la louange et le blâme, le péché et le mérite.

En réalité, rien de tout cela n’existe. Cela n’a de sens que par rapport à nous, mais ne renvoie à aucune réalité en soi. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises actions, il n’y a que des actions qui se déroulent nécessairement, découlant de la substance divine infinie, dont certaines nous arrangent et d’autres nous nuisent.

De même, les hommes appellent « ordre » ce qui leur est facile d’imaginer, comme si l’ordre était quelque chose dans la nature indépendamment de notre imagination.

Un dernier exemple : si le mouvement que reçoivent les nerfs à partir des objets qui se représentent par les yeux contribue à la santé, les objets qui le causent sont dits beaux, et ceux qui excitent un mouvement contraire laids.

Pour résumer : chacun a jugé des choses d’après la disposition de son cerveau et a pris pour les choses les affections de son imagination.


De ce fait, le monde est parfait, et ce n’est pas parce que certaines choses ou événements nuisent aux hommes qu’il en perd sa perfection.



Livre II : de l’Esprit


Ici encore, Spinoza commence par poser des définitions et des axiomes.

On relèvera la définition spinoziste du corps : par corps, j’entends une manière qui exprime, de manière précise et déterminée, l’essence de Dieu en tant qu’on la considère comme chose étendue.

Elle s’inspire de la définition cartésienne du corps comme chose étendue que l’on trouve dans les Méditations Métaphysiques, qui s’oppose à l’esprit considéré comme chose pensante. Néanmoins chez Spinoza, ces deux attributs caractérisent Dieu, ou la nature : la Pensée est un attribut de Dieu, autrement dit Dieu est chose pensante (prop 1) et l’étendue est un attribut de Dieu, autrement dit Dieu est chose étendue.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0