couverture du livre l'Ethique de Spinoza

Résumé de : l'Ethique

L’Ethique de Spinoza n’est publiée qu’à sa mort, en 1677, pour éviter la censure. Ce livre est d’ailleurs interdit dès l’année suivante. Il y développe ses idées à la façon des mathématiciens (en faisant s’enchaîner des propositions rigoureusement déduites les unes des autres). Dieu, la liberté, les passions, sont examinés tour à tour, pour élaborer une nouvelle définition du sage.

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Spinoza Ethique
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Spinoza utilise indistinctement les termes « appétit » ou « désir » mais fait cette précision terminologique : le désir est un appétit dont l’homme est conscient : le Désir est l’appétit avec la conscience de l’appétit1.

Cet effort, autrement dit, le désir, est si fondamental qu’il n’est rien d’autre que l’essence même de l’homme.

Si nous désirons ou voulons une chose, c’est n’est pas parce que nous la jugeons bonne ; au contraire, si nous jugeons qu’une chose est bonne, c’est précisément parce que nous nous y efforçons, nous la voulons, ou aspirons à elle, ou la désirons.


L’esprit peut pâtir de grands changements et passer à une perfection tantôt moindre, tantôt plus grande. C’est ici que l’on trouve la célèbre définition de la joie spinoziste : par Joie, j’entendrai donc une passion par laquelle l’Esprit passe à une plus grande perfection (prop 11, scolie) ; la tristesse désigne l’affect contraire.

Les trois affects primaires sont pour Spinoza l’allégresse, la douleur, et le désir (les deux premiers représentent la joie et la tristesse, mais rapportés à la fois à l’esprit et au corps).

De la définition spinoziste de la joie se déduit celle de l’amour : l’Amour n’est rien d’autre qu’une Joie qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure, et la Haine, rien d’autre qu’une Tristesse qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure.


Spinoza définit un grand nombre d’affects, qui naissent de la composition des trois affects primitifs : l’espérance, la crainte, le désespoir, l’émulation, etc. et propose un certain nombre de lois psychologiques. Par exemple : si nous imaginons que quelqu’un aime ou désire ou a en haine quelque chose que nous aimons, désirons, ou avons en haine, par là même, nous aimerons, etc. la chose avec plus de constance.

L’auteur de l’Ethique propose pour conclure une définition générale des affects dans laquelle il répète que le Désir est l’essence même de l’homme, en tant qu’on la conçoit comme déterminée, par suite d’une quelconque affection d’elle-même à faire quelque chose, désir étant entendu au sens le plus large, incluant appétits et volontés.



Livre IV : de la servitude humaine ou : des forces des affects


La servitude désigne l’impuissance de l’homme à maîtriser ou contrarier les affects. Spinoza consacre ce livre à l’étude de ce phénomène, ainsi qu’à l’étude de ce qu’ont les affects de bien et de mal.

Spinoza commence par examiner l’origine de la formation en nous des concepts de perfection, de bien et de mal.

Le concept de perfection naît du fait de vouloir réaliser quelque chose et d’atteindre ce but. C’est toujours par rapport à un but que l’on détermine la perfection de quelque chose : par exemple si quelqu’un a vu quelque chose d’inachevé et a su que le but de l’Auteur de cette œuvre était de construire une maison, il dira que la maison est imparfaite, et parfaite au contraire sitôt qu’il verra l’œuvre parvenue à la fin que son Auteur avait décidé de lui donner.

En revanche si on ignore le but de l’auteur de l’œuvre, on ne saura si elle est parfaite ou non.


Puis les hommes forgent des concepts universels, par exemple ceux de tours, de maisons, etc. et chacun appela parfait ce qu’il voyait convenir avec l’idée universelle de la chose, idées qu’ils tiennent pour les modèles des choses. Ils pensent que la nature elle-même les a en vue et se les propose pour modèles. Si la chose ne convient pas au concept modèle, ils croient alors que la nature elle-même a fait défaut ou a péché.

Or Spinoza a montré dans l’appendice du livre I que la nature n’agit pas à cause d’une fin, que le finalisme est un préjugé, et que le déterminisme à l’œuvre dans la nature consacre bien la relation de cause à effet, mais pas la notion de cause finale.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0