couverture du livre l'Ethique de Spinoza

Résumé de : l'Ethique

L’Ethique de Spinoza n’est publiée qu’à sa mort, en 1677, pour éviter la censure. Ce livre est d’ailleurs interdit dès l’année suivante. Il y développe ses idées à la façon des mathématiciens (en faisant s’enchaîner des propositions rigoureusement déduites les unes des autres). Dieu, la liberté, les passions, sont examinés tour à tour, pour élaborer une nouvelle définition du sage.

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Spinoza Ethique
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Spinoza commence par rappeler qu’en fonction de sa conception déterministe, dans l’Esprit nulle volonté n’est absolue, autrement dit libre, mais l’Esprit est déterminé à vouloir ceci ou cela par une cause, qui elle aussi est déterminée par une autre, et celle-ci à son tour par une autre, et ainsi à l’infini1.

Cela vaut de la même manière pour les prétendues facultés de comprendre, de désirer, d’aimer… qui sont donc soit purement fictives, soit rien que des étants métaphysiques, autrement dit des universaux que nous avons coutume de former à partir des particuliers.


En fait, ce qui est réel, c’est non pas la volonté mais telle ou telle volition particulière qui accompagne telle ou telle de nos idées : l’intellect et la volonté ont avec telle idée ou volition le même rapport que la pierrité avec telle pierre, ou que l’homme avec Pierre et Paul.

Il faut remarquer que Spinoza n’entend pas par volonté le désir (duquel il traitera dans le livre suivant), mais la faculté d’affirmer et de nier la vérité ou la fausseté de quelque chose.


De plus les volitions elles-mêmes disparaissent, puisque l’idée enveloppe en elle-même sa propre négation ou affirmation (ce en quoi elles ne sont pas des simples images, ou peintures, à laquelle l’esprit décide ou non de donner son assentiment). Elles portent en elles-mêmes leur propre assentiment.

Prenons un exemple : ce n’est pas la volonté qui refuse l’idée de se jeter dans le vide, c’est cette idée elle-même qui porte son propre principe de persuasion (ou de refus). De même que la vérité se manifeste d’elle-même, de par sa propre lumière ou évidence, comme on l’a vu.

Ce pourquoi Spinoza peut affirmer dans l’esprit il n’y a aucune volition, autrement dit aucune affirmation et négation, à part celle qu’enveloppe l’idée, en tant qu’elle est idée.

Il n’y a donc, de ce fait, aucune différence entre volonté et intellect. Comprendre une idée, c’est y adhérer ou la refuser, selon l’affirmation ou la négation qu’elle porte. Ou encore, c’est l’idée elle-même qui s’impose à nous, ou au contraire, suscite en nous une opposition.


Pourtant, certains n’adhèrent-ils sincèrement pas à des idées fausses ? Spinoza le nie : ils ne sont pas certains de cette idée, au mieux, ils ne doutent pas. Or la certitude est quelque chose de positif et non une simple privation de doute. Seule une idée vraie peut provoquer la certitude.

De la même manière, Spinoza balaie d’autres objections. Par exemple, le fait que depuis Descartes, on distingue la volonté de l’intellect car la première est infinie, tandis que le second est fini. Ou encore qu’alors on ne pourra choisir entre deux idées ayant la même force d’assentiment, tel l’âne de Buridan qui se laisse mourir parce qu’il est placé à égale distance de foin et d’eau.

Spinoza commence à envisager les conséquences pratiques des deux premiers livres. La doctrine spinoziste permet de rendre l’âme tranquille de toutes les manières, du fait qu’ elle enseigne que nous agissons par le seul commandement de Dieu, et que nous participons de la nature divine et enfin que notre suprême félicité consiste dans la seule connaissance de Dieu.



Livre III : des affects


Les affects désignent les passions et désirs humains. Ce serait une erreur de considérer qu’ils sont contre-nature. Au contraire puisque tout procède nécessairement de la substance divine, tout est naturel : pour la plupart, ceux qui ont écrit des affects semblent traiter, non de choses naturelles qui suivent les lois communes de la nature, mais de choses qui sont hors de la nature. On dirait même qu’ils conçoivent l’homme dans la nature comme un empire dans un empire. Car ils croient que l’homme perturbe l’ordre de la nature plutôt qu’il ne le suit.

C’est là une profonde erreur, au contraire rien ne se fait dans la nature que l’on puisse attribuer à un vice de celle-ci ; car la nature est toujours la même, et a partout une seule et même vertu et puissance d’agir.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0