couverture du livre Essai sur l'entendement humain de Locke


Résumé de : Essai sur l'entendement humain

L’Essai sur l’entendement humain de Locke, publié en 1689 est un des ouvrages fondateurs de l’empirisme, l’un des courants majeurs de la théorie de la connaissance. L’expérience est à l’origine de nos différentes idées. Locke examine avec précision la formation précise de telle ou telle idée particulière (Dieu, l’infini, etc.).

télécharger le résumé

Index de l'article
Locke essai sur l'entendement
Page 2
Page 3
Page 4
Page 5
Page 6

Livre II : Des Idées


Pour répondre à cette question, Locke utilise la célèbre métaphore de la table vide (ou table rase) : Supposons donc qu’au commencement, l’âme est ce qu’on appelle une table rase, vide de tous caractères, sans aucune idée, quelle qu’elle soit. Comment vient-elle à recevoir des Idées ? […] D’où puise-t-elle tous ces matériaux qui sont comme le fond de tous les raisonnements et de toutes les connaissances ?1.


Voici la réponse de Locke, qui fonde son empirisme : A cela, je réponds en un mot, de l’expérience : c’est là le fondement de toutes nos connaissances, et c’est de là qu’elles tirent leur première origine .


Cette expérience est celle des objets du monde sensible, mais aussi des opérations intérieures de notre esprit. Ces deux types d’expérience, externe et interne, fournissent à notre esprit les matériaux de toutes ses pensées , et constituent les deux sources d’où découlent toutes les idées que nous avons, ou que nous pouvons avoir naturellement.

Nos sens sont tout d’abord affectés de manière diverse par les objets extérieurs, ce qui engendre tel ou tel type de perception, et par là même d’idée. C’est ainsi que nous acquérons l’idée du blanc, du jaune, du froid, etc., plus généralement de tout ce que nous appelons qualités sensibles.

La sensation est donc la première source de nos idées.

Or l’esprit ne se contente pas d’accueillir ces idées obtenues par la sensation passivement : les opérations de l’esprit (penser, douter, croire, raisonner, vouloir, etc.) les prennent pour objet. De ce fait, de nouvelles idées apparaissent, et l’origine de celles-ci n’est plus la sensation mais la réflexion.

Dans les deux cas, l’idée est une perception, soit des corps sensibles, soit des opérations de l’esprit. Ce pourquoi avoir des idées, et avoir des perceptions, c’est une seule et même chose.

On voit là encore affirmé l’empirisme de Locke, qui vient appuyer cette conception de l’esprit comme table rase.


Locke distingue dans l'Essai sur l'entendement humain deux sortes d’idées : les idées simples et les idées composées.

Les idées simples sont mélangées dans l’objet sensible perçu. Pourtant, l’homme les distingue facilement. Il comprend que la blancheur et le froid de la neige sont des qualités simples distinctes : rien n’est plus évident à un homme que la perception claire et distincte qu’il a de ces idées simples.

Celles-ci sont les matériaux de toutes nos connaissances.

L’esprit peut combiner ces idées simples, et en faire des idées complexes : lorsque l’entendement a une fois reçu ces idées simples, il a la puissance de les répéter, de les comparer, de les unir ensemble avec une variété presque infinie ; et de former par ce moyen de nouvelles idées complexes .

Néanmoins, il ne peut créer par lui-même de nouvelles idées simples.


Il faut veiller à distinguer les idées dans l’esprit et les qualités dans les corps, modifications de matière qui produisent ces perceptions dans l’esprit. Il ne faudrait pas en effet que nous nous figurions (comme on n’est peut-être que trop accoutumé à le faire) que nos idées sont de véritables images ou ressemblances de quelque chose d’inhérent dans le sujet qui les produit.

En fait, la plupart des idées de sensation qui sont dans notre esprit ne ressemblent pas plus à quelque chose qui existe hors de nous, que les noms ressemblent à nos idées.

L'auteur de l'Essai sur l'entendement humain propose une définition de l’idée comme toute perception qui est dans notre esprit lorsqu’il pense. Alors que la qualité de l’objet est la puissance ou faculté qu’il a de produire une certaine idée dans l’esprit .


Après la distinction qui vient d’être opérée entre idée et qualité, Locke en propose une seconde : celle entre les qualités premières et les qualités secondes



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0