couverture du livre Essai sur l'entendement humain de Locke


Résumé de : Essai sur l'entendement humain

L’Essai sur l’entendement humain de Locke, publié en 1689 est un des ouvrages fondateurs de l’empirisme, l’un des courants majeurs de la théorie de la connaissance. L’expérience est à l’origine de nos différentes idées. Locke examine avec précision la formation précise de telle ou telle idée particulière (Dieu, l’infini, etc.).

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Locke essai sur l'entendement
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Il critique la notion scolastique de substance :

nous n’avons en effet qu’une idée obscure de ce qu’elle fait, et non une idée de ce qu’elle est 1.


Plus loin, il dit que celui qui examine cette idée trouvera qu’il n’en a absolument point d’autre [idée] que de je ne sais quel sujet qui lui est tout à fait inconnu, et qu’il suppose être le soutien des qualités qui sont capables d’exciter des idées simples dans notre esprit, qualités qu’on nomme communément des accidents […] Nous donnons à ce soutien le nom de substance qui veut dire ce qui est dessous ou qui soutient

Si nous n’avons aucune idée claire de ce qu’est la substance d’un corps, il en va de même en ce qui concerne la substance de l’esprit : l’âme.

Mais nous ne sommes pas autorisés à conclure, du fait que nous n’en ayons pas d’idée claire, à leur non-existence.

Cela permet de réfuter le matérialisme : certes, nous n’avons pas d’idée de ce qu’est une substance spirituelle. Mais nous n’avons pas plus celle d’une substance corporelle.


Locke réduit dans l'Essai sur l'entendement humain le bien et le mal au plaisir et à la douleur : le bien est ce qui augmente le plaisir, le mal ce qui produit la douleur.

En une définition restée célèbre, il présente le désir comme une « inquiétude » (uneasiness) : Le désir est l’inquiétude qu’un homme ressent en lui-même par l’absence d’une chose qui lui donnerait du plaisir si elle était présente.

Il faut d’ailleurs remarquer que l’inquiétude est le principal pour ne pas dire le seul aiguillon, qui excite l’industrie et l’activité des hommes.

En effet, si l’on pouvait manquer de ce qu’on désire en restant satisfait et « à l’aise », on ne le désirerait pas.

Plus loin, Locke affirme que ce qui pousse l’homme à agir n’est pas le plus grand bien, selon une conception traditionnellement aristotélicienne, mais plutôt cette inquiétude.

Ainsi, l’ivrogne sait qu’il s’éloigne du plus grand bien quand il commence à boire, mais est poussé par l’inquiétude de manquer de ce qu'il désire le plus : l’alcool.


Locke décrit le jeu des facultés, celles de l’entendement et de la volonté. Il pose des questions du type : est-on libre de vouloir ? Cela l’amène à définir la liberté comme la puissance qu’un homme a de faire quelque action particulière, conformément à la volonté.

Locke continue à montrer comment certaines idées particulières se forment en notre esprit. Il est intéressant de noter son explication de la genèse de l’idée de Dieu.

Nous obtenons par l’observation intérieure de ce qui se passe en nous les idées d’existence, de durée, de connaissance, de puissance, de plaisir, de bonheur, etc. Alors nous étendons chacune de ces idées par le moyen de celle que nous avons de l’infini et joignant toutes ces idées ensemble, nous formons notre idée complexe de Dieu .


L'auteur de l'Essai sur l'Entendement humain développe sa célèbre théorie de l’identité personnelle. Qu’est-ce qui fait mon identité personnelle ? Qu’est-ce qui fait que je reste une seule et même personne, alors même qu’au fil des ans, tout change en moi : mon corps, qui grandit ou vieillit, mes idées, etc. ?

Réponse : la conscience fonde l’identité personnelle.

Ainsi aussi loin que cette conscience peut s’étendre sur les actions ou les pensées déjà passées, aussi loin s’étend l’identité de cette personne : le soi est présentement le même qu’il était alors ; et cette action passée a été faite par le même soi que celui qui se le remet à présent dans l’esprit.

Ce n’est pas l’identité de substance, mais l’identité de conscience qui fonde le moi. C’est pour cela qu’il serait injuste de punir Socrate réveillé pour ce qu’a pensé Socrate dormant.


Certaines idées sont claires (lorsque l’esprit les saisit d’un coup en elles-mêmes, en a une pleine et évidente perception), d’autres obscures (lorsque ce n’est pas le cas).

Certaines idées sont distinctes (lorsque l’esprit parvient à les distinguer d’autres idées proches), d’autres confuses (lorsque ce n’est pas le cas).



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0