couverture du livre Essai sur l'entendement humain de Locke


Résumé de : Essai sur l'entendement humain

L’Essai sur l’entendement humain de Locke, publié en 1689 est un des ouvrages fondateurs de l’empirisme, l’un des courants majeurs de la théorie de la connaissance. L’expérience est à l’origine de nos différentes idées. Locke examine avec précision la formation précise de telle ou telle idée particulière (Dieu, l’infini, etc.).

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Locke essai sur l'entendement
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Les qualités premières sont celles qui sont entièrement inséparables du corps en quelque état qu’il soit, de sorte qu’il les conserve toujours, quelque changement ou altération que le corps vienne à souffrir . Elles se trouvent dans chaque partie de matière.

Il s’agit de l’étendue, de la solidité, de la forme, du mouvement, du nombre. Locke prend l’exemple du grain de blé. Coupons un grain de blé en deux : chaque partie a toujours une certaine étendue, une certaine forme, etc.


Ces qualités produisent en nous des idées simples, lorsque nous les percevons.


Les qualités secondes sont celles qui dans les choses ont la puissance de produire diverses sensations en nous par le moyen de leurs premières qualités [étendue, grosseur, etc]1. Il s’agit de la couleur, du son, du goût, etc.

Les qualités viennent frapper nos sens par l’action de quelque particule insensible.

Si les qualités premières sont bien dans les corps, et de ce fait sont semblables aux idées que nous en avons, les qualités secondes ne sont pas réellement dans les choses, et les idées que nous en avons ne correspondent donc pas à la réalité.


Pour mieux faire comprendre cette idée, Locke prend un exemple : ce qui est doux, bleu ou chaud dans l’idée n’est autre chose dans les corps auxquels on donne ces noms qu’une certaine grosseur, figure et mouvement des particules insensibles dont ils sont composés.

On croit communément que les qualités secondes sont bien dans les choses, et que ce que nous en voyons correspond à la réalité. On croit par exemple que le sang est bel et bien rouge. Autre exemple : il semble extravagant de dire qu’une qualité seconde comme la chaleur n’est pas dans le feu. Mais approchons notre doigt de la flamme ; nous avons mal. Pourtant, personne ne dirait que la douleur n’est réellement une propriété du feu. De même la chaleur n’est pas une qualité réelle du feu. La chaleur n’est en fait qu’un mouvement des particules qui le composent, seul ce mouvement (qui est une qualité première) est réel.


On trouve une préfiguration de la doctrine des qualités premières et secondes dans les Méditations métaphysiques de Descartes.

Alors que Descartes avait utilisé l’exemple de la cire, Locke utilise dans l'Essai sur l'entendement humain celui d’une amande pilée dans un mortier : sa couleur et son goût change. Or aucun changement sur l’amande n’a été produit par le pilon autre que celui de sa forme et de son étendue. Donc la seule chose réelle, ce sont les qualités premières dans l’objet.

Locke évoque aussi la possibilité de qualités troisièmes : la puissance de produire un effet, comme la puissance du soleil de blanchir la cire, ou le pouvoir de l’allumette de produire un feu. On les considère généralement comme des puissances, non comme des qualités de l’objet. Mais en fait, ce ne sont là que des qualités secondes.

Locke examine plusieurs opérations de l’esprit : perception, mémoire, abstraction. Seul l’homme possède cette dernière. Les animaux ne raisonnent que sur des idées particulières.


Locke en vient à présenter les idées complexes, que nous formons en combinant les idées simples. Il en donne plusieurs exemples : la beauté, la reconnaissance, un homme, une armée, l’univers .

Elles sont de trois genres possibles : les modes, les substances, les relations.


Les modes, à la différence des substances, ne subsistent pas par eux-mêmes, mais sont des dépendances ou affections des substances. Par exemple : le triangle, le meurtre.

On distingue :

-les modes simples, qui combinent des idées simples de la même espèce : par exemple une vingtaine (1+1+1, etc.)

-les modes mixtes qui combinent des idées d’espèce différentes : par exemple la beauté, qui combine des idées de forme, et de couleur.

Les modes n’existent pas réellement, puisqu’ils ne sont que le fruit de la combinaison par l’esprit d’idées simples.


L’idée complexe de substance renvoie à une chose qui subsisterait par elle-même. Par exemple, l’idée de plomb, composée des idées simples de poids, de couleur, etc.


Les relations sont des idées exprimant la comparaison d’une idée avec une autre.


L'auteur de l'Essai sur l'entendement humain examine certaines idées particulières, comme l’idée d’espace, de temps, de nombre, etc., en cherchant à identifier la manière précise dont elles se forment en nous.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0