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couverture du livre l'Imaginaire de Sartre

Résumé de l'Imaginaire (page 2)


Le propre de la perception, c'est que l'objet n'y paraît jamais que dans une série de profils, de projections 1.

C'est ce qui différencie le concept de la perception : Lorsque par contre, je pense au cube par un concept concret, je pense ses six côtés et ses huit angles à la fois ; je pense que ses angles sont droits, ses côtés carrés. Je suis au centre de mon idée, je la saisis toute entière d'un coup 2.


Qu’est-ce qui différencie à présent l'image de la perception ?

L'image semble être du côté de la perception car là aussi l'objet se donne par profils, projections. Mais également du côté du concept car elle se donne en sa totalité.

Mais il y a une différence essentielle : la perception apprend toujours plus sur la chose : Je peux garder aussi longtemps que je veux une image sous ma vue : je n'y trouverais jamais que ce que j'y ai mis 3.

Dans la perception la chose a une quantité de rapports avec d'autres : Il y a à chaque instant toujours infiniment plus que ce que nous pouvons voir ; pour épuiser les richesses de la perception actuelle, il faudrait un temps infini 4.

Or dans l'image, il y a une espèce de pauvreté essentielle au contraire 5. Je n'ai gardé que les deux ou trois rapports que j'ai pu constater.

L'objet de la perception déborde constamment la conscience ; l'objet de l'image n'est jamais rien de plus que la conscience qu'on en a ; il se définit par cette conscience : on ne peut rien apprendre d'une image qu'on ne sache déjà 6.

Ce pourquoi dans l'acte même qui me donne l'objet en image se trouve incluse la connaissance de ce qu'il est […] L'image a donné d'un bloc tout ce qu'elle possédait 7. En cela elle se rapproche du concept. Mais elle garde comme un fantôme de l'opacité sensible 8, comme la perception.


C'est là ce que Sartre appelle la quasi-observation : Nous sommes placés dans l'attitude de l'observation, mais c'est une observation qui n'apprend rien 9.

Sartre prend un exemple : Si je me donne en image la page d'un livre, je suis dans l'attitude du lecteur, je regardais les lignes imprimées. Mais je ne lis pas. Et au fond, je ne regarde même pas, car je sais déjà ce qui est écrit 10.

Le monde des images est un monde où il n'arrive rien. Je peux bien faire évoluer en image tel ou tel objet, courir à cheval, il ne se produira jamais le plus petit décalage entre l'objet et la conscience. Pas une seconde de surprise : l'objet qui se meut n’est pas vivant, il ne précède jamais l'intention 11.


Sartre fait remarquer que toute conscience pose son objet, mais chacune à sa manière 12. Par exemple la perception pose son objet comme existant 13.

L'image enferme elle aussi un acte de croyance, ou acte positionnel.

Dans l'image on trouve quatre formes différentes de position d'objet : comme inexistant, comme absent, comme existant ailleurs, ou encore il y a suspension de la question de son existence.

C'est là la différence entre perception, qui affirme l’existence et le concept, qui n'affirme que l'essence : L'image enveloppe un certain néant. En s'affirmant, son objet se détruit. Si vive, si forte que soit une image, elle donne son objet comme n’étant pas 14.

1 ibid.
2 ibid., p.24
3 ibid., p.25
4 ibid., p.26
5 ibid.
6 ibid., p.27
7 ibid.
8 ibid., p.28
9 ibid.
10 ibid., p.28
11 ibid., p.29
12 I, 4, p.32
13 ibid.
14 ibid., p.34