couverture du livre l'Imaginaire de Sartre


Résumé de : l'Imaginaire

L’Imaginaire est publié en 1940. Sartre propose une phénoménologie de l’imagination, nourrie de ses lectures de Husserl, auquel il emprunte sa célèbre notion d’intentionnalité de la conscience. Il étudie les caractères essentiels de l’image, en l’opposant au concept et à la perception, et montre que l’imagination est un signe qui révèle la liberté de l’homme.

télécharger le résumé

Du même auteur : l'Etre et le Néant  l'Existentialisme est un humanisme

Index de l'article
Sartre l'imaginaire
Page 2
Page 3
Page 4
Page 5
Page 6

Sartre expose dès le début du livre la problématique de celui-ci : cet ouvrage a pour but de décrire la grande fonction « irréalisante » de la conscience ou imagination, et son corrélatif noématique, l'imaginaire1.


I/ Le certain


Saisir l'image comme image n'est possible que par un acte réflexif, du 2nd degré.

Depuis Descartes on sait qu’ une conscience réflexive nous livre des données absolument certaines. Ainsi l'homme qui dans un acte de réflexion prend conscience « d'avoir une image » ne saurait se tromper.

Alors pourquoi y a-t-il désaccord des psychologues ? Car ils cherchent la nature de l'image par induction. Cela ne peut aboutir qu'à la formulation d'hypothèses probables.

Mieux vaut décrire l'image par réflexion : Autre chose est la description de l'image, autre chose sont les inductions touchant sa nature. En passant de l'une aux autres on va du certain au probable.

Sartre propose donc une phénoménologie de l'image : produire en nous des images, réfléchir sur ces images, les décrire.


L'erreur est de penser que l'image est dans la conscience et que l'objet de l'image est dans l'image.

Cette erreur vient de notre habitude de penser dans l'espace et en termes d'espace. Sartre nomme cette erreur : illusion d'immanence.

Un exemple privilégié de ce type d’erreur dans l’histoire de la philosophie est la définition que Hume donne de l’idée : par idée, j'entends les faibles images des perceptions dans la pensée.

Dans cette perspective erronée, avoir une idée de chaise, c'est avoir une chaise dans la conscience. Cette erreur est reprise à la fois par la psychologie, la philosophie et le sens commun. J'ai une image de Pierre signifierait : j'ai un certain portrait de Pierre dans la conscience. Ainsi une image est implicitement assimilée à l'objet matériel qu'elle représente.


Or que nous enseigne la réflexion ?

Quand je perçois une chaise, il serait absurde de dire que la chaise est dans ma perception […] Ma perception est une certaine conscience, et la chaise est l'objet de cette conscience […] En réalité, que je perçoive ou que j'imagine cette chaise de paille sur laquelle je suis assis, elle demeure toujours hors de la conscience ; elle est là, dans l'espace, dans cette pièce, face au bureau.


Mais la conscience se rapporte à la chaise de deux manières différentes, selon qu'elle est imagination ou perception : le mot d'images ne saurait donc désigner que le rapport de la conscience à l'objet ; autrement dit, c'est une certaine façon qu'à l'objet de paraître à la conscience, ou une certaine façon qu'à la conscience se donner un objet.

Au lieu d’image mentale il vaudrait mieux donc dire conscience imageante de Pierre.

Une image n'est rien d'autre qu'un rapport […]. Pierre est directement atteint, mon attention n'est pas dirigée sur une image mais sur un objet.

On pensait avoir affaire à des images c'est-à-dire des éléments de conscience. On voit maintenant qu'on a affaire à des consciences complètes, c'est-à-dire à des structures complexes qui intentionnent certains objets.


C'est là la différence entre image, concept, et perception : tels sont les trois types de conscience par lesquelles un même objet peut nous être donné.

Sartre consacre un long moment à montrer en quoi ils se distinguent.


Dans la perception, l'objet ne m’est jamais donné que d'un côté à la fois. Sartre prend l'exemple célèbre du cube : il reste toujours une possibilité pour que la première face du cube se soit anéantie durant mon changement de position. L'existence du cube demeurera donc douteuse. En même temps selon mon point de vue, le carré peut paraître rond : on doit apprendre les objets, c'est-à-dire multiplier sur eux les points de vue possibles. L'objet lui-même est la synthèse de toutes ces apparitions.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0