couverture du livre l'Imaginaire de Sartre


Résumé de : l'Imaginaire

L’Imaginaire est publié en 1940. Sartre propose une phénoménologie de l’imagination, nourrie de ses lectures de Husserl, auquel il emprunte sa célèbre notion d’intentionnalité de la conscience. Il étudie les caractères essentiels de l’image, en l’opposant au concept et à la perception, et montre que l’imagination est un signe qui révèle la liberté de l’homme.

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Du même auteur : l'Etre et le Néant  l'Existentialisme est un humanisme

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Sartre l'imaginaire
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Les images mentales ne sont pas localisées dans l'étendue. Par rapport à la table que je vois, elles ne sont nulle part. L'image se donne comme dépourvue de localisation dans l'espace réel1. L’objet de l’image n’obéit pas au principe d’identité (un chat est un chat).


Sartre prend l'exemple des contaminations de visage : ce phénomène qui consiste à fusionner deux visages en un seul, qui me devient étrangement familier.

L'image cherche à synthétiser tous les aspects de la chose, à la différence de la perception qui ne révèle qu'un seul profil. Sartre prend l'exemple privilégié des enfants qui lorsqu'ils dessinent une personne de profil lui font deux yeux de face.

Ce qui est successif dans la perception est simultanée dans l'image, puisque l'objet en image est donné d'un coup.


III/ Le rôle de l'image dans la vie psychique


Dans la structure de l'image peuvent entrer des jugements sous la forme imageante.

Prenons un exemple : je me remémore une maison… je la fais blanche mais je ne suis pas satisfait. Puis je fais apparaître un escalier, ce qui me satisfait plus. C'est une décision. Cet acte est un jugement car la caractéristique essentielle des jugements est la décision.

Dans la conscience imageante entre donc un type particulier de jugement : les assertions imageantes

On retrouve dans l'image la même chose (les mêmes éléments idéatifs) que dans la pensée. Mais ce qu'on appelle ordinairement pensée est une conscience qui affirme telle ou telle qualité de son objet mais sans les réaliser sur lui. L'image au contraire est une conscience qui vise à produire son objet.


C’est ce qui fait que l'image est symbolique par essence et dans sa structure même, et on ne saurait supprimer la fonction symbolique d'une image sans faire s'évanouir l'image elle-même […] L'image n'apprend rien […] La compréhension se réalise en image mais non par l'image.

De ce fait, même si l'image est une conscience, elle n’est pas ce qui va permettre à l’intelligence de se déployer. Au contraire, elle peut être un frein à celle-ci : l'image d'illustration est comme le premier tâtonnement d’une pensée inférieure, et les ambiguïtés de sa signification viennent des incertitudes d'une pensée qui ne s'est pas encore élevée jusqu'à la claire vision de ce qu'est un concept.

Ainsi notre première réponse à une question abstraite est toujours quitte à se corriger immédiatement une réponse inférieure, prélogique et empirique à la fois.

Sartre se réfère ici à la rencontre entre Socrate et Hippias. On sait que Socrate demande à son interlocuteur : qu'est la beauté ? Hippias répond : une belle femme.

La première réponse de la pensée prend naturellement la forme d'images. Beaucoup de gens interrogés sur la nature de la beauté produiront en eux l'image de la Vénus de Milo et c'est comme s'ils répondaient : « la beauté c'est la Vénus de Milo

À partir de l'image d’illustration, il y a deux chemins : un chemin par où la pensée se perd en rêveries en abandonnant la consigne première (l'anéantissement de la pensée au niveau de l'image), un autre qui mène à la compréhension proprement dite : L'image est comme une incarnation de la pensée irréfléchie.


Il est impossible de définir la perception comme un amalgame de sensations et d'images. Car image et perception représentent les deux grandes attitudes irréductibles de la conscience.


Dans l'image, les objets sont affectés du caractère d’irréalité. Il en résulte que notre attitude en face de l'image sera radicalement différente de notre attitude en face des choses. L'amour, la haine, le désir, la volonté seront quasi amours, quasi haine… Comme l'observation de l'objet irréel est une quasi observation.

C'est cette conduite en face de l'irréel qui fera l'objet de notre étude, à présent, sous le nom de vie imaginaire.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0