couverture du livre le Contrat social de Rousseau


Résumé du Contrat social

C’est dans cet ouvrage, publié en 1762, que l’on trouve la célèbre théorie de la volonté générale. La souveraineté du peuple y est affirmée, et Rousseau montre que c’est un pacte, le fameux contrat social, qui fonde la légitimité de l’union de plusieurs individus, sortant de l’état de nature, en une société.

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Du même auteur : Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes

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Pas d’ouvrage, je crois, parmi les grands livres illustres, qui ait été moins lu, je veux dire lu de près, scruté, entendu dans sa signification véritable. Explicite, cependant, cette signification ; patente ; mais perpétuellement déviée ou travestie. 1

Voici comment l’historien Henri Guillemin, Suisse, comme le philosophe que nous commentons ici, décrit Le Contrat Social. Ce dernier paraît en 1762. Rousseau l’écrit en moins de deux ans ; en même temps qu’il achève Julie ou La Nouvelle Héloïse (un roman sur le dépassement de la passion amoureuse) et L’Émile (un traité d’éducation).


Dans le Contrat Social, on change de registre par rapport au Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (ou second Discours). Rousseau veut désormais déterminer les principes politiques, après avoir détaillé l’origine naturelle de l’homme et de ses inégalités.

Le Contrat Social est, en quelque sorte, la suite du second Discours : après l’état de nature, c’est la société civile qui constitue le sujet principal du texte.

Dans l’introduction de l’édition de 1903, on peut lire : Le Contrat social diffère nettement de tous les autres ouvrages de Rousseau. D’abord, par le sujet même : ce n’est plus un roman, ni une lettre, ni même un discours, c’est un traité juridique et politique.


- Son but ? Rechercher dans l’ordre civil une règle d’administration juste et légitime, tout en tenant compte de la nature des hommes.

- Son hypothèse ? Dans une société idéale, mais néanmoins crédible (à condition de l’appliquer dans un petit pays), on doit pouvoir trouver un équilibre entre le droit et l’intérêt des hommes.


Dans ce texte, Rousseau dialogue avec Grotius, Thomas Hobbes, Montesquieu. Dans le Contrat social, Rousseau cherche à répondre à la question : d’où peut venir la légitimité d’un pouvoir politique ? En posant cette question et en y répondant par l’affirmation d’un principe de souveraineté du peuple, Rousseau assume de rompre avec l’histoire des idées et fonde une philosophie propre, qui interroge la place de la liberté sous la Loi, le paradoxe d’un peuple « souverain » à qui se voit ravi la possibilité de faire des lois ou encore le rôle de la volonté générale.


Le Contrat social n’est pas un texte de circonstances ; ni, comme le second Discours, une commande de l’Académie, mais bien un texte proprement philosophique, qui vise à montrer que la liberté est la condition fondamentale de l’égalité. Des hommes nés libres et égaux s’obligent eux-mêmes à se plier aux lois d’un État ; deviennent un peuple. Ils se fixent de nouvelles normes, qui sont en rupture avec la loi naturelle.

Il s’inscrit toutefois dans un contexte. Depuis 1756, Rousseau vit à l’Ermitage, près de Montmorency. En 1743, Rousseau fait un séjour à Venise, pendant lequel il est témoin du fonctionnement de ce régime millénaire. Il vit aussi une période d’érosion de l’Ancien Régime, et d’un intérêt « orientaliste » avant l’heure pour les sociétés primitives. À Genève, les citoyens et les bourgeois s’opposent aux patriciens, qui détiennent la majorité des pouvoirs dans les institutions.

Dans les deux années qui suivent, il publie La Nouvelle Héloïse et l’Émile.


Le Contrat social est violemment accueilli. Un mois après sa parution, le texte (imprimé à Amsterdam) est interdit en France ; le 19 juin, il est brûlé à Genève. Le site du Musée Jean-Jacques Rousseau de Montmorency recense les violentes critiques dont il a fait l’objet – notamment par Voltaire.

Le Sentiment des Citoyens est un pamphlet contre Rousseau, qui révèle notamment au public l'abandon par le philosophe des cinq enfants qu’il a eus avec Thérèse Levasseur : « c'est un homme qui porte encore les marques funestes de ses débauches ; et qui déguisé en saltimbanque traîne avec lui de village en village et de montagne en montagne, la malheureuse dont il fit mourir la mère et dont il a exposé les enfants à la porte d'un hôpital ». Mais encore « qui traite de tyrans les magistrats de notre République dont les premiers sont élus par nous-mêmes » et dont le souhait est de « renverser notre Constitution en la défigurant comme il veut renverser le christianisme dont il ose faire profession ». L’auteur poursuit : « si on châtie légèrement un romancier impie, on punit capitalement un vil séditieux ».




photo de Margaux Cassan

Auteure :

Margaux Cassan est diplômée de l'ENS-PSL en Philosophie et religions.

Elle est l'auteure d'une biographie de Ricoeur, intitulée Paul Ricoeur, le courage du compromis.

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1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Rousseau : lecture suivie