couverture du livre la Démocratie en Amérique


Résumé de : la Démocratie en Amérique

Dans la Démocratie en Amérique, Tocqueville nous fait part des observations qu’il a pu faire lors de son voyage.

Publié en 1835, on trouve dans cet ouvrage des réflexions sur la nature et les dangers d’une démocratie, et une comparaison entre les systèmes politiques des pays européens et celui des Etats-Unis.

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Tocqueville, dans un élan visionnaire, pronostique que l’Amérique, ainsi que les Russes, seront deux nations amenées à jouer un rôle de premier plan, dépassant les Anglais et les Français qui dominent, au moment où il écrit ces lignes : il y a aujourd’hui sur la terre deux grands peuples qui, partis de rien, semblent s’avancer vers le même but : ce sont les russes et les anglo-américains […] Chacun d’eux semble appelé par un dessein secret de la Providence à tenir un jour dans ses mains la destinée de la moitié du monde1.


L’auteur ne propose pas pour autant l’Amérique comme modèle à suivre, pour les nations européennes. Le contexte historique, géographique, sociologique n’est pas le même, il faut donc se garder d’appliquer un même modèle pour ces différents pays : je n’ignore point quelle est l’influence exercée par la nature du pays et les faits antécédents sur les constitutions politiques, et je regarderais comme un grand malheur pour le genre humain que la liberté dût en tous lieux se produire sous les mêmes traits .

C’est là une idée que l’on trouve déjà dans l’Esprit des Lois de Montesquieu.


L’égalité propre à une démocratie favorise certaines idées, par exemple celle du progrès.

Dans une aristocratie, chacun occupe dans la société un rang déterminé : nobles, serfs, chevaliers… Nul ne cherche donc à lutter contre une destinée inévitable.

Ce n’est pas qu’on considère dans une aristocratie, que l’homme ne peut se perfectionner ou changer. Mais on considère que ce changement n’est pas infini, qu’il est contenu dans certaines limites. On imagine la condition de l’homme meilleure, mais non point autre.

Ces sociétés se caractérisent donc par leur caractère en apparence fixe ou immuable : comme rien ne remue autour d’eux, ils se figurent volontiers que tout est à sa place.

Le législateur prétend promulguer des lois éternelles, les peuples et rois élever des monuments séculaires, etc.

Avec l’égalité, les classes se rapprochent, les usages, les lois varient. De nouvelles vérités sont découvertes. Ces changements font comprendre que l’homme a la capacité indéfinie de se perfectionner.

Du point de vue littéraire, on assiste dans de telles sociétés à une vulgarisation de la littérature, au double sens : le peuple, mieux instruit, lit plus de livres, mais la littérature devient populaire.


De même, la démocratie favorise, chez les historiens, certaines conceptions. Ils n’attribuent plus, comme dans une aristocratie, la cause des événements aux décisions des grands hommes, mais à de grands phénomènes généraux, providentiels ; ceux-ci déterminent le cours du monde sans qu’aucune volonté particulière n’y puisse rien faire.

M. de la Fayette remarquait dans ses Mémoires que cette conception déterministe procure de grandes consolations aux hommes politiques médiocres, car elle leur fournit toujours une excuse en cas d’échec politique.

Tocqueville considère pour sa part que si une partie des événements est due à des faits très généraux, une autre est due à des causes particulières.


De la même manière, l’esprit d’égalité favorise une autre conception métaphysique : l’individualisme. L’individualisme démocratique fait que chaque homme tourne ses sentiments vers lui seul.

C’est là un phénomène nouveau ; l’aristocratie ne connaît que l’égoïsme. Si ce dernier n’est qu’un amour passionné et exagéré de soi-même, qui naît d’un instinct aveugle, l’individualisme est un sentiment réfléchi et paisible qui dispose chaque citoyen à s’isoler de la masse de ses semblables et à se retirer à l’écart avec sa famille et ses amis. Il procède d’une erreur de jugement plutôt que d’un sentiment dépravé.

Dans une aristocratie, les hommes sont liés en classes ; chacun voit au-dessus de lui un homme qui le protège, et un homme au-dessous de lui qui peut l’aider. Chacun fait également partie d’une famille.

Dans une démocratie, l’égalisation des conditions font que les hommes ne tiennent plus un rang déterminé dans une classe sociale. Et le sentiment de la famille se délite : la démocratie fait oublier à chaque homme ses aïeux, lui cache ses descendants et le sépare de ses contemporains ; elle le ramène sans cesse vers lui seul .



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0