couverture du livre la Démocratie en Amérique


Résumé de : la Démocratie en Amérique

Dans la Démocratie en Amérique, Tocqueville nous fait part des observations qu’il a pu faire lors de son voyage.

Publié en 1835, on trouve dans cet ouvrage des réflexions sur la nature et les dangers d’une démocratie, et une comparaison entre les systèmes politiques des pays européens et celui des Etats-Unis.

télécharger le résumé

Index de l'article
tocqueville democratie
Page 2
Page 3
Page 4
Page 5
Page 6

La situation politique est particulièrement inédite dans l’Ouest américain : les nouveaux Etats de l’Ouest ont déjà des habitants ; la société n’y existe point encore1.


Divers éléments concourent donc à assurer une égalité de fait dans la société américaine, aussi bien une égalité de fortune que des esprits. On y rencontre au début du XIXème peu d’ignorants et peu de savants, puisque si l’instruction primaire y est à portée de tous, l’éducation secondaire n’est accessible à presque personne.

Le principe de la souveraineté du peuple en Amérique est reconnu par les mœurs et proclamé par les lois. Le peuple règne, et ce dans les quatre degrés de la société politique américaine : la commune, le comté, l’Etat et l’Union.


Surtout les américains recourent, plus que dans toute autre pays, aux associations privées, cette forme d’union alternative au lien politique, à l’Etat. L’américain conserve toujours une certaine méfiance vis-à-vis de l’Etat (peut-être du fait de ses origines d’exclu, d’immigrant, en conflit avec l’Etat de son pays d’origine) : l’américain ne jette sur l’autorité sociale qu’un regard défiant et inquiet, et n’en appelle à son pouvoir que quand il ne peut s’en passer.

Plus loin, Tocqueville résumera cette défiance de l’américain vis-à-vis de la puissance publique, à l’origine du libéralisme de la société américaine, ainsi : aux yeux de la démocratie le gouvernement n’est pas un bien, c’est un mal nécessaire.

Ces associations privées ont de multiples objectifs (par exemple les ligues de vertu, contre la boisson : aux Etats-Unis, on s’associe dans des buts de sécurité publique, de commerce et d’industrie, de morale et de religion. Il n’y a rien que la volonté humaine désespère d’atteindre par l’action libre de la puissance collective des individus.

Cette multitude d’associations constituent un contre-pouvoir salutaire contre la tyrannie de la majorité. Quand un parti politique est devenu dominant, toute la puissance publique passe dans ses mains. Les associations, en tant que contre-pouvoir, sont donc éminemment utiles.


Tocqueville pointe néanmoins le risque que ces associations peuvent faire courir à la démocratie : ne peuvent-elles faire peser le poids du groupe sur le particulier ? Il faut garder à l’esprit que le but des associations est de diriger les opinions et non de les contraindre, de conseiller la loi, non de la faire .

En Amérique, la liberté d’association est illimitée, ce qui présente un danger, celui de l’anarchie, mais permet d’éviter le risque de l’établissement de sociétés secrètes : en Amérique, il y a des factieux, mais point de conspirateurs.


En général les hommes politiques américains sont médiocres. Cela vient du suffrage universel, qui fait que le peuple ignorant préfère des charlatans séduisants, ou refusent, par envie, d’élire des hommes qui en raison de leur richesse ont pu bénéficier d’une bonne éducation.

Ainsi la vulgarité des membres de la salle des représentants à Washington étonne le visiteur européen. Ce sont pour la plupart des avocats de village ou des commerçants qui ne savent pas toujours écrire. En revanche, les membres du Sénat, du fait qu’ils sont élus au suffrage universel indirect, viennent d’un milieu social plus élevé et mieux éduqué. Ce sont des avocats, des généraux, des hommes d’Etat, etc.


La démocratie se fonde sur le principe du pouvoir du plus grand nombre. C’est parce que la majorité des électeurs a voté pour tel parti que telle loi va être adoptée. Cela se fonde sur une certaine conception de l’intelligence : l’empire moral de la majorité se fonde en partie sur cette idée qu’il y a plus de lumières et de sagesse dans beaucoup d’hommes réunis que dans un seul, dans le nombre des législateurs que dans le choix. Autrement dit c’est la théorie de l’égalité appliquée aux intelligences.

De ce fait, la majorité a un pouvoir absolu dans une démocratie : la majorité a aux Etats Unis une immense puissance de fait et une puissance d’opinion presque aussi grande, et il n’y a pour ainsi dire point d’obstacles qui puissent retarder sa marche, et lui laisser le temps d’écouter les plaintes de ceux qu’elle écrase en passant .



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0